Le salaire des élus trifluviens pourrait faire l’objet d’une révision lors du prochain conseil municipal.

Révisera, révisera pas?

TROIS-RIVIÈRES — Le salaire des élus trifluviens sera-t-il revu la semaine prochaine? Alors que l’on s’attendait à voir être déposé un avis de motion au conseil municipal de mardi prochain, afin d’annoncer l’adoption prochaine d’un règlement permettant une révision de la rémunération des conseillers municipaux et du maire, voilà qu’on ne sait plus du tout si ce sujet sera finalement abordé ou non. Un comité de travail mis en place au sein du conseil et qui planche sur cette question depuis les derniers mois ne sait toujours pas si le règlement aura ou non l’aval du maire Yves Lévesque, qui aurait le pouvoir d’imposer son veto sur la question.

On se souviendra qu’un comité formé des conseillers Ginette Bellemare, François Bélisle et Maryse Bellemare, avait été mandaté il y a quelques mois par l’ensemble du conseil municipal et le maire afin de travailler une proposition de révision de la rémunération des élus.

Plusieurs facteurs motivaient cette décision, dont la volonté d’en arriver à une certaine équité entre tous les élus, chez qui on constate un important écart d’un salaire à l’autre, dépendamment des fonctions qu’ils peuvent occuper au sein de divers comités.

L’augmentation de la charge de travail depuis l’abolition de deux postes de conseillers municipaux était aussi une raison soulevée. Finalement, à compter de janvier 2019, et ce, pour toutes les villes du Québec, les allocations de dépenses allouées aux élus deviendront imposables, alors qu’elles ne l’étaient pas jusqu’ici.

Or, pour qu’un tel règlement puisse être adopté, selon la Loi sur les cités et villes, le règlement doit obtenir l’approbation des deux tiers des membres du conseil, y compris le maire qui, pour un tel sujet, pourrait imposer exceptionnellement un veto. Mais voilà que le maire, qui a fait savoir cette semaine par le biais des médias qu’il déplorait plusieurs façons de faire du conseil municipal, n’a pas donné signe de vie au comité, qui souhaite savoir s’il se prononcera effectivement en faveur d’un tel règlement, ou si l’ajout dudit avis de motion à l’ordre du jour de mardi ne serait qu’une perte de temps.

«Je travaille en sous-comité depuis plusieurs mois avec mes deux collègues, avec l’aval de l’ensemble du conseil incluant le maire, pour planifier cette révision de la rémunération. Il y a eu un gros travail de recherche pour comparer les salaires avec ceux de villes équivalentes. Dernièrement, il y a eu des augmentations à Saguenay, à Bécancour», souligne François Bélisle, qui ajoute que le comité proposera des solutions pour que ça ait le plus faible impact possible sur les contribuables.

«Notre proposition vise à éliminer un paquet de primes versées à certains élus afin que tout soit redistribué pour ramener un salaire commun. C’est un principe d’équité, une valeur qui nous est très chère, mais aussi de transparence envers le citoyen qui saura clairement combien gagne chaque élu municipal, sans se perdre dans des considérations de primes ou autres», ajoute François Bélisle, qui souligne que l’augmentation de la charge de travail, due à des districts électoraux plus populeux depuis l’élimination de deux districts, mais également à l’ajout de plusieurs groupes de travail, est ressentie par tous. Alors que la moyenne des conseillers de l’ancien conseil estimaient devoir mettre de 20 à 25 heures par semaine sur leurs dossiers municipaux, plusieurs estiment maintenant ce temps autour de 37 heures par semaine.

M. Bélisle déplore qu’en raison de diverses considérations, pour la plupart politiques, le maire puisse maintenant soulever des doutes sur ce projet. «Nous avions reçu l’aval de tous les membres du conseil afin de débuter le travail, et nous avions convenu dès le départ qu’il faudrait l’accord impératif de tous pour que l’on puisse procéder. Si les gens ont changé d’idée depuis, il faudrait à tout le moins qu’ils nous avertissent», martèle François Bélisle.

Proposition
Puisque la proposition n’est pas encore totalement finalisée, le conseiller municipal a refusé de nous en dévoiler les grandes lignes. Toutefois, selon nos sources, la rémunération des élus, actuellement de 29 430 $ (salaire de base imposable) augmenterait de plus de 10 000 $, en plus des 14 715 $ en allocations de dépenses (imposable à compter de janvier prochain). Ces chiffres ne signifient pas pour autant une hausse de salaire pour tous les élus.

En effet, pour y parvenir, on proposerait la redistribution des montants alloués en primes aux membres de l’exécutif et au vice-président de l’exécutif, de même que les primes versées au président de la Société de transport de Trois-Rivières et aux conseillers qui siègent à ce comité. Ainsi, dans certains cas, le salaire n’augmenterait pas et pourrait même s’en retrouver un peu diminué.

François Bélisle a cependant refusé de confirmer ces chiffres. Il faudra par ailleurs attendre le dépôt de l’avis de motion pour savoir si ce scénario aura ou non été retenu.

Malgré plusieurs tentatives pour le joindre, le maire Yves Lévesque n’a pas retourné nos appels.