Audrey Parent est revenue dans son La Tuque natal après l'avoir quitté pour étudier à Québec.

Revenir chez soi

Audrey Parent raconte que quand son conjoint originaire d'Alma s'est installé à La Tuque, il se faisait demander «Qu'est-ce que tu viens faire ici?!», sur un ton mêlant l'incrédulité et l'étonnement. La jeune femme originaire de La Tuque évoque cette anecdote pour illustrer ses observations sur la fierté. Une fierté qu'elle estime plus vive chez les Jeannois que chez les Latuquois.
Audrey Parent a rencontré son compagnon de vie à l'Université Laval et c'est lui qui s'est trouvé un emploi en Haute-Mauricie en premier. Il y a donc passé une année seul avant qu'elle vienne l'y rejoindre. Comme plusieurs de ses compatriotes, la Latuquoise avait quitté son patelin après son secondaire pour poursuivre ses études.
«C'était la première année où il y avait les cours de cégep à La Tuque, mais j'avais déjà décidé d'aller à Québec», raconte-t-elle. Pourquoi Québec et non Trois-Rivières, plus près de La Tuque? Pour optimiser l'effet de nouveauté en ne se retrouvant pas à Trois-Rivières au sein du même réseau qu'à La Tuque, «pour encore plus changer de monde», et parce qu'elle avait aussi plusieurs amis dans la capitale nationale.
Lors d'un salon de recrutement et d'emploi à son université, Audrey s'est arrêtée au stand de Place aux jeunes. «On s'est informés. On commençait à regarder pour des maisons à Québec, et c'était cher! Même un loyer, à Québec, était cher. On a fait Place aux jeunes à La Tuque», raconte la jeune femme qui a pu redécouvrir sa région sous l'angle d'une future professionnelle en quête d'un emploi et d'un milieu de vie à moyen ou long terme.
C'est dans le contexte de ces activités chapeautées par le Carrefour Jeunesse emploi que le conjoint d'Audrey, également ingénieur, s'est vu offrir un emploi au Groupe DLA au printemps 2011.
«Moi, il me restait une année d'université. Il a trouvé un appartement et s'est dit qu'il prendrait le temps de voir s'il aimait le travail et la ville. Mais il trouvait déjà que La Tuque était dans le milieu de tout: entre Alma, Trois-Rivières, Québec et Montréal...», raconte Audrey qui elle, a été engagée comme ingénieure à la Ville de La Tuque à la fin de ses études.
«Ce qui me manque de Québec, c'est le côté culturel, des événements comme le Festival d'été ou le Grand Rire, où pour pas cher, on pouvait voir plein de spectacles. Mais l'été dernier, il y a eu les jeudis centre-ville à La Tuque, qui présentaient des spectacles et rejoignaient un paquet de monde!», commente celle qui apprécie aussi s'être rapprochée de son père, qu'elle visite très souvent depuis qu'elle est revenue à La Tuque.
Côté social, Audrey Parent est encore en processus de se construire un cercle d'amis. Plusieurs de ses amis d'enfance et d'adolescence ont aussi quitté La Tuque pour les études, et ne sont pas revenus. La jeune femme fait remarquer que ce ne sont pas tous les domaines d'études qui proposent un lot d'emplois dans sa ville natale.
«Il y a moins de jobs pour des gens qui ont étudié en communication et marketing ou en sexologie, par exemple. Il y a des domaines qui se prêtent moins à revenir», considère celle qui s'implique dans le conseild'administration du Carrefour jeunesse emploi, l'organisme qui a favorisé son retour en Mauricie et le recrutement de son conjoint.