Le maire de La Tuque, Pierre-David Tremblay.
Le maire de La Tuque, Pierre-David Tremblay.

Retrait d’un investisseur du projet GNL Québec: le maire de La Tuque déçu, mais non surpris

Audrey Tremblay
Audrey Tremblay
Le Nouvelliste
LA TUQUE — Énergie Saguenay a perdu un investisseur de premier ordre, un retrait qui vient compromettre le projet de GNL Québec. La nouvelle n’a pas étonné le maire de La Tuque, Pierre-David Tremblay, mais le premier magistrat n’a pas caché sa déception.

«Je suis déçu, mais non surpris», lance le maire Tremblay.

Ce dernier estime que le contexte socio-économique des dernières semaines a certainement quelque chose à voir avec cette décision.

«C’est certain que les blocus n’ont pas aidé. La grande question que je me pose, autant au niveau du gouvernement fédéral que provincial, c’est: est-ce qu’on se met dans une situation qui va faire peur aux investisseurs tantôt parce qu’il y a eu trop de largesse par rapport au blocus autochtone? Le contexte fait que des investisseurs, des promoteurs seraient peut-être intéressés par différents projets, mais quand on bloque l’économie d’un pays pendant 30 jours, peut-être qu’ils réalisent que leurs investissements n’en valent pas la chandelle», souligne-t-il.

Rappelons que GNL Québec avait annoncé qu’elle investirait annuellement 10 millions de dollars en Haute-Mauricie. L’entreprise s’était engagée à soutenir le développement économique et social des communautés d’accueil du projet en créant un fonds pour les communautés.

«Le projet est au début, il ne fallait pas rêver et penser que du jour au lendemain ce serait dans nos poches. Il faut être réaliste. On est toujours en négociation. Ce projet-là augure bien. Soit on y donne un deuxième souffle en levant la main et en l’aidant ou bien on dit que c’est peine perdue. Je ne l’avais pas dans mes poches cet argent-là, mais je trouve que sur le plan économique on perd», soutient Pierre-David Tremblay.

D’ailleurs le maire de La Tuque demande aux autochtones du territoire de s’entendre et qu’ils «lèvent la main et disent que ce serait important le développement du gazoduc sur le territoire parce que ça nous permettrait du développement économique».

«Je pourrais aussi donner d’autres exemples, ça pourrait nous permettre d’avoir une meilleure matrice routière forestière. Ça nous permettrait d’avoir de l’Internet, ça permettrait un paquet de choses. On a juste à réfléchir et on voit que ça amènerait des dividendes, c’est là-dessus que je veux les amener», note-t-il.

«Je veux qu’ils deviennent réellement partenaires, pas juste quand ça fait leur affaire. Pour qu’on soit capable aussi, étant donné qu’on est un territoire ressource, de sortir nos ressources naturelles, de les exploiter... et qu’il y ait avec des retombées économiques. C’est ce qu’il faut travailler ensemble», insiste le maire Tremblay.

Ce dernier croit au projet de gazoduc et il soutient qu’il y a une acceptabilité sociale à La Tuque.

«On peut s’aider tout le monde pour le développement économique du territoire, pas juste La Tuque», lance-t-il.

«Il faut aller chercher un consentement, il faut que les autochtones du territoire lèvent la main».

Le maire de La Tuque est également revenu sur l’aspect environnemental. Il a répété qu’il demandait aussi un demi-million pour un fonds d’énergie nouvelle et renouvelable.

«L’enjeu environnemental est important là-dedans, mais on ne peut pas l’adresser seulement au territoire. Il faut voir que le Gazoduc va servir à rendre plusieurs régions dans le monde beaucoup plus vert si on enlève du mazout lourd et du charbon», a conclu Pierre-David Tremblay.