Les préfets de la région espèrent que la levée des barrages policiers dans les régions précédemment fermées aux déplacements n’incitera pas les villégiateurs à débarquer en masse à leur chalet.
Les préfets de la région espèrent que la levée des barrages policiers dans les régions précédemment fermées aux déplacements n’incitera pas les villégiateurs à débarquer en masse à leur chalet.

Retrait des barrages à l’entrée des régions : les préfets demandent aux gens d’être responsables

Matthieu Max-Gessler,  Initiative de journalisme local
Matthieu Max-Gessler, Initiative de journalisme local
Le Nouvelliste
À partir du 4 mai, les régions du Québec qui étaient jusqu’à présent fermées aux déplacements non essentiels, avec la présence de policiers, seront de nouveau ouvertes. Bien que le gouvernement continue de demander aux Québécois d’éviter les déplacements superflus entre les régions, ce signal pourrait-il inciter les propriétaires de chalets à l’extérieur de la région où ils habitent à s’y précipiter?

Le conseil des maires de la MRC de Nicolet-Yamaska avait déjà exprimé ses préoccupations avant la fin de semaine de Pâques. Alors que la MRC était relativement épargnée par la COVID-19, les maires craignaient que les villégiateurs amènent avec eux le coronavirus et le transmettent à leur population. La fermeture des chalets avait alors été évoquée, mais la MRC ne disposait pas de pouvoirs lui permettant de faire une telle chose. Toutefois, la préfète Geneviève Dubois dit avoir été agréablement surprise d’apprendre que le long congé n’a pas incité beaucoup de gens à se rendre à leur résidence secondaire.

«J’ai parlé récemment avec la Sûreté du Québec pour savoir comment ça s’est passé. On m’a dit qu’on avait accentué la surveillance pendant la fin de semaine de Pâques et que ça s’est bien déroulé. Il n’y a pas tant de gens qui ont essayé de se rendre à leur chalet», se réjouit-elle.

Mme Dubois espère que cette retenue perdurera même si Québec ordonne le retrait progressif des barrages policiers. Elle croit cependant que maintenant que la saison des inondations est terminée, le contexte est différent.

«À Pâques, il y avait une inquiétude avec les inondations, des gens voulaient préparer leur chalet pour ça, ce qui était légitime. Mais maintenant, le gouvernement dit quand même de s’en tenir aux déplacements essentiels, donc je pense que l’ouverture des chalets peut attendre quelques semaines, le temps de voir comment la situation évolue», indique la préfète.

Elle demande donc aux gens de l’extérieur de la MRC qui sont propriétaires d’une résidence secondaire sur son territoire de prendre leur mal en patience pour encore quelque temps.

«Les municipalités souhaitent que les gens attendent avant d’investir massivement leur chalet. C’est sûr qu’ils sont chez eux, mais le contexte est particulier, c’est pour ça que les demandes le sont aussi», souligne Mme Dubois.

«Ça aurait été bon qu’ils continuent»

Le préfet de la MRC de Mékinac, Bernard Thompson, abonde dans le même sens que Geneviève Dubois. Puisque la région ne faisait pas partie des régions fermées, à l’exception du secteur de La Tuque, les barrages policiers n’ont pas empêché des gens venant d’autres régions encore ouvertes de se rendre en Mauricie. Il regrette cependant que ces barrages ne se poursuivent pas.

«Les barrages ont permis aux policiers de donner de l’information à la population, beaucoup plus que des amendes, j’ai l’impression. Je pense que ç’aurait été bon que les policiers continuent à faire ce travail d’information et de sensibilisation. Ça nous a beaucoup aidés jusqu’à présent et s’ils disparaissent du jour au lendemain, ça peut poser problème», souligne-t-il.

M. Thompson se dit conscient que les gens confinés qui sont propriétaires d’un chalet désirent changer d’air et venir s’y ressourcer. Il voit d’ailleurs difficilement comment les policiers pourraient les en empêcher, surtout sans barrages. Il invite donc les villégiateurs à être prudents et responsables dans leurs déplacements, quitte à faire leurs provisions avant de partir de chez eux plutôt qu’une fois rendus à leur chalet.

«Je souhaite que les gens prennent conscience que des mesures doivent demeurer. La distanciation sociale est la plus importante. Et moi, si j’avais à me déplacer partout, le port du masque serait essentiel. Ce n’est pas parfait, mais ça peut protéger un peu», estime-t-il.

«Je ne m’inquiète pas»

La MRC de Maskinongé fait partie des secteurs de la région où la villégiature a une grande importance, avec au moins 2000 résidences secondaires sur son territoire. Son préfet, Robert Lalonde, dit ne pas s’inquiéter du message envoyé par Québec, mercredi. Il appelle cependant à la prudence.

«Je demande aux gens de faire attention, de garder leurs distances, la distanciation sociale, et de porter des masques s’ils circulent. Ce serait grave, sinon, car le confinement durerait plus longtemps», croit-il.

M. Lalonde se dit pour sa part prêt à faire face à l’ouverture des chalets. Rappelons que celle-ci n’a jamais été formellement interdite par Québec.

Il déplore toutefois le fait qu’un grand nombre de cas de COVID-19 se soient déclarés dans sa MRC. Depuis le début de la pandémie, 177 personnes ont contracté la COVID-19 dans Maskinongé, ce qui en fait la troisième MRC ou ville la plus touchée en Mauricie et la quatrième si l’on inclut le Centre-du-Québec.