Geneviève Tellier, enseignante de 3e année à l’école Immaculée-Conception, s’assure que les bureaux de sa classe soient positionnés selon les normes sanitaires.
Geneviève Tellier, enseignante de 3e année à l’école Immaculée-Conception, s’assure que les bureaux de sa classe soient positionnés selon les normes sanitaires.

Retour progressif de près de la moitié des élèves à la Commission scolaire de l’Énergie

Shawinigan — C’est finalement 48 % des élèves du préscolaire et du primaire de 35 écoles de la Commission scolaire de l’Énergie qui retourneront en classe de façon progressive, lundi prochain. «Pour certaines écoles, c’est 29 % et pour d’autres, 69 %», indique le directeur général, Denis Lemaire.

Rappelons qu’à la Commission scolaire La Riveraine, 55 % des élèves retourneront en classe.

La Commission scolaire du Chemin-du-Roy, de son côté, ne dévoilera ses statistiques que mercredi.

Ces chiffres, indique M. Lemaire, sont appelés à changer de semaine en semaine puisque d’autres élèves pourraient s’ajouter à mesure que les parents constateront le dénouement de l’opération.

M. Lemaire signale que 15 % des titulaires sont exemptés de se présenter au travail. On aura donc besoin de bras non seulement pour les remplacer, mais aussi pour multiplier le nombre d’enseignants puisque, rappelons-le, les écoles ne pourront accueillir que 15 élèves par classe, plus ou moins, selon la grandeur des locaux.

La technicienne en éducation spécialisée Annie Thellend désinfecte son local pour le retour prochain des élèves à l’école Immaculée-Conception de Shawinigan.

À la Commission scolaire de l’Énergie, la question du transport scolaire ne pose pas de problème, pour l’instant. Des 150 chauffeurs, 130 sont disponibles pour effectuer le transport des élèves, indique M. Lemaire. On ne manquera pas d’autobus non plus même si seulement 12 enfants (ou un peu plus si les élèves sont frères et sœurs) seront permis par autobus. D’habitude, 145 autobus sont utilisés pour transporter 1350 élèves quotidiennement. Cette fois, on n’a besoin que de 130 véhicules, autobus et minibus confondus.

Les choses se présentent bien, pour la première semaine, en termes de locaux. La Commission scolaire de l’Énergie n’aura pas besoin d’utiliser les classes des écoles secondaires. «Il y a assez de locaux au primaire», assure le directeur général.

Denis Lemaire qualifie la rentrée progressive sur trois jours de «bonne idée».

«Il faut que les jeunes s’approprient toutes les nouvelles mesures de santé, la distanciation sociale et les mesures d’hygiène», fait-il valoir.

Dans certains cas, toutefois, le personnel ne pourra pas, malgré toute la meilleure volonté, respecter la distanciation physique. Ça peut être le cas, par exemple avec des enfants ayant le spectre de l’autisme et autres enfants en difficulté. La Commission scolaire de l’Énergie s’assurera donc que les intervenants, en particulier ceux qui travaillent dans les classes spécialisées, aient tous les équipements nécessaires comme des jaquettes, masques, visières et gants pour effectuer leur travail.

Plus ou moins 15 élèves seront admis par classe en fonction de la grandeur du local.

M. Lemaire indique que la direction anticipait déjà une rentrée progressive dans le cas des jeunes en difficulté qui, dit-il, sont déjà désorganisés pour peu de choses, comme l’arrivée d’un nouvel intervenant, par exemple. «Imaginez-vous si tout le monde porte une visière», fait-il valoir. «On va faire en sorte qu’ils n’arrivent pas tous en classe la même journée et qu’ils aient un choc majeur. Ça va être du cas par cas qui va être travaillé avec les parents», dit-il.

La Commission scolaire a commandé des équipements de protection de divers fournisseurs. M. Lemaire indique que le ministère devrait aider, de ce côté, à partir de mercredi. «Avant que les écoles ferment, j’ai fait tout de suite une commande de 15 000 $ d’équipements et de désinfectant. On en a présentement, mais ce n’est pas dit qu’on va en avoir dans deux semaines. Il faut que j’équipe tout mon personnel. Ce n’est pas donné de trouver, demain matin, 400 ou 500 masques, même si ce ne sont pas des masques de procédures. Pour ces masques, ça en prend deux par jour par individu. Si 15 personnes travaillent dans l’école en services spécialisés, ça peut en prendre 30 par jour», dit-il. Cela signifie, au final, que près de 1000 masques seront nécessaires juste pour cette commission scolaire pour les six prochaines semaines.

La direction a mis la main sur une dizaine de didacticiels qui enseignent comment utiliser les équipements de protection et qui permettront au personnel de s’autoformer.

Denis Lemaire se dit conscient que beaucoup d’anxiété se vit présentement du côté des parents, du personnel et des enseignants, «même si tous ne vivent pas ça au même niveau».

En ce moment, il manque une quarantaine de titulaires pour travailler dans les classes. Ces manques seront comblés en sollicitant les spécialistes et les enseignants qui avaient des tâches à temps partiel. Une soixantaine d’employés du secteur secondaire se sont offerts en renfort. Certains font déjà de la formation à distance avec leurs élèves, mais peuvent offrir quelques journées. D’autres enseignants qui n’ont pas levé la main pourraient aussi être sollicités. «On n’aime pas se rendre jusque là», dit-il, mais cela pourrait arriver. «Il y a beaucoup d’entraide», souligne néanmoins M. Lemaire.

À l’école Immaculée-Conception à Shawinigan, des flèches collées sur le plancher visent à assurer la distanciation sociale.

Pour ce qui est des éducateurs qui ont un ratio de 1/10, la Commission scolaire aura également recours au secteur secondaire, notamment pour les techniciens en éducation spécialisée.

Les infirmières scolaires, ajoute-t-il, sont réquisitionnées par le CIUSSS en ce moment. Toutefois, la Commission scolaire est en train de travailler avec le CIUSSS pour avoir des accès rapides pour des besoins de dépistage si des symptômes se présentent chez un élève ou un membre du personnel. Un local d’isolement est également prévu.

Si un élève n’est pas capable de se conformer à la distanciation sociale, l’école avisera les parents et en dernier recours, il pourrait devoir rester à la maison jusqu’à ce que les mesures sanitaires soient différentes. «On ne peut mettre le personnel ou des élèves à risque», souligne-t-il.