Grégoire Brière, le père des trois enfants et leur mère, Stéphanie Collins en compagnie de Romane, Jasmine et Léonard. 
Grégoire Brière, le père des trois enfants et leur mère, Stéphanie Collins en compagnie de Romane, Jasmine et Léonard. 

Retour en classe: «les enfants étaient vraiment prêts»

Trois-Rivières — Romane, 5 ans, retournait à la garderie, lundi matin, tandis que son frère Léonard, 7 ½ ans, allait retrouver sa classe de 2e année à l’école Jacques-Buteux de Trois-Rivières. Mardi, ce sera au tour de Jasmine, 9 ans, de faire son retour à l’école. Stéphanie Collins ne s’en cache pas, elle est contente de voir sa marmaille reprendre un train de vie normal. Faire du télétravail avec trois jeunes enfants qui n’arrivent plus à se désennuyer, c’est du sport. «Les enfants étaient vraiment prêts», dit-elle. Elle aussi, on le devine.

Bien sûr, elle ressent un peu d’inquiétude face à la COVID-19, mais «il y a des risques partout dans la vie», fait valoir Mme Collins avec philosophie. Et puis entre le confinement qui n’en finit plus et l’école où ses enfants vont revoir leurs amis, continuer à apprendre des choses et être bien encadrés, le choix n’est plus si difficile.

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Léonard en a besoin plus que ses sœurs encore. La confinement avait fini par exacerber son caractère explosif, constate-t-elle.

Stéphanie Collins et ses trois enfants sont des gens qui se tiennent bien informés. En famille, ils écoutent chaque jour le point de presse du premier ministre François Legault. La petite Romane, du haut de ses 5 ans, a déclaré à sa mère qu’elle «va tousser dans son pli de coude et qu’elle ne pourra pas faire de câlin à Mme Nathalie», à la garderie. «Ce matin (lundi), elle est venue me réveiller tout habillée», raconte Mme Collins. Bref, malgré les mesures de distanciation, elle avait hâte de retourner à la garderie.

Léonard, lui, a tenu à retourner à l’école avec un masque. «Ce n’est pas parce qu’il a peur d’attraper la COVID-19», explique sa mère, «c’est parce qu’il veut faire partie du mouvement.»

L’aînée, Jasmine, la studieuse de la famille, a passé une importante commande à sa mère. Elle aussi veut porter un masque. «Elle est allée se choisir un tissu dans le sous-sol et a trouvé un didacticiel qui montre comment en fabriquer un.» Les brefs moments de loisir de cette mère en télétravail sont déjà remplis.

«On n’oublie pas les risques», fait valoir Mme Collins, «mais il faut relativiser». Une simple sortie en vélo peut elle aussi mal tourner, plaide-t-elle.

Elle mise donc sur la bonne santé de ses enfants parce qu’en ce moment, il se dit à peu près tout et son contraire, à propos de ce virus, en particulier au sujet des enfants.

La petite famille a regardé le Facebook live de l’école Jacques-Buteux, le 8 mai, pour être bien au courant des modalités de la rentrée. «On a aussi regardé les photos de l’école», dit-elle.

Romane ira à la garderie deux fois par semaine. «On a su jeudi passé qu’elle pourrait avoir une place à temps partiel à son CPE dès lundi». Mme Collins se réjouit que sa plus jeune puisse vivre une rentrée progressive, mais surtout qu’elle profite encore un peu de la garderie avant d’affronter le monde des plus grands, en maternelle. «J’aurais trouvé ça gros, pour une petite fille, de ne pas retourner dans son CPE, dans son environnement», fait-elle valoir.

La rentrée comme telle s’est très bien déroulée pour Léonard, raconte Mme Collins. Romane a été accueillie par son éducatrice qui portait masque, lunette et visière. Cet accoutrement inhabituel n’a nullement impressionné la fillette, a pu constater sa mère. «Ils ont pris sa température» puis, après avoir fait un câlin à sa maman, Romane est allée porter elle-même ses choses dans son casier. Déjà, MmeCollins y voit du bon. «Elle va être plus autonome», prévoit-elle.