Le transport scolaire suscite des questions quant au confinement.
Le transport scolaire suscite des questions quant au confinement.

Retour en classe: les craintes «humaines et normales»

Brigitte Trahan
Brigitte Trahan
Le Nouvelliste
Shawinigan — Le premier ministre François Legault a annoncé, mercredi, qu’un plan pour un retour progressif en classe sera annoncé dès la semaine prochaine.

«Nos enseignants sont inquiets», reconnaît la présidente du Syndicat de l’enseignement de la Mauricie, Chantal Légaré.

C’est qu’au Centre-de-la-Mauricie, explique-t-elle, les gens sont particulièrement sensibilisés à la COVID-19 à cause de ce qui se passe au CHSLD Laflèche «qui est à côté de chez nous. On le vit de près», fait-elle valoir.

À la Commission scolaire de l’Énergie, on ne travaille pas, présentement, à préparer un scénario pour ce retour progressif en classe. On attend plutôt des consignes claires de la part du gouvernement.

«On a mis parfois beaucoup d’énergie dans des dossiers où finalement, à la dernière minute, on a dû reculer parce que la Santé publique a demandé de reculer, mais on avait eu, avant, une consigne du ministère de l’Éducation d’avancer», signale la responsable des communications, Amélie Germain-Bergeron. C’est ce qui est arrivé, dit-elle, avec la récupération des effets personnels.

La Commission scolaire avait «déployé beaucoup d’énergie pour mettre de l’avant cette démarche-là pour finalement avoir un retour par Twitter du ministre, en fin de journée ou quelques jours plus tard, qui disait qu’on devait tout arrêter parce que la Santé publique nous demande d’arrêter», rappelle-t-elle.

«Dans cette situation de pandémie, on est bien conscient que même le gouvernement doit régulièrement ajuster ses décisions en fonction de l’évolution de la situation», fait-elle valoir.

Dès que le plan sera déposé, «on va en prendre connaissance et l’on va se mettre immédiatement à travailler dans le sens que le plan va nous proposer», dit-elle. «On veut mettre nos énergies à la bonne place», fait-elle valoir.

Or, en ce moment, on sait que toutes les écoles travaillent à offrir du soutien aux élèves et à leurs parents par l’enseignement à distance.

Chantal Légaré, elle, indique qu’il y a beaucoup de questions sans réponses. Le respect de la distanciation de deux mètres suscite beaucoup d’interrogations. «Il faudra que la Santé publique se penche vraiment là-dessus et trouve des solutions qui sont sécuritaires pour tout le monde, les élèves, les enseignants et le personnel», fait-elle valoir.

«On a des enseignants qui ont des conditions particulières», fait-elle valoir et il y du personnel plus âgé qui est au début de la soixantaine, ajoute-t-elle.

On se questionne aussi sur l’aspect du confinement dans les autobus scolaires, dit-elle.

Depuis le début de la crise de la COVID-19, indique Mme Germain-Bergeron, des échanges ont lieu entre la direction, les ressources humaines et les représentants des différentes associations syndicales. «On est conscient que notre personnel est notre force vive, dans ces situations-là. Ce qu’on a, comme souci, c’est vraiment d’avoir un échange le plus transparent possible et le plus fréquent possible avec notre monde pour être en mesure d’accueillir leurs préoccupations et de répondre à leurs questionnements», explique la porte-parole.

Pour les services de garde, la Commission scolaire de l’Énergie a choisi le volontariat même si les consignes du ministère, au départ, étaient d’y aller par obligation en fonction du rang dans la convention collective. Au lieu de prendre la voie facile, dit-elle, la Commission scolaire a préféré se fier sur la bonne foi des gens. Personne ne s’est donc fait dire: «C’est à toi de rentrer», dit-elle.

«Ce qu’on ressent sur le terrain avec nos équipes, ça nous donne espoir pour la suite», dit-elle.

«Il n’est pas dit que des craintes surviendront chez notre personnel. Ce serait humain, ce serait normal», dit-elle.

Pour l’instant, donc, les commissions scolaires de la région attendent les instructions. «Nous avons hâte de voir ce plan de retour progressif en classe pour nos élèves», indique le directeur de la Commission scolaire de la Riveraine, Pascal Blondin. «Nous n’avons aucune nouvelle et aucune directive du ministère à ce sujet», répond pour sa part la responsable des communications à la Commission scolaire du Chemin-du-Roy, Anne-Marie Bellerose.