David Langlois a été déployé pendant un mois en Australie.
David Langlois a été déployé pendant un mois en Australie.

Retour au bercail pour les pompiers latuquois

LA TUQUE — Des pompiers de La Tuque sont partis en mission pour venir en aide à l’Australie alors que le pays était ravagé par les récents incendies de forêt. De retour au pays depuis peu, le Latuquois David Langlois, actuellement en isolement, partage son expérience sur le terrain.

«C’est un très beau voyage, une très belle mission. C’est spécial d’être dans un si beau coin et d’y aller pour une cause comme celle-là. J’ai fait beaucoup de missions dans l’Ouest canadien, mais celle-là était spéciale. C’est un beau souvenir», note David Langlois, agent de protection pour la SOPFEU.

David Langlois a quitté le Québec le 5 février et il est rentré le 7 mars. Il était responsable d’un groupe de dix personnes sur le terrain. Il a œuvré, entre autres, avec Nicolas Zuluaga et Francis Brousseau, deux autres pompiers basés à La Tuque. Sur place, ils ont appuyé les pompiers australiens dans leur travail, principalement dans le comté de Victoria. Sur le terrain, ils ont beaucoup travaillé la réhabilitation du territoire.

«On abattait les arbres dangereux qui sont plus gros que ceux au Québec. Notre travail c’était majoritairement ça. Évidemment, on appuyait les pompiers australiens s’il y avait de nouveaux feux», explique-t-il.

«Sur le territoire, les arbres et la composition du sol étaient différents où l’on était. Ce n’est pas la même forêt qu’au Québec et au Canada. Au niveau du comportement du feu, on n’en a pas vu tellement, mais en discutant avec les pompiers là-bas, on se rend compte que le combat est semblable, mais que les techniques utilisées ne sont pas nécessairement les mêmes», explique David Langlois.

À leur arrivée, la situation était plus calme, mais les pompiers de la SOPFEU étaient aux premières loges pour constater l’ampleur des dégâts, surtout lorsqu’ils se trouvaient en altitude.

«Sur les montagnes, on voyait ça au loin, mais c’est difficile à figurer des feux comme ça quand on n’est pas là pour les voir dans le plus gros».

«C’est une situation sans précédent, les feux en Australie. Je suis dans ce domaine-là depuis longtemps et j’ai vu des situations explosives aussi, notamment dans l’Ouest canadien, même ici au Québec dans le passé. C’est très différent», note-t-il.

Les pompiers travaillaient en équipe de dix sur le terrain.

David Langlois a aussi été témoin de la résilience des gens, principalement à Bright dans le comté de Victoria.

«Il y a des missions où l’on vit dans des campements isolés, là-bas, on était logé dans le village de Bright. On côtoyait les gens. La vie semblait reprendre un cours normal, et les gens étaient super résilients. On sentait qu’ils avaient été échaudés dans les derniers mois, mais on voyait leur résilience et c’était quand même surprenant. On a été très bien accueillie et c’était des gens formidables», assure-t-il.

«C’est certain que notre échantillonnage est petit quand même parce qu’il y a plusieurs places dans le pays qui ont été touchées, mais c’est certain que la solidarité est là», ajoute David Langlois.

Lorsque ce sera possible, le Latuquois n’hésitera pas à retourner en Australie, un pays qui l’attirait déjà avant la mission.

«C’est certain qu’on apprécie d’y aller dans le cadre d’une mission, mais on n’est pas là pour faire du tourisme. Ça donne juste le goût d’y retourner afin de visiter à notre guise.»

D’ici là, le pompier forestier se plie aux recommandations du gouvernement et de son employeur concernant la pandémie de la COVID-19.

À la SOPFEU, on assure prendre toutes les mesures nécessaires pour la santé et la sécurité de ses employés.

«La SOPFEU a été très proactive. La recommandation du gouvernement que toute personne qui revenait d’un autre pays devait être en quarantaine s’est faite la semaine dernière. Nos pompiers sont revenus bien avant, mais on a envoyé une note à nos pompiers saisonniers qui revenaient de l’Australie dans laquelle on suggérait de faire la quarantaine de 14 jours comme le mentionnait le gouvernement», a indiqué Josée Poitras, porte-parole de la SOPFEU.

Quant au personnel régulier, comme c’est le cas pour le Latuquois David Langlois, ils doivent également respecter la période de quarantaine même s’ils sont rentrés au Canada le 7 mars.

«La SOPFEU favorise le télétravail. On se prépare pour la saison de protection des feux de forêt. Elle débute en réalité le 1er avril», a-t-elle conclu.