Les enseignantes Natasha Bonneville et Valérye Sévigny se disent prêtes à recevoir leurs élèves.
Les enseignantes Natasha Bonneville et Valérye Sévigny se disent prêtes à recevoir leurs élèves.

Retour à l'école lundi: «on est prêt»

TROIS-RIVIÈRES — «On est prêt», assure Natasha Bonneville, enseignante de 1re et 2e années depuis 10 ans à l’école alternative Freinet, édifice Boisé-des-Pins, du secteur Cap-de-la-Madeleine. «Je vis presque ça comme une rentrée scolaire», dit-elle. «Ça va être différent, c’est sûr, mais j’ai confiance», assure-t-elle.

Sa collègue, Valérye Sévigny, enseignante en 5e et 6e années depuis 20 ans, indique qu’elle et la plupart des enseignants de son école n’ont pas de vives appréhensions face à la COVID-19, au point où, pour l’instant, grâce au respect de la distanciation sociale, elles n’entendent même pas porter de masques, à moins que la situation en rende l’usage nécessaire, par exemple «si un enfant se blesse et qu’il faut s’approcher de lui», illustre Mme Sévigny.

«Ici, à l’école, tout a été mis en place. Dès lundi (le 4 mai), lorsqu’on est arrivé, notre concierge, Mme Chantal, a été fabuleuse. Elle nous a rendu l’école vraiment très propre. Tout de suite, on a senti qu’on arrivait dans un milieu nettoyé. Tous les produits désinfectants étaient là. Mme Chantal en a mis partout, dans les corridors notamment. On est rentré avec un sentiment de confiance», raconte Mme Sévigny.

«Le directeur a été très transparent», ajoute Mme Bonneville. «On a été bien informé. Tout était clair, on savait tous ce qu’on avait à faire», raconte-t-elle. De toute façon, le personnel a eu des rencontres fréquentes sur Skype, tout au long du confinement, précise Mme Sévigny.

En cas de doutes, dit-elle, «on s’est servi de la force de l’équipe. On s’est appuyé. On était en mode solution. Donc quant tu es préparé, informé, honnêtement il n’y a pas tant d’appréhensions que ça même s’il y a de l’inconnu», fait-elle valoir.

«On le sait que lundi, il va arriver des choses auxquelles on n’aura pas pensé», dit-elle en soulignant la confiance que tous se portent dans l’équipe.

Dans les écoles de la région, comme ici à l’école alternative Freinet de Trois-Rivières, les classes ont été aménagées pour le retour de lundi.

Valérye Sévigny sait qu’elle aura à rappeler les consignes à ses élèves, mais déjà, fait-elle valoir, «on est en mode prévention depuis des années». C’est qu’il n’y a pas que la COVID-19. D’autres maladies, comme la grippe saisonnière, la gastro, voire la présence de quelques élèves porteurs de poux, peuvent survenir dans les écoles et les enseignants ne ratent pas d’occasions pour rappeler les règles d’hygiène comme en témoignent des affiches sur le lavage des mains présentes dans les classes bien avant la pandémie. «On travaille beaucoup sur la prévention, comment tousser, comment éternuer», assure-t-elle.

Pour la COVID-19, les enseignantes prévoient faire quelques exercices sur la distanciation sociale. Natasha Bonneville, dont les élèves sont beaucoup plus jeunes, sent que le nombre réduit d’enfants, dans sa classe, lui donnera un bon coup de pouce pour faire comprendre l’importance de la distanciation sociale. Habituellement, ils sont 20. Là, je vais en avoir huit», précise-t-elle. «C’est sûr que lundi, ça ne sera pas parfait, mais j’ai confiance en eux», dit-elle.

Les titulaires ont préparé un petit panier pour chacun de leurs élèves dans le but qu’ils ne se partagent pas le matériel. On y trouve de la lecture, des jeux de logique, des feuilles libres, des raisonnements mathématiques et des cartes de tâche, bref, tout de qu’il faut pour muscler les méninges. Ce panier restera sur le bureau de chaque élève toute la semaine. Le tout sera désinfecté le week-end suivant et d’autres paniers seront remplis afin d’assurer une variété dans le contenu chaque semaine. Les grands ont aussi chacun un Chrome Book sur leur table et les petits, chacun une tablette. Bref, tout est prévu pour éviter les déplacements et les échanges de matériel. Le même principe guidera les jeux dans la cour de récréation.

«À la fin de la première journée, on va probablement dire: Ouf! C’est pas mal moins pire que ce qu’on pensait», prévoit Mme Bonneville, «ou bien on va s’ajuster à la situation», dit-elle.

Tout est prévu pour faire bouger les enfants, mais différemment. La cour de récréation a été divisée en sections et le devant de l’école est désigné comme cour supplémentaire. Les enfants choisiront deux ou trois jeux individuels avec lesquels ils passeront la semaine. «On utilise aussi le programme Bouge sur ta chaise et des chorégraphies de danse sur musique», signale Mme Sévigny, consciente que les enfants ont beaucoup besoin de bouger. Le travail debout est également autorisé.

Même si l’école ne sera pas comme d’habitude, les enseignantes ont eu comme mandat d’établir les concepts prioritaires à transmettre pour permettre aux élèves de passer aux étapes supérieures. Au premier cycle, toutefois, «on sera beaucoup dans la consolidation des apprentissages. On ne veut pas qu’ils perdent leurs acquis, souligne Mme Bonneville.

Dans les commissions scolaires

Dans les trois commissions scolaires de la région, on s’affairait aux derniers préparatifs, vendredi. Les équipements de sécurité seront à la disposition du personnel lundi matin. Des employés des écoles secondaires viendront prêter main-forte, de même que des employés de plus de 60 ans. Les locaux sont prêts à accueillir les élèves qui auront également le transport scolaire nécessaire.

À la Commission scolaire de l’Énergie, plusieurs écoles ont choisi de tourner une petite vidéo en vue de lundi afin de montrer de quoi aura l’air le débarquement de l’autobus scolaire jusqu’à l’entrée en classe, en passant par le lavage des mains.

Pourcentage des élèves du préscolaire et du primaire qui retournent en classe

Commission scolaire du Chemin-du-Roy : 48,5%
Commission scolaire de la Riveraine : 55%
Commission scolaire de l’Énergie : 48%
Moyenne régionale : 50,5 %