Le maire de Saint-Tite André Léveillé quitte la vie politique, mais donne son appui à Michel Grosleau, qui délaisse la mairie de Saint-Prosper pour briguer celle de sa ville natale.

Retour à la case départ à la mairie de Saint-Tite

Retour au point de départ du côté de la course à la mairie à Saint-Tite et Saint-Prosper. Alors que le maire de Saint-Prosper Michel Grosleau annonçait en milieu de semaine briguer la mairie de Saint-Tite, recevant ainsi l'appui de l'actuel maire André Léveillé qui annonçait du même coup sa retraite de la vie politique, voilà que les deux hommes annoncent que cette décision ne tient plus et qu'ils brigueront chacun la mairie de leur municipalité respective.
La candidate à la mairie de Saint-Tite, Annie Pronovost.
C'est que les deux hommes ont réalisé un détail plutôt important une fois l'annonce faite: Michel Grosleau n'est pas éligible pour se présenter à la mairie de Saint-Tite. En effet, selon l'article 61 de la loi régissant les élections municipales, un candidat qui veut briguer le poste de maire ou de conseiller municipal doit avoir le droit d'être inscrit sur la liste électorale de celle-ci et résider de façon continue ou non sur le territoire de la municipalité depuis au moins les douze derniers mois le 1er septembre de l'année civile où doit avoir lieu une élection générale.
Or, M. Grosleau, bien qu'il soit natif de Saint-Tite et qu'il y possède toujours une résidence, ne remplissait pas ce critère. La maison qu'il possède est effectivement louée en permanence et il ne pouvait donc pas démontrer qu'il avait résidé à Saint-Tite au cours des douze derniers mois, même de façon non continue.
Les deux hommes ont donc fait parvenir un communiqué aux médias vendredi midi annonçant qu'ils brigueraient ainsi chacun leur mairie respective. Dans ces conditions, M. Grosleau estime qu'il a le devoir de poursuivre le travail à Saint-Prosper. «J'ai agi de bonne foi et en toute transparence. Je pense que les citoyens de Saint-Prosper le comprendront et qu'ils jugeront utile que je me représente à la mairie pour continuer de les servir», indique-t-il.
De son côté, le maire sortant de Saint-Tite, André Léveillé, entend repousser sa retraite et poursuivre sa mission auprès de ses concitoyens. «J'estime que le rôle de maire d'une ville comme Saint-Tite commande d'y consacrer beaucoup de temps et c'est la mission que j'entends poursuivre. Si les citoyens me le permettent, je serai au poste pour les quatre prochaines années pour mener à terme le projet d'eau potable et propulser l'essor industriel que nous connaissons actuellement», mentionne M. Léveillé, qui déposera sous peu sa candidature pour un troisième mandat.
Les deux hommes ont du même coup mentionné espérer que cette situation servira à éclairer d'autres aspirants élus. Aucune candidature n'avait encore été déposée dans ce cas-ci, il n'était donc pas trop tard pour changer son fusil d'épaule, indique-t-on.
Réactions
Lors de l'annonce de la candidature de M. Grosleau à Saint-Tite, le maire sortant André Léveillé avait mentionné quitter pour s'occuper d'un projet de développement touristique d'envergure pour Saint-Tite, soit le village western Kapibouska. Pour la candidate à la mairie de Saint-Tite, Annie Pronovost, cette situation est plutôt particulière et soulève bien des questions. «M. Léveillé disait vouloir se consacrer à d'autres projets, des projets pour lesquels le conseil municipal aura certainement à se prononcer à l'occasion. C'est un peu contradictoire et je trouve que ça le place dans une drôle de situation au point de vue de l'objectivité», constate-t-elle.
Mme Prononvost avoue avoir vécu une gamme d'émotions cette semaine avec ces différentes annonces, qui se soldent par le retour d'André Léveillé dans la course à la mairie. «On veut promouvoir la jeunesse, on veut encourager les femmes à se présenter en politique. Je suis une jeune, je suis une femme, et on me tasse pour aller chercher quelqu'un de l'extérieur. J'avoue que je trouve ça très dommage», mentionne celle qui admet qu'elle aurait aimé avoir la tape dans le dos et une marque de confiance de la part du maire sortant, auprès de qui elle siège comme conseillère municipale depuis un an. 
«Qu'il revienne, c'est démocratique, tout le monde a le droit de se présenter. Mais ça me questionne quand on me reproche de ne pas avoir assez d'expérience de voir deux personnes avec autant d'expérience de ne pas avoir pensé vérifier tout ça avant de l'annoncer publiquement», constate celle qui ajoute mener une campagne active depuis la fin du Festival western. «J'ai de bons commentaires. Les gens me connaissent, savent qui je suis. J'ai envie de me consacrer à la mairie, à ma ville. Mes enfants sont grands, ils sont partis de la maison et je suis en mesure de concilier ces tâches avec mon travail actuel, concilier le tout avec mon employeur. Je sens que je suis sur mon X dans la politique municipale», confie Annie Pronovost.