Le président-directeur général du Regroupement québécois des résidences pour aînés, Yves Desjardins.

Résidences pour personnes âgées: 66 fermetures en cinq ans en région

Trois-Rivières - Le Regroupement québécois des résidences pour aînés (RQRA) a profité de sa grande tournée des régions amorcée lundi à Trois-Rivières pour lancer un cri du cœur au nom de tous ses membres, mais particulièrement pour ceux comptant 50 unités locatives et moins.

Selon le président-directeur général, Yves Desjardins, la viabilité de ces petites résidences qui ont pignon sur rue dans les villes et villages du Québec est menacée et, dit-il, cette crise va malheureusement s’aggraver si rien n’est fait à court terme.

Ainsi, depuis janvier 2014, on déplore la fermeture de 532 résidences pour aînés (RPA) à l’échelle de la province. Dans la région Mauricie-Centre-du-Québec, ce chiffre s’élève à 66. Uniquement entre le 3 mai 2019 et le 21 janvier 2020, le Québec a perdu 63 RPA, soit plus de deux par semaine.

«Il s’agit d’autant de drames humains, à la fois pour les résidents que l’on déracine, pour les propriétaires qui se voient forcés d’abandonner leur entreprise, et pour les employés qui perdent non seulement leur emploi, mais aussi le contact avec des gens auxquels ils s’étaient profondément attachés», a-t-il souligné.

Parmi les raisons invoquées en lien avec ces nombreuses fermetures de RPA, on retient les coûts de fonctionnement élevés liés aux exigences réglementaires.

Et pour un nombre grandissant de résidences pour aînés, l’équilibre entre les dépenses et les revenus est de plus en plus précaire, «faisant craindre à leurs propriétaires de ne plus être en mesure d’assurer la qualité de services que les résidents méritent».

À cela s’ajoute la capacité de payer limitée d’un grand nombre d’aînés qui n’arrivent pas à assumer les coûts des soins dont ils ont besoin, fait remarquer M. Desjardins, qui parle de «propriétaires à bout de souffle».

«Il faut à tout prix stopper les fermetures. Il en va de la sécurité et du bien-être de tous les aînés qui souhaitent demeurer dans la communauté qui les a vus s’épanouir», a-t-il ajouté.

Car si rien n’est entrepris à court terme, le RQRA appréhende des conséquences catastrophiques pour le système de santé québécois, «qui ne pourra à lui seul s’acquitter de la grande responsabilité de prendre soin d’une population vieillissante».

«Ce qu’on dit au gouvernement, c’est: si vous nous aidez, ça va vous aider», a-t-il lancé comme message à la veille de l’adoption du budget provincial.

En échangeant avec ses membres de toutes les régions, dont une quarantaine lundi à Trois-Rivières, de la région Mauricie-Centre-du-Québec, le RQRA souhaite ainsi conscientiser le plus grand nombre possible de citoyens.

Or, des pistes de solution sont envisagées, dont la bonification du crédit d’impôt pour le maintien à domicile et l’application d’une méthode de fixation des loyers tenant mieux compte de la réalité des résidences pour aînés.

«Le mouvement de solidarité ainsi initié permettra de pérenniser un modèle d’habitation chaleureux, accueillant et sécuritaire pour nos aînés qui méritent ce qu’il y a de mieux, en l’occurence de vieillir dans le milieu qu’ils affectionnent», a conclu M. Desjardins.