C'est à Shawinigan que les résidences sont les plus abordables au Québec, après Thetford Mines, avec un prix médian de 115 000 dollars.

Résidences les plus abordables: Shawinigan bonne deuxième

Selon une étude publiée par la Fédération des chambres immobilières du Québec (FCIQ), c'est à Shawinigan que les résidences sont les plus abordables au Québec, après Thetford Mines, avec un prix médian de 115 000 dollars, ce qui représente une hausse de 2 %.
Si, à ce chapitre, l'agglomération trifluvienne arrive au neuvième rang, avec un prix médian stable à 149 000 dollars, elle affiche le septième meilleur niveau de croissance des prix de copropriété. Son bond de 9 % enregistré en 2016 porte la valeur de vente médiane à 131 000 dollars.
«C'est très attractif. Les gens qui débarquent ici pour travailler, quand ils arrivent pour acheter une maison, ils disent wow! Ils ont une très belle maison pour moins de la moitié du prix de ce qu'ils peuvent retrouver autour de Québec et Montréal. Il y a des emplois. C'est le temps de venir, on a les bras ouverts», a commenté le maire de Shawinigan, Michel Angers.
Selon lui, la richesse foncière n'a rien à voir avec la vigueur de l'économie. «C'est le marché qui régit tout ça. C'est sûr qu'il y a un impact, on ne s'en cachera pas. Mais même avant la fermeture des usines, la richesse foncière n'a jamais été très élevée», a-t-il tenu à expliquer.
Pour le premier magistrat, la charge fiscale se situe dans la moyenne, considérant «le rapport du compte de taxes et de l'achat comme tel d'une maison».
Pourtant, sur le terrain, Nathalie Gallant, courtier immobilier agréé chez Via Capitale Mauricie, dit recevoir de nombreux commentaires sur les taxes «assez élevées» à Shawinigan. 
«Maintenant, les gens regardent beaucoup les taxes pour leur niveau de vie», confie celle qui voit d'ailleurs certains acheteurs privilégier plutôt des endroits comme Notre-Dame-du-Mont-Carmel. 
Mais la spécialiste est aussi en mesure de confirmer que le prix des résidences est plus abordable à Shawinigan. «Et il y a des secteurs qui sont encore plus à la baisse comme Lac-à-la-Tortue et on a des quartiers comme Saint-Marc où il y a plus de pauvreté. Le marché immobilier a vraiment plus crashé au niveau de Shawinigan. Il y a énormément de propriétés à vendre, ce qui fait baisser le marché», a-t-elle lancé tout en évoquant le facteur économique qui se fait ressentir «à long terme».
Par ailleurs, Mme Gallant se montre plutôt perplexe devant les résultats de l'étude qui rapportent une hausse des prix des copropriétés à Trois-Rivières. «Il y a énormément de condos à vendre à Trois-Rivières et je n'ai pas trouvé qu'il y avait tant de hausse de prix que ça», admet-elle à partir de son expérience.
Pour sa part, le directeur de l'analyse des marchés à la FCIQ, Paul Cardinal, parle d'une catégorie de propriétés qui est en train de se développer, de prendre de l'ampleur. «Et le neuf est plus dispendieux que l'existant», fait-il remarquer.
Si Trois-Rivières présente les résidences les plus abordables des six régions métropolitaines du Québec, l'expert n'a pas d'explication particulière à soumettre pour les statistiques de Shawinigan. «Ce n'est pas quelque chose de ponctuel à l'année 2016, ça revient constamment dans les endroits les plus abordables au Québec», reconnaît-il.
Ne figurant pas dans le palmarès officiel, le prix médian des maisons à Bécancour (143 285 $) est moins dispendieux qu'à Baie-Comeau, qui détient la septième position. Et la hausse de 16 % du prix médian est l'une des plus importantes au Québec.
Pour l'ensemble de la province, le nombre de transactions résidentielles conclues par l'entremise du système Centris® des courtiers immobiliers a augmenté de 5 % en 2016, pour atteindre 78 195 ventes. Il s'agit d'une deuxième hausse annuelle consécutive à ce chapitre, après une croissance de 5 % également en 2015. 
Les prix médians des unifamiliales (234 500 $) et des copropriétés (222 500 $) à l'échelle du Québec ont pour leur part augmenté de façon modérée, soit de 2 % et de 1 %, respectivement. Le prix médian des petits immeubles à revenu de 2 à 5 logements a quant à lui crû de 3 % par rapport à 2015, pour s'établir à 370 000 $.
Pour ce qui est des délais de vente, le délai moyen pour vendre une propriété, toutes catégories confondues, dans l'ensemble de la province, a atteint 121 jours en 2016. Toutefois, notons que le délai de vente moyen était considérablement plus court dans les régions métropolitaines (108 jours) comparativement à ailleurs en province (153 jours).
En somme, en 2016, un essor des ventes a été remarqué dans plusieurs municipalités situées en périphérie de Québec. En ce qui a trait aux secteurs les plus chers, sans surprise, c'est la région administrative de Montréal qui s'est démarquée, tandis qu'à l'inverse, Lanaudière est ressortie du lot des municipalités les plus abordables. Par ailleurs, les délais de vente les plus courts ont été enregistrés à Montréal et en Montérégie.
Finalement, de façon générale, la région administrative de Montréal et, en particulier les municipalités de l'Ouest de l'Île, présentaient les conditions du marché les plus serrées de la province pour l'unifamiliale, alors que plusieurs municipalités des hautes Laurentides affichaient plutôt les conditions les plus détendues.