Simone Branchaud-Baril, Antoinette Branchaud-Turner, Noëlla Armstrong-Lacoursière et Noëlla Bédard-Baril, toutes centenaires, ont été épargnées par la COVID-19.
Simone Branchaud-Baril, Antoinette Branchaud-Turner, Noëlla Armstrong-Lacoursière et Noëlla Bédard-Baril, toutes centenaires, ont été épargnées par la COVID-19.

Résidence Saint-Laurent: quatre centenaires vivent leur première pandémie

Amélie Houle
Amélie Houle
Le Nouvelliste
LOUISEVILLE — Antoinette Branchaud-Turner, Simone Branchaud-Baril, Noëlla Armstrong-Lacoursière et Noëlla Bédard-Baril pensaient avoir tout vu, elles qui sont nées alors que la grippe espagnole faisait rage et qui ont vécu la Seconde Guerre mondiale. À 103 et 100 ans, elles ne pensaient toutefois pas devoir faire face à une pandémie mondiale de l’ampleur de la COVID-19. Les quatre centenaires qui habitent à la résidence Saint-Laurent de Louiseville peuvent toutefois se réjouir et dire avec fierté qu’elles ont jusqu’à maintenant été épargnées par ce puissant virus.

«C’est drôle pareil parce que j’ai 100 ans et c’est la première fois que je vis ça une pandémie. Et ce n’est pas juste nous autres, mais c’est tous les pays qui vivent ça en même temps. Mais je n’aime pas ça comme virus et j’espère que ça va finir bientôt cette pandémie», avoue Noëlla Bédard-Baril.

«C’est la première fois que je vis une pandémie comme ça. Quand j’étais jeune, il y a eu la grippe espagnole, mais j’étais trop jeune pour m’en souvenir. C’est donc une première pandémie pour moi», ajoute quant à elle Simone Branchaud-Baril.

Et il ne faut pas s’y méprendre, malgré leur âge avancé, les quatre résidentes centenaires qui sont toujours autonomes et marchent sur leurs deux jambes, bien que certaines doivent utiliser la marchette, sont bien conscientes de la réalité qui les a touchées au cours des derniers mois.

«Les quatre étaient très conscientes qu’une pandémie faisait rage au cours des derniers mois. Mais bien qu’elles ne semblaient pas avoir trop de craintes en lien avec le virus, c’est sûr qu’il fallait répéter l’ampleur de la situation, mais elles l’entendaient aussi à la télévision», souligne la propriétaire de la résidence Saint-Laurent, Catherine Clément.

Âgées respectivement de 103 ans et 100 ans, Antoinette Branchaud-Turner, Simone Branchaud-Baril, Noëlla Bédard-Baril et Noëlla Armstrong-Lacoursière ont ainsi vécu les derniers mois isolées de leurs proches au sein de leur résidence, comme bon nombre d’aînés de la région.

Un moment qui n’a pas toujours été facile pour les centenaires, mais qui leur a toutefois permis de se tenir loin du virus.

«Elles ont vécu l’isolement et ont été privées de la visite de leur famille. Évidemment, elles ont trouvé ça très long et en plus, il n’y avait plus d’activités quotidiennes. Le changement de vie a été drastique et a été difficile pour leur moral c’est sûr, mais ce sont des femmes toujours souriantes et qui ont une attitude très positive», mentionne Mme Clément.

Pour Simone Branchaud-Baril, ce moment d’isolement a d’ailleurs été l’occasion tout indiquée pour apprendre les rudiments de la tablette électronique. Et ce n’était certainement pas son âge qui allait l’empêcher d’y parvenir. «J’ai utilisé pour la première fois une tablette pendant la pandémie pour parler à mes proches. J’ai eu besoin d’un petit cours, mais je me suis débrouillée même à 100 ans», a-t-elle expliqué avec un large sourire.

Des mesures strictes

Bien qu’aucun cas de COVID-19 n’ait été rapporté à la résidence Saint-Laurent au cours des derniers mois, des mesures ont évidemment été mises en place par la direction afin de s’assurer de la santé des centenaires, mais également des 48 autres résidents.

«Évidemment, notre clientèle est plus fragile et est plus à risque d’attraper le virus, mais nos quatre centenaires, étonnamment sont en très bonne santé, donc elles sont moins fragiles. Mais on a appliqué les mêmes mesures pour tous nos résidents. Par exemple, à l’heure des repas, on a maintenant deux services et au lieu d’être six par table, ils sont maintenant trois. De plus, les visites étaient interdites pendant la pandémie. De notre côté, on a réagi une semaine avant la demande du gouvernement de fermer l’accès aux familles», explique la propriétaire de l’endroit.

D’ailleurs, ses mesures semblent avoir été appréciées par les principales intéressées. «Même si le confinement a été difficile parce qu’on ne pouvait plus sortir et faire d’activités, je trouve qu’ils ont bien géré ça ici à la résidence», conclut Mme Branchaud-Baril.