La résidence des Bâtisseurs continue de faire réagir.
La résidence des Bâtisseurs continue de faire réagir.

Résidence des Bâtisseurs: un système de sécurité à ajuster

LOUISEVILLE — Le système de sécurité personnelle de la résidence des Bâtisseurs, décrié par plusieurs intervenants, a été vérifié par la direction de l’entreprise dès mercredi. Cette initiative semble la bienvenue, car selon différentes sources, les montres qui servent à envoyer un signal au local des infirmières et des préposés aux bénéficiaires en cas d’urgence sont souvent défectueuses, comme le racontent deux membres du personnel qui affirment qu’une personne vivant à cet endroit est restée sur le plancher de son logement durant des heures après une chute.

Ces deux membres du personnel s’ajoutent aux nombreux témoignages brossant un portrait peu reluisant de cette résidence pour personnes âgées de Louiseville. Les deux travailleurs, qui requièrent l’anonymat, assurent qu’une personne a passé presque 20 heures étendue au sol avant d’avoir été trouvée par l’équipe qui distribue les repas du soir.

«L’ancien système fonctionnait. On pouvait entendre parler les gens et on pouvait leur parler. Mais depuis le mois de décembre, ce sont des montres qui fonctionnent comme une pagette. Quand ça sonne, on a le numéro de la chambre et on va voir si tout va bien. Mais des montres fonctionnent, d’autres ne fonctionnent pas. Ce n’est pas normal», raconte cette personne qui travaille aux Bâtisseurs et qui se demande bien pourquoi cette situation traîne.

Une autre personne à l’emploi de cette résidence confirme l’efficacité très variable de ce système.

«C’est des montres achetées chez Dollarama. Dans des coins de la résidence, ça marche. Dans d’autres coins, il n’y a pas de signal. La montre fonctionne tout dépendant où on est dans l’édifice. Les personnes ne sont pas en sécurité.»

Selon ces deux témoins, l’histoire a toutefois bien tourné dans les circonstances. La personne trouvée au sol souffrait de déshydratation, mais n’a pas été blessée.

«Je veux que ça change, raconte un des témoins. Je veux du respect pour les personnes âgées et pour les employés aussi. Le directeur général ne respecte pas les employés. Il engage du monde pour le quart de travail de jour, alors que des gens qui travaillent de soir et de nuit et qui sont là depuis longtemps demeurent de soir et de nuit. Des gens ont démissionné à cause de ça.»

«L’ancienneté n’est pas respectée», ajoute l’autre témoin.

Au courant de la situation

La direction des Bâtisseurs raconte avoir décidé de faire confiance à une entreprise québécoise pour acquérir un nouveau système de sécurité utilisant la technologie actuelle. Mais le système en question demande certains ajustements, un processus qui a été ralenti par la COVID-19, alors que l’accès à la bâtisse était très restreint.

«On est au courant de la situation. C’est un système neuf et moderne qui marche relativement bien dans l’ensemble des résidences. On est désolé de voir qu’il ne fonctionne pas parfaitement. On a pris la décision d’investir dans ce système, il faut faire des suivis et c’est ce qu’on fait. On fait des tests cette semaine», déclare Sébastien Gauthier, président du groupe les résidences des Bâtisseurs, qui reconnaît que «des événements isolés» aient pu survenir à la résidence.

M. Gauthier se dit sensible à l’insatisfaction manifestée par des employés des Bâtisseurs concernant leur lieu de travail, d’autant plus que le milieu doit composer avec une rareté de main-d’œuvre. C’est la raison pour laquelle la direction affirme avoir envoyé son directeur des ressources humaines à Louiseville mercredi et jeudi afin de rencontrer les travailleurs dans le but d’accoucher d’un rapport détaillé sur lesdites insatisfactions et sur leurs causes.

«On vit une crise qui touche tout le monde: nos gestionnaires, nos employés, nos résidents», énumère le patron en faisant référence à la pandémie de coronavirus.

«Dans ce contexte, il y a des gens qui sont émotifs, des gestionnaires impactés. On ne veut cibler personne. On veut regarder l’ensemble de la situation. On a rencontré les employés, on va écouter les résidents. Je vais rencontrer les résidents et les familles s’il y a une situation particulière. Après, on saura ce qui ne va pas. Est-ce qu’une partie est attribuable à la COVID? À nous? Il faut l’évaluer et poser de bonnes actions. Ce sera fait rapidement.»