Il est présentement interdit d’arroser partout à Trois-Rivières.
Il est présentement interdit d’arroser partout à Trois-Rivières.

Réserves d’eau à la baisse: citoyens, rangez vos boyaux!

TROIS-RIVIÈRES — La canicule que l’on connaît, mais également les mesures de confinement ont un important effet sur les réserves d’eau potable des municipalités de la région. Mercredi, tant à Trois-Rivières, Shawinigan, Nicolet, Bécancour que Drummondville, on a émis une interdiction d’arroser partout sur le territoire, en raison des importantes baisses de réserves d’eau potable.

Partout, on n’hésite pas à parler d’une situation exceptionnelle, oui en raison des importantes chaleurs, mais surtout en lien avec les mesures de confinement. «On voit une corrélation directe», commente Marie-Michelle Barette, directrice des communications à la Ville de Bécancour. «Les gens sont beaucoup à la maison et ils ont investi du temps dans leur cour. Plusieurs se sont fait installer une nouvelle piscine, d’autres ont porté davantage attention à leur pelouse ou se sont lancés dans le jardinage», constate Mme Barette, soulignant que pour la Ville de Bécancour, il importait d’émettre cet avis afin de sensibiliser la population à l’importance de l’effort collectif.

Même son de cloche du côté de Shawinigan. «Nous n’avions jamais vu une croissance aussi importante de la consommation d’eau en si peu de temps. Au point où nous nous sommes demandé s’il n’y avait pas une fuite dans le réseau. On n’a qu’à regarder de quelle façon les centres de jardins se sont fait dévaliser, alors c’est clair qu’il y a un croisement qui explique ça. Mais ça fait quelques semaines qu’on voit monter ça et que ça ne se replace pas, donc on n’a pas le choix de prendre des mesures pour réduire la consommation», indique le directeur des communications de la Ville de Shawinigan, François Saint-Onge.

À Trois-Rivières, il s’agissait d’ailleurs d’une première en dix ans, la précédente interdiction du genre étant survenue en 2010, rappelle le porte-parole de la Ville Guillaume Cholette-Janson. «On a parfois eu recours à des demandes de collaboration auprès de la population, mais pas à une interdiction complète dans les dernières années. On a connu une première canicule au mois de mai, ce qui est exceptionnel, et on voit présentement que la demande est vraiment très forte», inique-t-il.

Sans pour autant pouvoir faire une analyse scientifique de la chose, M. Cholette-Janson reconnaît que la corrélation entre le confinement et la consommation élevée de l’eau est un constat factuel. Par contre, il note que l’émission d’avis comme celui de mercredi a généralement un effet positif sur les réserves d’eau puisque la population suit les recommandations. «Lors du dernier avis d’interdiction, il y a 10 ans, on avait constaté dès le lendemain que ça avait permis de diminuer la consommation d’eau de près de 30 %», relate-t-il.

Les villes n’ont pas le choix d’agir de la sorte, non seulement pour assurer la capacité des usines de traitement des eaux à pouvoir fournir à la demande, mais également afin de conserver des réserves sécuritaires en cas d’incendie.

«On sait que plusieurs citoyens ont mis beaucoup d’argent dans leur terrassement, dans leur cour. Cette année, au lieu de partir en voyage, les gens investissent à la maison, ont acheté des piscines, entretiennent leur gazon et leur jardin. Mais il faut penser au-delà de l’aspect esthétique de la cour et penser à la sécurité et à la capacité de consommation», mentionne le responsable des communications de la Ville de Nicolet, Sébastien Turgeon.

Durant cette période, il est interdit d’arroser la pelouse, à moins qu’on détienne un permis d’arrosage temporaire. Il est également interdit d’utiliser tout système d’arrosage automatique ou encore de laver les voitures, véhicules routiers, remorques, bateaux et caravanes.

L’arrosage des potagers et fleurs demeure permis s’il est fait de manière manuelle. Certaines villes permettent également le remplissage des piscines, mais selon des horaires de nuit que les citoyens peuvent consulter sur le site Internet des municipalités.

Les citoyens qui détenaient des permis d’arrosage temporaires ont l’autorisation de poursuivre l’arrosage. Toutefois, à Shawinigan et Bécancour, par exemple, on a suspendu l’émission de nouveaux permis d’arrosage pour toute la durée de l’avis d’interdiction. À Nicolet, on indique que cet avis est en vigueur jusqu’au 22 juin. Partout ailleurs, l’avis tient jusqu’à nouvel ordre.

Les citoyens qui ne se conforment pas à cette interdiction sont passibles d’amendes variant d’une municipalité à l’autre, tant pour une première offense que pour une récidive, où le montant de l’amende peut parfois être multiplié par 20.

Seule la Ville de La Tuque n’a pour le moment émis aucune interdiction d’arrosage. Les règles concernant l’arrosage demeurent les mêmes, soit l’arrosage permis pour les adresses paires les jours pairs et inversement pour les adresses impaires. Cette autorisation vaut entre 20 h et 8 h le lendemain matin. «Évidemment, on demande aux gens d’être responsables et d’y aller avec une consommation intelligente de l’eau potable», mentionne la directrice des communications de La Tuque, Hélène Langlais.