Selon le rapport annuel sur les incidents et les accidents survenus lors de la prestation de soins de santé et de services sociaux au Québec, quelque 33 957 événements ont été répertoriés en Mauricie et au Centre-du-Québec en 2017-2018.

Réseau de la santé: hausse de 37% des décès

Trois-Rivières — Malgré une diminution de 2,44 % du nombre d’incidents et d’accidents survenus en 2017-2018 dans le réseau de la santé en Mauricie et au Centre-du-Québec, 48 personnes sont décédées à la suite d’un accident dans ce réseau, soit une hausse de 37 % par rapport à 2016-2017.

Quelque 33 957 événements (chutes, erreurs de médication, erreurs de traitement) ont été répertoriés dans la région entre le 1er avril 2017 et le 31 mars 2018, comme l’indique le rapport annuel du ministère de la Santé et des Services sociaux sur les incidents et les accidents survenus lors de la prestation de soins de santé et de services sociaux au Québec. En 2016-2017, le total pour la Mauricie et le Centre-du-Québec était de 34 809 événements. Sauf que sur l’ensemble de ces événements de 2016-2017, les décès représentaient 35 dossiers.

Sur les 48 décès, 35 sont attribuables à des conséquences suivant une chute et neuf sont le résultat d’une obstruction respiratoire. Les personnes âgées sont largement représentées dans ces cas.

Si ces décès surviennent généralement en raison d’un état de santé précaire, Martin D’Amour ne peut donner une explication autre concernant l’augmentation notable de leur nombre en l’espace d’un an.

«Il y a un lien de causalité avec l’état de santé. Si je suis déjà fragile, j’ai plus de chance de mourir si je fais une chute. Chaque décès n’est pas un événement que l’on souhaite. On travaille pour éviter que des conséquences se produisent. Il n’y a pas d’explication en lien avec la hausse, sinon que c’est l’état de santé» dit le directeur adjoint de la qualité, l’évaluation, la performance et l’éthique au Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie et du Centre-du-Québec.

Sur les 33 957 événements répertoriés, les chutes représentent près de la moitié des dossiers (15 720). Les erreurs médicales (9031) et les erreurs de traitement (1368) sont les autres cas principalement observés dans les incidents et accidents.

Lorsqu’il faisait le bilan de l’année 2016-2017, M. D’Amour était d’avis que le nombre d’employés au travail n’était pas une raison pouvant expliquer les incidents. Le directeur tient le même discours un an plus tard.

«On est préoccupé par la sécurité et on donne des soins pour que ce soit sécuritaire. Dans les chutes, elles sont inévitables en majorité, car elles sont en lien avec la condition de santé. On favorise la mobilité des gens, on évite les contentions. À chaque décès ou lorsqu’il y a des conséquences graves, on enquête. On analyse entre 250 et 300 événements par année. Le personnel évalue l’usager, les moyens à mettre en place comme une cloche d’appel, un tapis de chute près du lit. On regarde l’ensemble de l’environnement: le personnel, le dépistage de risque de chute, les pratiques. Et on n’arrive pas avec un lien avec de l’absentéisme ou la charge de travail.»

M. D’Amour rappelle qu’au niveau des erreurs de médication, le CIUSSS poursuit son travail afin d’améliorer la situation, notamment avec différents équipements ou des méthodes de travail prônant la vérification du dosage par deux personnes. Et sur l’ensemble des incidents et accidents déclarés, plus de 99 % d’entre eux ont peu ou n’ont pas de conséquence.

«Le risque zéro n’existe pas. Mais la situation s’améliore toujours. On a encore beaucoup de travail à faire. Ce sont des humains au service des humains. Et quand on regarde le nombre d’incidents et d’accidents, ça peut faire peur. Mais on a 2500 lits en hébergement, 150 installations. Par année, on a plus de 250 000 visites au total dans nos neuf urgences et près de 39 000 chirurgies en centres hospitaliers. On a beaucoup d’usagers. C’est beaucoup d’action. Parmi toutes ces activités, c’est très peu, 33 000 événements. Et si les gens déclarent des événements, c’est parce qu’ils ont confiance que ça s’améliore.»