Le président-directeur général de la Société du parc industriel et portuaire de Bécancour craint les impacts à long terme de la paralysie ferroviaire qui a touché le pays pendant plusieurs semaines.

Reprise du transport ferroviaire: des impacts à long terme, craint Maurice Richard

BÉCANCOUR — Si la classe politique et le secteur industriel se réjouissent de la levée du blocus ferroviaire et poussent un soupir de soulagement, le président-directeur général de la Société du parc industriel et portuaire de Bécancour tempère son enthousiasme. «Ce n’est pas demain matin que ça revient à la normale totalement», prévient-il, en soulignant qu’on ne pourra jamais vraiment chiffrer les impacts réels de la paralysie ferroviaire qui a touché les entreprises établies à Bécancour.

Outre les conséquences directes sur les carnets de commandes, sur les retards de livraison, entrant et sortant de Bécancour, c’est aussi les dommages à la réputation de fiabilité du réseau ferroviaire chez les investisseurs étrangers dont on devra prendre la mesure dans les années à venir, soutient Maurice Richard.

Le PDG rappelle que le conflit de travail qui avait touché le Canadien National pendant près de deux semaines, en décembre dernier, avait déjà placé les entreprises d’ici sur la défensive. La renommée du réseau de chemin de fer canadien avait été mise à mal, mais on avait alors fait valoir le caractère exceptionnel de la situation pour rassurer les investisseurs. Plaider à nouveau l’exception sera cette fois plus difficile, indique M. Richard. «Ils peuvent très bien poser la question: «ça se pourrait-tu qu’au mois de juin pour une autre raison, on arrête le service?»», craint-il.

Si les entreprises installées à Bécancour ont été forcées de se tourner vers des solutions de rechange pour surmonter la paralysie ferroviaire, Maurice Richard explique qu’on pouvait difficilement résoudre l’ensemble de la problématique, compte tenu de l’importance du moyen de transport dans les activités quotidiennes des entreprises et de la complexité de la réglementation. Il donne l’exemple des produits chimiques qui ne peuvent être entreposés inconsidérément et indéfiniment sur les rails. «Tu produis, il faut que ça quitte, et c’est la même chose pour ton client à l’autre bout», illustre-t-il, évoquant «un jeu de sécurité et de quantité».

Convenant que des produits comme le bois présentent une certaine souplesse quant à la gestion de l’entreposage, M. Richard fait valoir que c’est par centaines que des wagons de grains sont en attente de transit.

«C’est une logistique d’approvisionnement qu’on a fragilisé, en étant plusieurs semaines sans avoir le transporteur qui était idéal pour notre produit», se désole-t-il.