Les diocèses de Nicolet et Trois-Rivières sont actuellement à repenser la manière de faire cette année entourant les messes de Noël.
Les diocèses de Nicolet et Trois-Rivières sont actuellement à repenser la manière de faire cette année entourant les messes de Noël.

Repenser les célébrations religieuses de Noël

Amélie Houle
Amélie Houle
Le Nouvelliste
Trois-Rivières — Si les églises de la région n’ont pas l’habitude d’être bondées quotidiennement, c’est tout le contraire qui se produit chaque année, les 24 et 25 décembre, alors que les célébrations entourant Noël battent leur plein. Cette année toutefois, la scène ne se reproduira tout simplement pas, la COVID étant de la partie. Mais y aura-t-il tout de même des messes de Noël et y aura-t-il des crèches comme par les années passées? À près d’un mois des traditionnelles messes de Noël, les questions sont encore nombreuses et les diocèses de la région sont à l’heure actuelle à repenser la manière de faire cette année.

«On a eu plusieurs rencontres récemment avec les prêtres des 13 paroisses et les coordonnatrices et un de nos défis est la fragilité de nos organisations en ce moment. Il y a d’ailleurs des discussions avec le gouvernement pour savoir s’il y aurait possibilité d’avoir une ouverture de leur part pour avoir accès aux églises dans le cadre de la fête de Noël. On va voir l’état des conversations avec eux et la santé publique, mais on souhaite que les gens puissent avoir le moyen d’avoir quelque part des activités pour ne pas qu’on perde le sens de cette grande fête qui fait partie de notre histoire et de notre tradition québécoise», explique l’évêque auxiliaire du Diocèse de Trois-Rivières, Mgr Pierre-Olivier Tremblay.

En effet, puisque la région se trouve toujours en zone rouge à l’heure actuelle, un maximum de 25 personnes peut assister simultanément à la messe. Si rien ne change d’ici un mois, la consigne sera la même, d’où le casse-tête actuel des diocèses qui devront selon toute vraisemblance mettre sur pied un système de réservation.

Cela n’empêche toutefois pas les diocèses de Trois-Rivières et de Nicolet de s’adapter et de tenter de trouver du moins, des solutions qui pourraient permettre d’offrir des messes et des activités de Noël à un maximum de paroissiens, dans le respect des consignes sanitaires.

«On a beaucoup de communautés et de paroisses qui essaient en effet de prévoir plus d’une célébration pour la veille et le jour de Noël, car on s’attend à ce que ça soit encore 25 personnes maximum, puisque jusqu’à maintenant, on n’a aucun indice qui nous laisse penser que ça va changer. [...] D’ailleurs, on a eu une rencontre virtuelle il y a deux semaines avec tous les responsables des paroisses et on a sorti toutes sortes d’idées, par exemple faire plus de célébrations dans certaines paroisses, faire sonner les cloches dans toutes les églises simultanément pendant les quatre dimanches de l’Avent et à Noël et prévoir des heures de visite pour la crèche dans le respect des mesures», précise Mélanie Charron, coordonnatrice de la pastorale d’ensemble et des communications au Diocèse de Trois-Rivières.

Si ces idées ont été mises de l’avant pour pallier la situation, Mme Charron précise toutefois que la décision finale reviendra aux paroisses d’envisager de quelle manière elles procéderont pour créer des «moments de Noël» pour leurs paroissiens, en plus des célébrations à 25 personnes.

Au Diocèse de Nicolet, la situation est la même, alors qu’on est également en mode recherche de solutions, et ce, dans chaque paroisse.

«Depuis le début de la crise, on trouve des solutions et on se prépare actuellement à vouloir donner un sens à la fête de Noël cette année. Mais c’est vraiment chaque paroisse qui va décider des aménagements nécessaires pour sa communauté. D’ailleurs, je sais qu’à certains endroits, on va prioriser les messes de Noël le matin et pour d’autres ce sera le soir, mais évidemment, avec seulement 25 personnes maximum. La visite de la crèche sera toutefois possible pour les familles», mentionne Jacinthe Lafrance, responsable des communications au Diocèse de Nicolet.

Par ailleurs, ceux et celles qui n’auront pas la chance d’assister physiquement aux messes de Noël cette année pourront cependant y assister virtuellement, alors qu’en partenariat avec les télévisions communautaires MAtv et NousTV, une messe de Noël présidée par l’abbé François Doucet du diocèse de Trois-Rivières sera diffusée sur ces deux chaînes le 24 décembre prochain. Pour les paroissiens du Diocèse de Nicolet, certaines paroisses diffuseront pour leur part les messes de Noël sur leur page Facebook respective.

Des célébrations attendues

Malgré tous les scénarios qui sont envisagés actuellement, mais qui ne sont pas finaux, du côté des paroissiens, les célébrations semblent être attendues et dans certains cas, nécessaires en cette année pandémique.

«On veut évidemment tous être présents et on veut tous que la fête de Noël soit célébrée cette année particulièrement, car on constate bien avec toutes les nouvelles de la santé publique que le temps de Fêtes va être exigeant cette année et on va avoir besoin de lumière et d’inspiration. C’est pourquoi on souhaite avoir des messes dans toutes nos paroisses et on veut aussi s’impliquer pour soutenir les oeuvres caritatives pour les plus démunis», soutient Mgr Tremblay.

Du côté du Diocèse de Trois-Rivières, cette effervescence entourant les célébrations religieuses se fait d’ailleurs déjà sentir à près d’un mois du temps des Fêtes.

«Déjà à l’heure actuelle, les pratiquants religieux, on le sent qu’ils souhaitent pouvoir y assister, mais dans les paroisses, on commence également à recevoir des appels de la population en général pour savoir s’il va y avoir des messes de Noël cette année. C’est donc déjà une préoccupation», souligne Mélanie Charron.

Des fermetures possibles pour l’hiver?

On s’en doute fort bien, l’année 2020 aura été pénible financièrement pour les églises qui ne peuvent plus compter sur des quêtes aussi généreuses que par les années passées, sans oublier la quête la plus lucrative de l’année qui avait lieu lors des messes de Noël qui ne le sera vraisemblablement pas autant cette année.

Ainsi, une question se pose: qu’adviendra-t-il des églises cet hiver? Seront-elles fermées pour économiser sur les coûts de chauffage ou encore, d’autres mesures seront-elles prises en ce sens? Du côté du Diocèse de Trois-Rivières, on ne s’en cache pas, des discussions sont déjà en branle actuellement.

«Je n’ai pas eu de nouvelles récentes au niveau des bilans financiers des paroisses, mais ce qui est une évidence, c’est que l’année 2020 va avoir été extrêmement difficile financièrement pour nos communautés, donc je suis certain qu’ils vont prendre les mesures nécessaires pour diminuer les coûts. Mais ça sera la décision des paroisses et non du diocèse», précise Mgr Tremblay.

«Ça se trame dans les assemblées de fabrique, mais de manière générale, même en temps régulier, il y a des moments où des communautés vont parfois utiliser les sacristies ou les sous-sols des églises pour réduire les coûts de chauffage. Donc oui c’est sûr que c’est accentué comme réflexion cette année», explique pour sa part Mélanie Charron.

Au Diocèse de Nicolet toutefois, la situation n’est pas aussi claire.

«La décision va se prendre dans chaque paroisse au final, mais ça va dépendre des coûts de chauffage de chaque église et des moyens financiers de la fabrique, donc c’est de leur côté que la situation va être prise. Mais je n’ai pas entendu parler de mouvement massif en ce sens pour l’hiver actuellement», soutient Jacinthe Lafrance.