Le copropriétaire du restaurant Le Brasier 1908, Yves Beaudoin.
Le copropriétaire du restaurant Le Brasier 1908, Yves Beaudoin.

Réouverture des restaurants: une nouvelle très bien accueillie

Trois-Rivières — L’annonce de la réouverture des restaurants est très bien accueillie par bien des restaurateurs de la région. Alors que les frais fixes continuaient de devoir être payés ces derniers mois, les restaurateurs ont dû user d’inventivité pour arriver à faire des affaires en temps de pandémie, alors que d’autres ont carrément fermé durant trois mois.

«Enfin», s’exclame au bout du fil Yves Beaudoin, copropriétaire du restaurant Le Brasier 1908 de Trois-Rivières.

«Nous avons une date, ce qui est extrêmement positif.»

Fermé durant les trois mois du confinement, le Biztro à La Tuque s’apprête à rouvrir. «Ça fait longtemps qu’on attend après ça», lance Luce Allard, la propriétaire des lieux.

«On attendait que ça ouvre pour l’été. C’est un peu comme notre cadeau d’été. […] On espère que les clients, de La Tuque et d’ailleurs, vont revenir. Mais comment les gens vont-ils réagir? On est tous dans l’inconnu.»

L’allégement des règlements pour l’aménagement des terrasses extérieures afin de permettre le respect des mesures de distanciation physique est également très bien accueilli par le milieu de la restauration, mentionne Yves Beaudoin.

Bien qu’il est très heureux d’accueillir à nouveau la clientèle, Dany Bruneau, le copropriétaire de la Maison de Débauche de Trois-Rivières, avoue que le 15 juin arrivera très vite. «On aurait aimé ça avoir un plus gros délai entre l’annonce et les ouvertures», avoue-t-il.

Le copropriétaire de La Maison de Débauche de Trois-Rivières, Dany Bruneau.

«Mais nous allons être prêts le 15, mais ça demande quand même de se virer de bord très rapidement. Pourquoi est-ce que le gouvernement n’a pas annoncé ça il y a une semaine ou deux pour qu’on puisse se préparer avec nos fournisseurs de nourriture?»

Les prochains jours promettent d’être très occupés pour les restaurateurs. Ils doivent mettre en place des aménagements particuliers, installer de plus grandes terrasses, passer les commandes de nourriture pour regarnir les réfrigérateurs et préparer le personnel à la nouvelle réalité imposée par le coronavirus.

«On est loin de la coupe aux lèvres», estime Yves Beaudoin.

Tous les restaurateurs assurent pouvoir composer avec les mesures sanitaires demandées par Québec, telles que le port du masque et de la visière, ainsi que le respect de la distanciation physique, à l’exception des cuisines où l’espace peut être restreint, comme le prévoit le protocole de la CNESST.

Des défis toujours importants

Les derniers mois ont été très difficiles pour les restaurateurs. Devant une baisse des revenus allant d’importante à total, ils ont dû pour la plupart continuer d’assumer les frais fixes liés à l’exploitation de leur commerce. Le copropriétaire du restaurant Le Brasier 1908 affirme qu’il s’agit de «l’élément le plus préoccupant par les restaurateurs».

«Ce qui a été offert aux restaurateurs depuis le début de la crise c’est de s’endetter», dénonce Yves Beaudoin. «On a quand même eu à combler trois mois de loyer. Même si c’est à 25 %, quand tu as zéro de revenu, c’est un poids. Tu pars avec deux prises. On va voir avec la réponse des gens si on peut faire face à nos frais fixes.»

La propriétaire du Biztro de La Tuque vit comme la très grande majorité des établissements des moments plus difficiles après trois mois d’inactivité. «C’est beau les vacances, mais il faut que ça reparte. Le portefeuille est vide, alors il faut le renflouer», témoigne-t-elle.

Ouverture repoussée

Certains restaurateurs vont malgré tout décider de demeurer fermés. C’est notamment le cas du Sacristain de Trois-Rivières. Le propriétaire des lieux a expliqué les raisons qui motivent sa décision sur la page Facebook du commerce.

«Notre personnel ne subira pas d’inconvénients à ce que nous n’ouvrions pas avant septembre. Avec les mesures de distanciation sociale, nous aurions perdu plus d’argent qu’en restant fermés. Et notre situation personnelle fait que le risque n’en vaut pas la chandelle. La décision était à 50-50 et nous nous sommes rappelé qu’en réalité, COVID est encore là. Nous ne voulons pas ajouter ce risque de contagion», explique la direction du restaurant.