Certains bars, comme le Coconut Bar, ont pu reprendre du service dès jeudi soir, jour où la permission d’ouvrir a été donnée par la Santé publique. Sur la photo: Maryline Paquette, Mélanie Boisvert et Vicky Carle.
Certains bars, comme le Coconut Bar, ont pu reprendre du service dès jeudi soir, jour où la permission d’ouvrir a été donnée par la Santé publique. Sur la photo: Maryline Paquette, Mélanie Boisvert et Vicky Carle.

Réouverture des bars: bonne nouvelle pour tous... ou presque!

TROIS-RIVIÈRES — Pour la vaste majorité des tenanciers trifluviens, la réouverture des bars a provoqué un grand soupir de soulagement. Tandis que certains, qui servent également de la nourriture, pourront étendre leurs heures d’ouverture, d’autres pourront finalement ouvrir leurs portes après plusieurs mois d’attente.

Pour la copropriétaire du Coconut Bar de Trois-Rivières, Valérie Boisvert, cette annonce était plus que la bienvenue. Celle-ci avait même tout mis en oeuvre afin d’être en mesure d’ouvrir aussitôt la permission accordée par la Direction nationale de santé publique.

«Bien sûr, ça représente une excellente nouvelle. Comme on s’attendait à ce que ça tombe vendredi ou lundi, on a été un peu pris au dépourvu, surtout en ce qui concerne le personnel, mais on était prêts. On l’a appris en même temps que tout le monde et on ne peut que se réjouir», a-t-elle fait savoir.

À l’intérieur de ce «Coconut réinventé», de nombreuses modifications ont été apportées en fonction des mesures sanitaires imposées par la Direction nationale de santé publique. Ainsi, la terrasse a été agrandie pour permettre aux gens de respecter la distanciation sociale, les menus se trouvent maintenant sur les murs et en ligne afin d’éviter les contacts indirects entre les clients et une borne de désinfection des mains a été placée à l’entrée du lieu.

Il demeure toutefois à noter que les machines de loterie vidéo sont inaccessibles pour le moment. Le bar n’ayant pas le contrôle sur ces appareils, il est impossible pour l’instant de fixer le moment où elles seront remises en marche. «Ça pourrait être demain ou dans un mois», a lancé la propriétaire du Coconut Bar.

Même son de cloche à l’Embuscade

Dans le camp du propriétaire de l’Embuscade, Luc Bouthiller, l’annonce du directeur national de santé publique, Horacio Arruda, a également été reçue dans la joie. Seule ombre au tableau, l’administration de l’établissement avait choisi de retourner ses produits alcoolisés aux fournisseurs de façon à offrir un produit frais à sa clientèle lors de la réouverture. Il faudra donc attendre d’en avoir un peu plus en stock avant de confirmer la reprise des activités, qui devrait avoir lieu ce vendredi.

Sans grande surprise, l’Embuscade se dotera aussi d’installations sanitaires et apportera quelques changements dans le dessein de respecter en tout temps les recommandations gouvernementales.

«Nous apporterons deux modifications principales. En premier lieu, nos tables seront plus espacées l’une de l’autre pour que les gens puissent sociabiliser, mais à une certaine distance. Puis, temporairement, nous raccourcirons nos heures d’ouverture. Si on veut éviter qu’il y ait un nouvel élan de propagation, il faut faire très attention», a-t-il mentionné avant de souligner qu’il anticipait pour sa part une permission de rouvrir aux alentours du 6 juillet.

Le Jack Saloon en désaccord

Pour le gérant du Jack Saloon, Renaud Boulais, cette annonce, bien que positive pour les recettes de l’établissement, n’aidera en rien le portrait de la pandémie à l’échelle provinciale. Pour lui, il sera trop difficile, voire même impossible de contrôler les gens à l’intérieur.

«On le sait, l’alcool est une substance favorisant les rapprochements. Ces derniers ne sont pas encore recommandés par la Santé publique. Je trouve donc cette décision un peu contradictoire, voire erronée de la part du gouvernement. Déjà, en ouvrant à des heures moins tardives, en tant que restaurant, nous avons remarqué que plus les soirées avancent, plus il est difficile de garder la situation sous contrôle. Pour toutes ces raisons, nous ne croyons pas nous lancer là-dedans tout de suite», a-t-il raconté.

Malgré sa décision de ne pas reprendre sa vocation de bar «tant que les mesures ne sont pas moins restreignantes», le gérant du Jack Saloon ne ferme cependant pas la porte à un prolongement des heures d’ouverture de l’établissement.

Les resto-bars ouverts plus longtemps

Certains bars trifluviens, comme le Trèfle et le Shaker, avaient déjà reçu la permission d’ouvrir dans les dernières semaines grâce à leur volet restauration. Ces endroits ont donc la tâche un peu plus facile en ce qui a trait à l’aménagement des particularités sanitaires et n’auront qu’à élargir leurs heures d’ouverture.

«Tout est déjà fait chez nous. Les clients profitaient déjà de notre service de restauration depuis le 15 juin. C’est sûr que la permission d’ouvrir pour les bars sera tout de même positive, puisque ça nous permettra de poursuivre nos soirées beaucoup plus tard. On pourra donc retrouver notre clientèle d’avant», a signifié la directrice générale du Shaker, Sharelle Bergeron.

Par ailleurs, ces établissements n’étant pas considérés comme des discothèques, ils ne possèdent pas de pistes de danse. Il devient donc beaucoup plus facile pour les propriétaires de préparer leur commerce à un accueil de la clientèle en toute sécurité.

«Évidemment, on peut danser chez nous, près des tables, mais la plupart des gens viennent plus pour s’asseoir ensemble, boire et parler. On n’a donc pas eu beaucoup de modifications à apporter, à l’exception de la reconfiguration de nos tables dans le but de respecter la distanciation sociale», a lancé le gérant du Trèfle, Lenny Houle.