Krystelle Levasseur, propriétaire de la Perle rare.
Krystelle Levasseur, propriétaire de la Perle rare.

Réouverture de commerces: «Un gros tourbillon et beaucoup de changements»

Trois-Rivières — Si la réouverture de différents secteurs économiques pour le mois de mai est bien accueillie par les différents acteurs concernés en région, elle n’est pas sans bousculer le plan de match des gens d’affaires.

Ainsi, dans le commerce de détail, la propriétaire de La Perle Rare, Krystelle Levasseur, vit des sentiments contradictoires alors qu’elle peut rouvrir sa bijouterie de la rue Bellefeuille, mais non celle située aux Galeries du Cap, en vertu des règles établies par le gouvernement.

«C’est un gros tourbillon et beaucoup de changements. Il faut trouver un moyen pour transférer les réparations qui sont faites au Cap. Et ce n’est pas tout le monde qui veut revenir travailler et s’adapter dans l’autre commerce», raconte la commerçante.

Avec la fermeture de ses deux points de vente depuis le 17 mars dernier, elle aura subi des pertes de revenus difficiles à récupérer alors qu’une vente anniversaire était prévue le mois dernier.

«Et on est supposé être dans nos grosses semaines présentement avec la fête des Mères qui s’en vient», souligne-t-elle.

Ce qui ne l’empêche pas d’être contente de pouvoir reprendre une partie de ses activités. «Il y a des endroits où ce n’est pas des biens essentiels, qui sont déjà ouverts et qui n’ont pas tant de contrôle. Je ne voyais pas pourquoi nous, on devait être restreint quand on pouvait justement contrôler vraiment comme il faut les entrées dans notre commerce, nos employés et les clients», plaide Mme Levasseur.

Du côté de la Chambre de commerce et d’industries de Trois-Rivières, on salue ce plan de relance économique qui était attendu non seulement par plusieurs membres, mais également par l’ensemble de la communauté d’affaires.

«À la lumière de nos échanges avec les entreprises, je sens que ces dernières sont prêtes à repartir les activités. J’invite les entrepreneurs à faire preuve de prudence et à continuer d’innover dans l’implantation des mesures sanitaires», a déclaré la présidente Johanne Hinse.

Et du même souffle, elle invite les organisations qui le peuvent à poursuivre le télétravail. «Continuons d’investir dans les entreprises de chez nous, c’est indéniablement la clé de cette relance économique. Et si nous respectons les phases du plan, les autres secteurs pourront ouvrir prochainement. Je pense notamment à nos restaurateurs, coiffeurs et entreprises de service qui font preuve de courage et de résilience», a-t-elle indiqué.

La présidente de la Chambre de commerce et d'industries de Trois-Rivières, Johanne Hinse.

Appelé justement à commenter le plan de réouverture du gouvernement, le copropriétaire du Resto-Bar Le Brasier 1908, Yves Beaudoin, avoue que «c’est tout à fait conforme aux attentes qu’on avait au niveau de la restauration».

«Il faut comprendre que les restaurants ont été les premiers touchés de plein fouet par la crise, et ça va être vers les derniers à pouvoir reprendre complètement les activités», explique-t-il.

Par contre, celui-ci voit dans l’amorce d’un déconfinement une «très bonne nouvelle» et une opportunité d’affaires en attendant l’ouverture de la salle à manger.

«C’est confirmé, à la mi-mai, Le Brasier sera en mode livraison et plats en emporter avec une approche intégrée et un modèle d’affaires qui va être adapté à la réalité et aux besoins des gens», annonce celui qui s’apprête donc à repartir ses cuisines et à rappeler du personnel.

Pour sa part, le directeur général de l’APCHQ Mauricie-Lanaudière, Maxime Rodrigue, se réjouit que l’industrie de la construction reparte à plein régime.

«Ça va faire du bien aussi à certains clients qui vivent en camping dans leur maison depuis le mois de mars. Ces gens-là sont confinés dans une maison qui n’est pas finie, c’est d’autant plus difficile pour leur moral. C’est une bonne chose que les chantiers repartent. Nos membres sont certainement bien heureux de ce retour-là», soutient-il.

Même enthousiasme du côté du président des Manufacturiers de la Mauricie et du Centre-du-Québec, Cyrille Morvan.

«Je suis content que ça bouge au niveau manufacturier, que ça démarre. On en avait besoin. C’est beau les allègements et les programmes, mais il faut que ça bouge dans la shop», lance celui qui se dit conscient qu’un changement de mentalité sera nécessaire chez les travailleurs.

Finalement, le président-directeur général de FAB 3R, Yves Lacroix, dit surveiller la réaction de sa clientèle. Après avoir fait partie d’une première vague de fermeture, son usine fut considérée dès le lendemain comme faisant partie des services essentiels.

«Ce qui va être long, c’est tout le cycle client-fournisseur, etc. On est peut-être à 30 %, 35 % de notre capacité habituelle. On est environ une quarantaine de travailleurs sur les 150. J’ai déjà averti nos employés qu’on procéderait par rappel. Le nerf de la guerre, c’est les clients et eux aussi ont été fermés de leur côté. Je pense qu’il va avoir une période de transition», conclut-il.