La fin chaotique de la dernière année scolaire au secondaire entraînera également une problématique relativement au niveau de préparation des élèves qui feront leurs premiers pas au collégial dans quelques jours.
La fin chaotique de la dernière année scolaire au secondaire entraînera également une problématique relativement au niveau de préparation des élèves qui feront leurs premiers pas au collégial dans quelques jours.

Rentrée au collégial: les enseignants inquiets

Mathieu Lamothe
Mathieu Lamothe
Le Nouvelliste
Shawinigan — À quelques jours de la rentrée, les enseignants œuvrant au niveau collégial mettent les bouchées doubles afin de se préparer à transmettre leur savoir aux étudiants dans le contexte de la COVID-19. Ils aimeraient cependant recevoir des directives claires du ministère de l’Enseignement supérieur afin de les aider dans l’accomplissement de cette tâche complexe, et surtout, nouvelle.

«Nous n’avons pas beaucoup d’enlignement de la part de notre ministre, Danielle McCann. Elle est sortie aujourd’hui [vendredi] pour les étudiants et c’est très bien, car ils ont besoin de soutien et on en est conscient. Mais pour l’enseignement et comment ça marche, c’est un peu plus compliqué. Nous avons les consignes de santé publique, mais comment on les applique», s’interroge le président du Syndicat des enseignants et des enseignantes du Cégep de Shawinigan, Vincent Roy.

Sans balises claires provenant du ministère, les enseignants et les directions des établissements n’ont eu d’autre choix que d’élaborer des stratégies localement afin d’adapter les façons de faire à la réalité actuelle.

«Nous avons fait ce que nous pouvions pour nous former et pour essayer de mélanger enseignement à distance et en présence le plus possible. Mais ce n’est pas évident de passer de l’un à l’autre. Les étudiants ont des craintes et nous en avons nous aussi», poursuit M. Roy.

La fin chaotique de la dernière année scolaire au secondaire entraînera également une problématique relativement au niveau de préparation des élèves qui feront leurs premiers pas au collégial dans quelques jours.

«Il y en a sûrement plusieurs qui ont fait tout ce qu’ils avaient à faire pour compléter leur secondaire. Mais il doit y en avoir d’autres qui n’en ont fait que la moitié et d’autres qui n’ont rien fait du tout. Ils arriveront donc inégaux les uns par rapport aux autres. On anticipe donc de voir quels genres d’étudiants on va avoir. Sans orientations précises, on va avoir de la difficulté à se gouverner dans tout ça», déplore le dirigeant syndical.

Son homologue du Syndicat des enseignants du Cégep de Trois-Rivières, Jean Fournier, partage les mêmes craintes et appréhensions. Il va même jusqu’à qualifier d’invraisemblable la situation dans laquelle ses membres se trouvent actuellement. Même s’il se dit conscient que ses membres tenaient à enseigner le plus possible de manière traditionnelle, il apprécierait plus de soutien provenant du ministère ainsi que des ressources additionnelles.

«Gérer le ‘‘présentiel’’, ce n’est pas simple. Avec les contraintes justes et légitimes de la Santé publique, c’est un défi pour lequel on s’arrache les cheveux de la tête. […] On peut bien innover et avoir toutes sortes de gadgets informatiques, mais quand vient le temps d’interagir, d’aller chercher une rétroaction, de compléter une boucle d’apprentissage, on se retrouve dans un cul-de-sac», laisse-t-il tomber.