C’est déjà l’heure de la rentrée scolaire cette semaine dans la région.

Rentrée 2019-2020: le milieu scolaire se retrousse les manches

TROIS-RIVIÈRES — La réussite scolaire, les effets de l’indice de défavorisation, le manque de main-d’œuvre et l’intention du ministre de l’Éducation d’abolir les élections scolaires sont au cœur des préoccupations de la rentrée 2019 dans la région. Malgré tout, le milieu scolaire se retrousse les manches pour relever les grands défis qui se dressent plus que jamais devant lui en ce début d’année où la cloche sonne pour 35 357 élèves dans la région.

La pauvreté, d’une part, gagne du terrain et divers organismes d’entraide qui donnent un coup de pouce aux familles les plus défavorisées, en distribuant les fournitures scolaires exigées par les écoles, aimeraient bien que cette fameuse liste d’achats tant redoutée et si coûteuse soit assouplie.

«Depuis le recours collectif intenté contre 68 des 72 commissions scolaires du Québec et le règlement qui s’est fait en 2018-2019, c’est clair que lorsqu’on parle de la liste chargée aux parents, il y a une sensibilisation particulière», assure Luc Galavani, directeur général de la Commission scolaire du Chemin-du-Roy.

«Les listes ont été revues pour s’assurer qu’on respecte la loi et des recommandations sont faites. C’est pris au sérieux», dit-il.

À la Commission scolaire de l’Énergie, la préoccupation demeure «majeure» puisque 75 % des écoles sont en milieu défavorisé, indique le directeur général, Denis Lemaire. Néanmoins ce dernier affirme que le coût des fournitures demandées à chaque niveau scolaire est dur à battre par rapport aux autres endroits.

Dans certaines écoles, comme à l’école secondaire Le Tremplin, on fait même de la récupération de fournitures scolaires afin de donner aux familles à faible revenu, un geste bon pour le portefeuille et pour l’environnement.

De grands défis sont à prévoir, cette année, pour les commissions scolaires, dont la rareté de la main-d’oeuvre.

Malgré ces difficultés, le milieu scolaire poursuit son développement. Cette année, le nombre de classes de maternelle 4 ans à temps plein, déjà au nombre de 8 à Chemin-du-Roy, passera à 21 avec une moyenne de 13 élèves par classe. Du côté de la Commission scolaire de l’Énergie, on passe de 5 à 13.

Du côté de la Commission scolaire de la Riveraine, la gestion des demandes d’ajouts d’espace, notamment pour les classes de maternelle 4 ans et la construction de deux nouvelles écoles à Saint-Célestin et Saint-Sylvère, sont au cœur des projets. L’école Marquis de Saint-Célestin sera inaugurée pour l’année 2021. Celle de Saint-Sylvère est prévue d’ici 2 ans.

Les ressources humaines demeurent une grande préoccupation en cette rentrée 2019-2020, indiquent les commissions scolaires de la région. On a réussi à combler la plupart des postes à de l’Énergie, mais à quelques jours de la rentrée, à Chemin-du-Roy, on cherchait toujours une centaine de personnes pour les services de garde. À la Commission scolaire de la Riveraine, comme ailleurs, le manque se situe principalement au niveau des services de garde.

Une journée carrière a été tenue à Chemin-du-Roy afin de combler les postes vacants dans les divers secteurs, dont psychoéducation et orthopédagogie. «Les listes de rappel sont à sec», signale le président de la Commission scolaire, Claude Lessard. Même phénomène du côté de l’Énergie où elles sont très peu garnies. C’est la première année que ce phénomène «est palpable», précise M. Galvani. «Le risque que l’on a, c’est d’aller au-delà des conditions de travail qu’on a», craint-il. Chemin-du-Roy songe même à faire appel aux retraités un tant soit peu pour combler le personnel manquant. La situation n’ira pas en s’améliorant, prévoit Claude Lessard. D’ailleurs, environ 80 % des ouvriers de la Commission scolaire du Chemin-du-Roy prendront leur retraite dans moins de 5 ans.

En termes immobiliers, Chemin-du-Roy s’apprête à inaugurer l’agrandissement de l’école Marie-Leneuf. Rappelons que ces travaux ont coûté 17 millions $. Le conseil des commissaires réitérera sa demande au ministère pour l’agrandissement de l’école primaire La Source, à Saint-Maurice. La Commission scolaire dispose de 16 M$ pour son parc d’écoles, cette année, soit 9 millions $ de plus que les autres années.

À la Commission scolaire de l’Énergie, il a fallu réparer les dégâts occasionnés aux structures par le rigoureux hiver dernier. Pas moins de 1,8 M$ ont dû être investis dans 12 écoles cet été. Plusieurs projets ont dû, en conséquence, être repoussés d’un an.

Le président de la Commission scolaire du Chemin-du-Roy, Claude Lessard, se montre d’autre part très inquiet du fait que le ministre de l’Éducation veuille déposer un projet de loi sur la gouvernance scolaire. «Je suis persuadé que ça aura un effet négatif sur la diplomation», s’inquiète-t-il. «Le ministre veut envoyer beaucoup plus de responsabilités directement aux établissements. Ce qu’on va transférer, ce sont des tâches administratives. Or, les directions d’établissements disent qu’elles en ont déjà trop. Plus elles en auront, moins elles auront le temps d’accompagner les enseignants et les professionnels», prévoit-il.

Le président de la Commission scolaire de l’Énergie, Jean-Yves Laforest, est lui aussi inquiet. Il comprend difficilement pourquoi il faudrait brasser ainsi les structures alors que des gros projets sont en cours, comme les maternelles 4 ans. Si les futurs administrateurs des commissions scolaires sont nommés et non élus, «ne seront-ils pas beaucoup trop redevables au ministre?», se questionne-t-il, et surtout, «connaîtront-ils les réalités locales et régionales?»