L’avenir de l’église Saint-Jean-de-Brébeuf a fait couler beaucoup d’encre au cours des dernières semaines. C’est la situation de l’ensemble des églises du diocèse de Trois-Rivières qui fera l’objet d’une réflexion, samedi, dans le cadre du premier Rendez-vous régional sur l’avenir des églises de la Mauricie.
L’avenir de l’église Saint-Jean-de-Brébeuf a fait couler beaucoup d’encre au cours des dernières semaines. C’est la situation de l’ensemble des églises du diocèse de Trois-Rivières qui fera l’objet d’une réflexion, samedi, dans le cadre du premier Rendez-vous régional sur l’avenir des églises de la Mauricie.

Rendez-vous régional sur l’avenir des églises de la Mauricie: «il est minuit moins une»

Marie-Eve Lafontaine
Marie-Eve Lafontaine
Le Nouvelliste
Trois-Rivières — Quel est l’avenir de nos églises? C’est une question lourde de sens et hautement sensible sur laquelle se penche le Comité sur l’avenir des églises de la Mauricie. Afin de présenter un état de la situation et des pistes de solution, le Comité tient le premier Rendez-vous régional sur l’avenir des églises de la Mauricie, samedi, de 10 h à 15 h, à l’église Jean-XXIII, à Trois-Rivières.

«Ce qu’on veut, c’est entreprendre tout le processus de conscientisation et de décisions qui doivent être prises par chacun des propriétaires d’église [les fabriques]. Est-ce que le propriétaire actuel a les moyens et les bénévoles nécessaires pour conserver son église? Si ce n’est pas le cas, il faut qu’il puisse entreprendre un processus de cession assez rapidement, et ne pas attendre que l’église soit fermée parce qu’on n’a plus d’argent pour le chauffage, par exemple. Il ne faut pas attendre que l’église soit fermée et que le patrimoine se dégrade parce qu’il peut y avoir d’autres propriétaires, d’autres utilisations, d’autres projets qui pourraient se réaliser et permettre de conserver la bâtisse», explique René Beaudoin, responsable de ce comité qui compte 15 membres.

Les responsables paroissiaux ont été invités à répondre à un questionnaire, plus tôt cette année, ce qui a permis au Comité de connaître la situation des églises de la région. Les résultats seront dévoilés, samedi.

«On va d’abord présenter le portrait, ce qui va permettre aux gens de constater que c’est vrai qu’il est minuit moins une dans bon nombre de lieux», note M. Beaudoin. En effet, selon lui, bien des églises sont à la croisée des chemins. «Si on fait un résumé de tout ça, on s’aperçoit que la situation est très précaire. Certaines églises ont une perspective de trois à cinq ans en termes de revenus ou de bénévoles, par exemple. C’est pourquoi il faut commencer dès maintenant à réfléchir à ce qu’il faut faire après.»

Mais il n’est pas du tout dans la mission du comité de statuer sur l’avenir des églises. «Ce n’est pas le mandat du comité d’identifier quelles églises vont fermer et quelles églises vont rester ouvertes. Ça revient à chacun des propriétaires. Mais il n’y a pas grand monde de 20 ans qui font la file pour entrer alors il faut être réaliste.»

René Beaudoin est responsable du Comité sur l’avenir des églises de la Mauricie.

Intitulé «Églises à vendre», ce colloque sera aussi l’occasion de faire le point sur la propriété et la gouvernance des églises et de déboulonner des mythes qui y sont rattachés, précise l’historien. Selon ce dernier, des sceptiques ont de la difficulté à croire à la précarité de certaines églises. Des sceptiques se trouvent chez les catholiques mais aussi chez les non-catholiques. «Il y a des messieurs et des madames Tout-le-Monde qui n’ont jamais mis les pieds dans une église, mais qui voudrait qu’elle soit conservée, et qui pensent que l’argent descend du ciel, mais il y a des factures qui sont à payer, et il y a de moins en moins de gens qui donnent l’argent nécessaire pour les payer ces factures.»

En après-midi, les participants seront invités à partager leur vision d’avenir des églises. Il y aura une table ronde au cours de laquelle trois intervenants présenteront leurs réalisations tout en proposant des conseils. Selon M. Beaudoin, les participants seront invités à évaluer les besoins de leurs milieux respectifs et à faire place aux rêves. Le tout avec lucidité, souligne-t-il. «Si j’ai un rêve, il faut que je sois réaliste et que je présente un plan d’affaires. Un plan qui démontre qu’il y a une viabilité et que cette viabilité ne va pas durer seulement deux ou trois ans. Il y a de beaux exemples ailleurs au Québec où des projets se sont réalisés et qui permettent justement d’assurer la sauvegarde de ce patrimoine religieux.»

Ce rendez-vous est l’occasion d’une prise de conscience de la situation et permettra d’évaluer la suite des choses avec la collaboration de tous les partenaires du milieu comme les municipalités et les organismes. «Il n’existe pas de solution miracle, parce que s’il en existait une, le problème serait réglé dans l’ensemble du Québec. Il faut regarder vraiment quels sont les besoins de notre milieu, et s’il y a de la place pour notre projet», explique M. Beaudoin. «C’est un chantier qu’il faut faire de façon positive en cherchant une solution», ajoute-t-il.

D’autres rendez-vous du genre se tiendront à des dates qui n’ont pas encore été déterminées. Celui de samedi est ouvert à tous, mais particulièrement aux responsables des paroisses, des municipalités et des organismes ainsi qu’aux entrepreneurs. «Ce sont ceux qui ont des décisions à prendre aujourd’hui qui doivent être présents», mentionne M. Beaudoin.

Soixante-dix-huit églises se trouvent dans le diocèse de Trois-Rivières, qui couvre tout le territoire de la Mauricie, dont 20 dans la capitale régionale. Quelque 75 personnes sont inscrites jusqu’à maintenant.

Toutes les informations sur cet événement sont disponibles sur le site https://sites.google.com/view/eglisesdelamauricie et sur Facebook à l’adresse https://www.facebook.com/events/771259083301457/.