La rencontre a eu lieu en milieu de semaine.

Rencontre «positive» entre le gouvernement et les Atikamekws

Les élus atikamekws ont rencontré le premier ministre Philippe Couillard et plusieurs ministres en milieu de semaine. Ils ont fait le tour des grands dossiers de la nation et de chacune des communautés. La coupe forestière qui soulève la colère à Opitciwan a aussi été abordée lors de ces discussions.
Il a été question, entre autres, de l'entente bilatérale dont les négociations vont reprendre entre le gouvernement et les Atikamekws.
«Il y a une ouverture du gouvernement par rapport à ça, mais il va falloir approfondir nos discussions [...] On leur a proposé d'appeler ça des mesures immédiates parce que c'est ça en réalité. Les gens attendent après ça dans les communautés. Il y avait des pour, des contre et des irritants dans la dernière entente. Le premier ministre est ouvert à modifier l'entente et même à bonifier les offres qui seront raisonnables. C'était une bonne rencontre. Ils ont été généreux de leur temps», a commenté le grand chef de la nation atikamekw, Constant Awashish.
Le dossier de la minicentrale Manouane Sipi était également au programme de la rencontre. Le projet de la Haute-Mauricie est le seul des six projets de minicentrales autorisés par le gouvernement à ne pas être en chantier. 
«Le gouvernement est prêt à aider Wemotaci en cautionnant leur prêt s'ils en ont besoin. Le premier ministre souhaite que ce projet aille de l'avant parce qu'il va permettre de l'autonomie financière autant pour la communauté que la Ville de La Tuque. Il les a encouragés à continuer», a lancé la ministre du Tourisme responsable de la Mauricie et députée de Laviolette, Julie Boulet.
D'autres dossiers ont été abordés, notamment, les chemins d'accès aux communautés, le développement économique, la relation avec Hydro-Québec, l'approvisionnement en bois, le projet de la centrale de cogénération à Opitciwan, le dossier des ambulances de Manawan...
«Il y a des sujets pour lesquels il n'avait pas de retour, on a pris des notes. [...] Ils ont fait le bilan de leur problématique et de l'ensemble de leurs conditions. C'était l'ensemble de l'oeuvre. C'était positif, constructif et cordial», a insisté Julie Boulet.
Coupe forestière qui dérange
Évidemment, la situation de la coupe forestière dénoncée récemment par le Conseil des Atikamekws d'Opitciwan s'est invitée à l'ordre du jour, même si elle n'était pas le sujet principal.
«Le problème c'est que Rémabec a reçu toutes les autorisations. On a l'obligation avant de donner les autorisations de consulter les autochtones. Les consultations ont été faites par écrit, par téléphone. Le ministère avait contacté les Atikamekws, mais il n'y a pas eu de retour. Donc, ils ne se sont pas opposés. Rémabec a donc eu l'autorisation en bonne et due forme», a lancé Julie Boulet.
«Rémabec est bon joueur là-dedans, ils comprennent qu'il y a une problématique avec une famille, ils sont en discussions avec eux pour des mesures d'atténuation notamment au niveau de la route», a-t-elle ajouté.
Le chef d'Opitciwan assure pour sa part que sa communauté n'a pas été consultée. Il persiste et signe, Rémabec doit arrêter les travaux.
«La rencontre s'est faite dans le respect. On ne veut pas faire de chicane avec ça. [...] Ce que j'ai constaté du ministre Blanchette (ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs) et du premier ministre, c'est qu'ils ont une version des choses complètement à l'opposé de la nôtre. Ils étaient au courant qu'on avait amorcé des démarches légales alors ça devenait une situation délicate. Ils disent qu'ils ont respecté les procédures», a commenté Christian Awashish.
«C'est pour ça qu'on est rendu à faire des démarches juridiques. On n'arrive pas à dialoguer. La compagnie lance la balle au ministère parce qu'ils ont un permis de coupe, et le ministère dit que c'est à Rémabec d'arrêter les travaux. On perd notre temps», a-t-il lancé.
Il a quand même tenu à expliquer que l'enjeu de ces coupes n'est pas de façon globale, mais qu'il s'agissait bien d'un territoire de famille à protéger. Le chef d'Opitciwan affirme que la famille concernée commence réellement à s'impatienter et pense à bloquer l'accès au territoire.
«La famille va sur le terrain tous les jours. Ils veulent aller bloquer. On les retient en raison des démarches juridiques. Il faut avoir une paix sociale. [...] Chaque arbre est une portion de chasse en moins pour eux. C'est urgent à leurs yeux aussi», a conclu Christian Awashish.