L’UQTR se dotera sous peu d’un code de conduite en matière de relations intimes pouvant survenir entre professeur(e)s et étudiant(e)s.

Relations intimes: l’UQTR en consultation interne

TROIS-RIVIÈRES — Alors que l’Université Laval interdisait récemment toute relation intime entre les professeur(e)s et leurs étudiant(e)s, s’il existe un lien d’autorité, l’Université du Québec à Trois-Rivières, elle, est en pleine consultation auprès de la communauté universitaire afin de déterminer quels seront ses codes de conduite et sa politique en la matière.

La loi 151 visant à prévenir et à combattre les violences à caractère sexuel dans les établissements d’enseignement supérieur prévoit en effet que ces derniers doivent adopter une politique répondant aux exigences de la loi d’ici le 1er janvier 2019. Cela comprend un code de conduite en ce qui a trait aux liens intimes, amoureux ou sexuels entre professeur(e)s et étudiant(e)s.

À l’UQTR, la future politique devrait être adoptée dès la fin de l’année 2018, indique le porte-parole de l’UQTR auprès des médias, Jean-François Hinse.

Ce que l’UQTR propose, au cours de cette consultation interne, c’est qu’un professeur qui serait en couple avec un étudiant, «dénonce la situation officiellement afin qu’il puisse être remplacé par un collègue ou qu’il puisse se retirer d’un jury là où il pourrait être en conflit d’intérêts», explique-t-il.

M. Hinse rappelle que depuis longtemps, il existe une politique à l’UQTR «qui visait à enrayer toute forme de harcèlement et d’incivilités à l’Université, mais ça n’encadrait pas la notion de relations entre un professeur et une étudiante et même une relation hiérarchique patron-employé», dit-il.

Dans le cadre de la nouvelle loi, les universités doivent donc se doter de codes de conduite à ce propos. «Chez nous, c’est différent d’un collège parce qu’on n’a que des personnes majeures», dit-il. «L’Université n’interdit pas les rapports (intimes) entre les professeurs et les étudiants, mais les déconseille fortement», explique le porte-parole.

Étant donné qu’on ne peut pas empêcher un cœur d’aimer, «on demande que ce soit déclaré pour qu’il puisse y avoir des mesures», dit-il.

Afin d’illustrer ce qu’on entend par «mesure», M. Hinse indique, par exemple, qu’un professeur ne pourrait pas superviser son étudiante au niveau de son travail de maîtrise ou de doctorat.

«Au baccalauréat, c’est la même chose. Les corrections pourraient se faire par un autre professeur», précise-t-il.

«Donc, on demande aux gens de déclarer leur situation pour qu’on puisse trouver une façon d’éviter les conflits d’intérêts», résume-t-il.

Dans une résolution du 1er mars 2018, le Syndicat des professeur(e) s de l’UQTR se dit d’accord à l’effet que s’il existe des liens intimes entre un professeur et son étudiant, «il ou elle doit s’abstenir ou se retirer de toute relation pédagogique et administrative le ou la concernant.»

Le Syndicat estime toutefois que «les gestionnaires universitaires doivent protéger la confidentialité des informations relatives aux professeurs et professeures et aux étudiants et étudiantes concernés afin de ne pas leur causer de préjudice ou d’atteinte à leur réputation.»

La question des conséquences pour un professeur et un étudiant qui ne dévoileraient pas leurs liens intimes, amoureux ou sexuels, alors qu’ils se côtoient à des fins pédagogiques ou administratives, est plus délicate. Le sujet, indique M. Hinse, «va peut-être se présenter durant les consultations» et sera élaboré lors de l’adoption du code de conduite, prévoit-il.

L’UQTR devra toutefois se conformer à la loi comme tous les autres établissements du Québec. Or, le Guide d’accompagnement destiné aux établissements d’enseignement supérieur du ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur rappelle qu’il «revient à l’établissement de déterminer quels sont les cas de figure susceptibles de se présenter dans son établissement et comment il entend intervenir si un tel cas se présente. Il lui appartient également de déterminer jusqu’où il considère important d’aller dans cet encadrement. Il appartient également à l’établissement de prévoir comment il fait respecter son code de conduite et quelles sont les sanctions en cas de manquements.»

La loi prévoit que tous les groupes qui forment la communauté de l’établissement doivent être consultés.