Le maire de La Tuque, Pierre-David Tremblay, estime que les communications sont inexistantes avec la députée.
Le maire de La Tuque, Pierre-David Tremblay, estime que les communications sont inexistantes avec la députée.

Relations difficiles entre le maire de La Tuque et la députée Marie-Louise Tardif

LA TUQUE — «On ne se comprend pas». Le maire de La Tuque, Pierre-David Tremblay, affirme que les communications sont «à peu près inexistantes» avec la députée de Laviolette–Saint-Maurice, Marie-Louise Tardif.

«La situation n’est pas ce qu’il serait souhaité. Il va falloir qu’elle améliore ses communications avec La Tuque. On ne sait plus comment travailler avec elle», lance le maire, Pierre-David Tremblay.

«Les communications sont inexistantes et elles devront s’améliorer. C’est pour ça qu’on fait appel au ministre de la région et c’est pour ça qu’on veut qu’il passe un peu plus de temps dans nos dossiers», ajoute-t-il.

Le maire Tremblay assure qu’il n’est pas fermé et que le processus n’est pas irréversible, mais il indique également que s’il n’y a pas d’améliorations, il demandera à travailler uniquement avec le ministre de la région, Jean Boulet.

Le Nouvelliste a appris que les relations seraient tendues depuis un moment entre le maire et la députée. Toutefois, ce serait lors de la rencontre du 23 juin, que des sources ont qualifiée de houleuse et irrespectueuse, que l’écart se serait creusé davantage entre les deux élus. La réunion était au sujet de la couverture ambulancière sur le territoire.

D’ailleurs, le maire de La Tuque ne s’est pas gêné de dire qu’il en voulait à la députée et qu’il était déçu de son travail dans ce dossier-là.

«Elle a affirmé dans une entrevue que le travail avait été réalisé ensemble, la réponse c’est non. Elle a travaillé en silo, on a dû travailler en silo. Il y a très peu de communication. Pour moi, elle a perdu énormément en crédibilité. On se serait attendu à un peu plus d’empathie ou de compréhension de la part de la députée dans ce dossier-là», soutient le maire Tremblay.

Ce dernier avoue par ailleurs que le ton a levé de part et d’autre, mais que «c’est normal dans une rencontre».

«C’était aussi respectueux de part et d’autre. Tout le monde a voulu chercher une solution, mais il n’y en a pas», note-t-il.

Pour Pierre-David Tremblay, le manque de communication se répète dans plusieurs dossiers, les points de contrôle sur la route 155, le manque d’électricité à Parent, le régime forestier, la téléphonie cellulaire…

Il lui reproche également son approche sur les réseaux sociaux.

La députée de Laviolette–Saint-Maurice, Marie-Louise Tardif, assure que les canaux de communications sont ouverts avec La Tuque.

«Sa page Facebook est un problème, elle annonce des choses là-dessus. […] Elle a annoncé que le dossier de la téléphonie cellulaire était réglé, c’est faux. Il manque 755 000$ pour connecter la partie nord de la 155. Ce n’est pas réglé, c’est un combat de tous les jours».

«Il faut travailler davantage ensemble et il ne faut pas juste le dire», martèle-t-il.

Pour sa part, la députée Marie-Louise Tardif assure que les canaux de communications sont ouverts et se questionne sur les agissements et les intentions du maire.

«Je ne comprends pas l’acharnement qu’il a à mon endroit. Pourquoi il s’entête à me dénigrer? Je ne comprends pas c’est quoi son jeu», lance-t-elle en entrevue téléphonique.

Marie-Louise Tardif assure, notamment, qu’elle a porté et défendu vigoureusement le dossier des ambulanciers et qu’elle continuera d’être la voix des gens du Haut Saint-Maurice.

«Je suis là pour travailler avec eux et pour eux. Je continue de travailler différents dossiers avec des gens à la Ville. Mon ouverture est totale et complète. Je travaille sur une liste de dossiers. […] Il faut travailler ensemble», martèle la députée.

Elle insiste également sur le respect qui doit régner lors des discussions.

Pour le maire de La Tuque, il ne s’agit pas d’un conflit de personnalités. La députée quant à elle refuse de le confirmer, mais ne l’infirme pas non plus.

La situation crée par ailleurs des malaises au sein du Conseil municipal. Le conseiller Luc Martel a même tenu à se dissocier des propos du maire concernant le travail de la députée dans le dossier des ambulanciers.

«Premièrement, je suis très content du résultat. Maintenant, la manière qu’il (le maire) véhicule le message dans les médias, je me dissocie complètement de ses propos. Je n’ai aucun problème avec Marie-Louise», assure brièvement Luc Martel.

La conseillère municipale Caroline Bérubé abonde d’ailleurs dans le même sens, elle s’est dite satisfaite de l’issue du dossier, mais se détache des propos du maire à l’endroit de la députée.

«Les propos tenus à l’égard de Mme Tardif par le maire ne me concernent pas du tout. Je ne suis pas d’accord de dire qu’elle a mal fait sa job. Depuis le mois de mars, le dossier est à un cheveu d’aboutir. Mais à cause du COVID, d’autres priorités ont dû être gérées et je le comprends. Le conseil a travaillé sur le dossier et le maire a bien fait son travail de revendications, mais sans le travail de la députée je ne pense pas qu’on y serait arrivé», a indiqué Mme Bérubé.