Une centaine de personnes ont marché de midi à minuit, samedi, au Relais pour la vie de Mékinac. —

Relais pour la vie de Mékinac: près de 55 000 $ pour alimenter l’espoir

HÉROUXVILLE — Une centaine de marcheurs ont bravé le vent et le froid, samedi, lors du Relais pour la vie de Mékinac, à Hérouxville. Ce Relais pour la vie, le seul à avoir lieu en hiver au Canada, a permis de recueillir près de 55 000 $, des fonds qui serviront à financer la recherche sur le cancer et les services offerts par la Société canadienne du cancer aux victimes de cette maladie.

Yves Germain était le porte-parole des porteurs d’espoir, des survivants du cancer et des personnes qui le combattent toujours, de ce 10e Relais pour la vie de Mékinac. Pour ce retraité qui a dû combattre cinq cancers depuis 2008, endosser ce rôle allait de soi.

«C’est sûr, on a une maladie qui est assez difficile, mais il faut aller vers la vie. Si on est porteur d’espoir, ça veut dire qu’on est encore vivant. Ça veut dire qu’il y a encore de l’espoir», explique-t-il. 

Cet espoir, le retraité l’entretient principalement en faisant abstraction le plus possible de la maladie qui l’a frappé à de multiples reprises. 

«Mon moral, c’est ce qui me sauve. Ma stratégie, c’est que j’ignore complètement mes cancers: je ne leur parle pas, je les boude et je me tiens en forme le plus possible, autant physiquement que mentalement», confie-t-il. 

Au-delà du message envoyé aux malades de ne pas baisser les bras, M. Germain voulait contribuer à recueillir des fonds pour la recherche. Il croit être bien placé pour montrer au public à quel point les avancées en médecines financées notamment par la Société canadienne du cancer (SCC) peuvent changer une vie. 

«Je n’ai pas de souffrances et je suis chanceux, privilégié, parce qu’à chaque fois qu’un cancer s’annonçait, il y avait toujours un nouveau produit ou une nouvelle expérience qui faisait partie des protocoles de recherche et ça m’a aidé énormément. Avec tous ces cancers, je n’ai jamais eu ni de radiothérapie ni de chimiothérapie, et je n’ai pas de mal. Je vais très bien», souligne-t-il. 

«Il faut travailler pour ramasser des sous pour la recherche. Moi, ça m’a sauvé depuis 2008. Ça fait 12 ans et je suis encore là», ajoute-t-il.

Des luminaires sur lesquels des messages ont été écrits par des participants et des spectateurs ont été disposés le long du sentier.

Une lueur d’espoir dans la nuit

Le Relais pour la vie de Mékinac se déroulait de midi à minuit. Dix équipes composées d’une douzaine de personnes chacune ont marché le long du sentier en boucle. Les participants se relayaient pour se reposer, mais aussi pour se réchauffer dans les chalets du camp Val Notre-Dame où avait lieu cette 10e édition. Comme à l’habitude, des luminaires ont été placés le long du sentier, sur lesquels des participants et des spectateurs ont adressé des messages d’espoir à des proches atteints du cancer et des mots à la mémoire de ceux emportés par la maladie. 

En soirée, les luminaires ont été allumés, représentant une lueur d’espoir dans le noir. 

«Il y a beaucoup de gens qui sont venus marcher (samedi) matin et qui combattent encore, qui attendent le remède qui va leur permettre de guérir complètement. C’est pour ça qu’on continue de marcher. Malheureusement, les luminaires nous rappellent que certains ont perdu leur combat. C’est aussi pour eux qu’on marche et qu’on contribue à diminuer le taux de mortalité du cancer», explique Rachel Paulhus, coprésidente de la 10e édition. 

Pour cette 10e édition, le comité organisateur du Relais souhaitait recueillir 55 000 $, soit 3000 $ de plus que l’an dernier. Cet objectif a presque été atteint, avec 54 528 $ amassés. 

«On est allés raisonnablement, mais ça a vraiment bien été, les gens de Mékinac sont super généreux. Il y a eu plusieurs campagnes de financement dans les derniers mois et tout le monde a été super généreux», se réjouit Mme Paulhus. 

Cette dernière est également une porteuse d’espoir, comme Yves Germain. Elle a reçu un diagnostic de cancer du sein en 2017 et espère à présent que les traitements auront permis de déraciner la maladie chez elle. 

«J’ai déjà été porte-parole des porteurs d’espoir, comme M. Germain, pendant mes traitements. Là, ça va vraiment bien, c’est pour ça que cette année, on s’implique un peu plus, tant qu’on peut le faire», raconte-t-elle.