Le maire Yves Lévesque s’est emporté en constatant l’issue du vote.

Rejet du budget: «c’est pathétique!»

Trois-Rivières — Le rejet du budget 2018 ainsi que du Plan triennal d’immobilisations (PTI) aura des conséquences financières importantes, si on en croit le maire Yves Lévesque. Ce dernier n’a pas caché son exaspération, lundi après-midi, devant le rejet des deux résolutions par la majorité du conseil, allant jusqu’à affirmer que ces élus voulaient sa démission et qu’ils avaient aussi été influencés par d’anciens conseillers municipaux.

«C’était écrit dans le ciel en partant. Quand vous avez des anciens conseillers qui appellent des élus autour de la table pour leur dire de voter contre le budget, c’est qu’ils n’ont pas accepté la défaite. C’est le Groupe des sept déguisé. Ce que j’ai su par certaines personnes, c’est qu’ils veulent que je démissionne. Mais ils ne me connaissent pas», a lancé le maire, visiblement en colère, à la sortie de la séance extraordinaire visant l’adoption du budget.

Yves Lévesque estime que le report de l’adoption du budget coûtera un peu plus de 320 000 $ aux contribuables, sans compter les millions de dollars qui pourraient être ajoutés au prix des contrats qui doivent aller en soumission dans le cadre du PTI et qui ne pourront aller en soumission dès le mois de janvier, au moment où les carnets de commandes des entrepreneurs sont vides et où ils pèsent généralement moins fort sur le crayon, soutient-il.

«Avec les demandes que vous faites, pour que ça coûte 320 000 $ de plus aux contribuables, j’ai hâte de voir quels changements vous allez pouvoir apporter pour que ça vaille vraiment la peine. Vous votez contre un PTI de plus de 250 M$ pour une piste cyclable de même pas 3 M$. On est responsable et on agit comme ça? C’est pathétique et les conséquences sont épouvantables», a-t-il lancé en séance publique.

8 janvier

Même si certains conseillers ont tendu la main pour une rencontre de travail dès mardi, dans l’espoir de pouvoir discuter et arriver à un nouveau budget à être adopté avant Noël. Yves Lévesque soutient que ce n’est pas possible, considérant les demandes formulées et le travail que cela demandera aux fonctionnaires.

Au mieux, le conseil sera convoqué de nouveau le 8 janvier, au retour des Fêtes. Par ailleurs, Yves Lévesque affirme fermement qu’il ne compte pas assister à cette rencontre. «Je ne serai pas là. C’est eux qui ont voté contre. Ils vont arriver avec des idées, et je commenterai ce qu’ils veulent faire», a-t-il simplement mentionné, lundi soir.

Démocratie?

Devant la réaction du premier magistrat en séance publique, le conseiller municipal de Marie-de-l’Incarnation Denis Roy n’a pas caché sa déception. «Moi personnellement, je suis déçu et j’espère qu’il a parlé sous le coup de l’émotion. Je n’ai pas envie que ça se passe comme ça pendant quatre ans. Il avait l’occasion de poser un geste, il ne l’a pas fait. Il nous a considérés comme ceux qui ne connaissent rien et qui s’opposent à tout», relate-t-il.

Denis Roy est d’avis que l’opinion de chacun doit pouvoir compter autour de la table. «On est quinze autour de la table, ce n’est pas un qui décide, c’est quinze. C’est sûr qu’on ne sera pas toujours d’accord. Mais si à chaque fois qu’on n’est pas d’accord selon le plan, la vision, ça donne ça, la question est à se poser. Le mot démocratie n’est pas juste un mot. Ça s’exerce», a-t-il conclu.

Toutefois, son collègue de Pointe-du-Lac François Bélisle est d’avis que le vote de lundi après-midi ne signifie pas la naissance d’une opposition en bonne et due forme à l’Hôtel de ville. «Je ne pense pas que c’est une opposition systématique. Il y a des gens qui ont voté pour, qui vont peut-être se prononcer contre d’autres dossiers. Chacun est libre de ses choix. C’est le nouveau conseil, ce sont de nouvelles façons de faire», lance-t-il.