Marie-Louise Tardif, députée de Laviolette - Saint-Maurice
Marie-Louise Tardif, députée de Laviolette - Saint-Maurice

Réhabilitation de terrains contaminés: Michel Angers attend son tour

Guy Veillette
Guy Veillette
Le Nouvelliste
Shawinigan — Le maire de Shawinigan, Michel Angers, se réjouit de voir Trois-Rivières obtenir l’enveloppe annoncée dans le cadre du dernier budget pour la réhabilitation de terrains contaminés, mais ça ne lui donne pas encore un sou pour s’attaquer au même problème dans sa ville.

Mardi, le ministre responsable de la Mauricie, Jean Boulet, a confirmé l’attribution d’une aide financière de 10 millions $ à la capitale régionale pour la valorisation de terrains présentant un fort potentiel de développement économique. La Ville de Trois-Rivières prévoit un investissement de 42 millions de dollars sur cinq sites distincts d’une superficie de 10 000 mètres carrés.

Dans le cadre du dépôt de son premier budget, en mars, la Coalition avenir Québec avait annoncé une réserve de 320 millions $ pour la décontamination de terrains et la construction d’infrastructures publiques. Sur cette enveloppe, 100 millions $ étaient réservés à l’est de Montréal, 50 millions $ pour Québec et 70 millions $ pour sept villes, dont Trois-Rivières. Le montant de dix millions $ confirmé par M. Boulet cette semaine provient de cette source.

Il reste donc 100 millions $ pour l’ensemble du Québec et le maire de Shawinigan compte bien obtenir sa juste part. Par contre, il reconnaît que près de neuf mois après le budget provincial, il ne possède aucun indice d’une annonce imminente.

«Je suis bien content pour Trois-Rivières», commente M. Angers. «Notre voisin a des terrains contaminés, mais nous en avons aussi un méchant paquet. Shawinigan a déjà fait travailler le Québec au complet et nous nous retrouvons avec des terrains contaminés, à la suite du départ de grandes entreprises. Il me semble qu’on pourrait, nous aussi, avoir un 10 ou 15 millions $ pour faire la décontamination. Il faudra tôt ou tard les revaloriser.»

Selon le répertoire des terrains contaminés du ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MELCC), il en existe 75 à Shawinigan. En assemblée publique en début de semaine, M. Angers avançait le nombre de 86. En septembre, le Centre national en électrochimie et en technologies environnementales indiquait même que «plus de 170 terrains contaminés à divers niveaux ont été identifiés dans la ville». Le CNETE annonçait alors une entente de partenariat avec Haemers Technologies pour procéder à la démonstration de nouveaux procédés sur un site contaminé à Shawinigan.

Ces variations dépendent notamment de la façon de comptabiliser ces terrains. Par exemple, on peut retrouver plusieurs lots sur une même propriété. À tout événement, la Ville prévoit des investissements d’au moins 200 millions de dollars pour réhabiliter ces anciens sites industriels.

«Des terrains à décontaminer, nous en avons en masse», résume le maire. «Nous en avons aussi avec un potentiel de développement économique. Tout ce qui nous manque, c’est que l’argent soit au rendez-vous.»

Un projet

La députée de Laviolette - Saint-Maurice, Marie-Louise Tardif, avait exprimé sa déception, au printemps dernier, en constatant que Shawinigan n’avait pas été retenue parmi les municipalités avec une aide financière dédiée pour procéder à la décontamination et à la revalorisation de sites industriels. Ses démarches avec le MELCC et le ministère de l’Économie et de l’Innovation, gardien de cette enveloppe, ne lui ont pas permis d’arracher le montant discrétionnaire réclamé, à savoir dix millions de dollars.

Par contre, Mme Tardif assure qu’elle travaille pour que Shawinigan obtienne sa part du montant général de 100 millions $. Elle rappelle que la Ville doit non seulement déposer un projet qui prévoit la décontamination et la revalorisation d’une propriété, mais également un investissement au même endroit.

«Des rapports ont été échangés entre la Ville et le ministère (de l’Économie et de l’Innovation)», avance Mme Tardif. «Le ministère redemande certaines choses. Il manque quelques détails, mais ça augure vraiment bien. J’ai confiance que ça va déboucher avant le printemps 2020.»

Le projet en préparation porterait sur l’établissement d’un nouveau centre d’innovation à Shawinigan, possiblement dans la filière du lithium et du transport électrique.

«Ça devrait déboucher en 2020 et ça se réaliserait sur un site contaminé», glisse Mme Tardif, qui refuse d’aller plus loin pour le moment.