Le maire de Maskinongé, Roger Michaud.

Registre des armes à feu: Maskinongé dit non

MASKINONGÉ — La municipalité de Maskinongé a dit non, lors de la séance du conseil de février, au registre des armes à feu.

Le conseil a donné sa position à la suite d’une demande de la Fédération québécoise des municipalités qui demandait aux municipalités de se prononcer par résolution. «Je trouvais qu’il était un peu tard parce que la loi est entrée en vigueur le 29 janvier», indique le maire, Roger Michaud. «J’aurais aimé que ce soit avant, en 2018, justement pour protester», dit-il. «La loi est passée. Ils ne changeront pas la loi», fait-il valoir.

«On a eu une demande d’un conseiller», ajoute-t-il «et ça a passé par résolution.»

Le conseil a pris cette décision parce qu’il estime qu’aucune étude ne prouve, selon lui, qu’il y a plus d’homicides à cause des armes à feu, explique le maire.

«On n’est pas contre la vertu», s’empresse-t-il d’ajouter, «sauf que ceux qui commettent des meurtres, qu’ils soient enregistrés ou pas enregistrés, si tu as l’idée d’aller tuer quelqu’un, tu va prendre ton fusil», fait-il valoir.

«À ce compte-là, il va falloir enregistrer tous les couteaux de cuisine et les bâtons de baseball», plaide le maire Michaud.

«Déjà, quand tu vas t’acheter une arme, un fusil, ça prend un permis de possession d’arme et d’acquisition d’arme à feu et si tu achètes un fusil dans un magasin, c’est déjà enregistré», fait valoir le maire. «Eux doivent marquer à qui ils le vendent et le numéro de série du fusil. Tu n’as pas le choix. Tu dois signer une feuille», dit-il. La tenue d’un registre, estime-t-il, ne fait que dédoubler cette procédure.

La position du conseil a été adoptée à 5 contre un. «Celui qui a voté contre a fait valoir qu’il état trop tard parce que la loi était passée», explique le maire.

«Dans notre résolution, toutefois, on dit qu’on ne doit pas déroger de la loi. Il faut s’enregistrer quand même. Tu as beau être contre, il faut que tu enregistres tes armes», fait-il valoir.

Rappelons qu’Hérouxville et Saint-Alexis-de-Monts se sont également opposées au registre des armes à feu tandis que La Tuque a opté en faveur de ce registre en se référant au décès tragique d’une de ses citoyennes, Annie St-Arneault, décédée lors de la tuerie de la Polytechnique en 1989.