Le nombre de décès surpasse celui des naissances en Mauricie.

Régions les plus vieilles du Québec: la Mauricie encore dans le peloton de tête

TROIS-RIVIÈRES — La population de la Mauricie a augmenté entre 2011 et 2017, nous a appris, jeudi, l’Institut de la statistique du Québec, dans son dernier bilan démographique. On peut dire merci aux personnes qui ont décidé de quitter leur région pour s’installer en Mauricie, parce que ce bilan positif est loin d’avoir quoi que ce soit à voir avec une soudaine invasion de bébés.

Au contraire, le nombre de décès surpasse celui des naissances. D’ailleurs, la Mauricie continue d’être dans le peloton de tête des régions les plus âgées. «La Mauricie est une des rares régions où on compte plus de décès que de naissances avec le Bas-Saint-Laurent et la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine. Ce sont trois régions qui sont plus âgées que dans l’ensemble du Québec. C’est une des raisons pour lesquelles elles ont plus de décès», explique Anne Binette Charbonneau, démographe à l’Institut de la statistique du Québec.

Selon des données encore provisoires, la Mauricie a compté 2262 naissances et 2851 décès en 2017. «Dans le cas de la Mauricie, ça fait une vingtaine d’années qu’on est dans le négatif, donc qu’on compte plus de décès que de naissances», précise Mme Charbonneau.

Il faut dire qu’en Mauricie, environ 24 % de la population est âgée de 65 ans et plus, alors que pour les moins de 20 ans, le pourcentage est de 18 %. Pour ce qui est de la fécondité, elle est comparable à la moyenne québécoise avec un indice synthétique de fécondité de 1,53 enfant par femme en 2017. L’indice au Québec est de 1,54.

Heureusement, la migration interrégionale vient à la rescousse. En effet, le solde migratoire interrégional est de 1127 personnes en 2016-2017. L’attrait de la région pour les préretraités et les retraités semble réel puisque ce sont les 55-59 ans qui ont été les plus nombreux à déménager en Mauricie en 2016-2017, soit 227, suivis par les 60-64 ans (162). Ce sont les jeunes dans la vingtaine qui partent (-47 pour les 20-24 ans, et -93 pour les 25-29 ans).

Pour ce qui est de l’immigration, la part des immigrants admis entre 2011 et 2015 et présents en Mauricie en janvier 2017 est de 0,8 %. C’est peu comparativement à Montréal et ses 60,8 %.

Au 1er juillet 2017, la population de la Mauricie était estimée à 269 300 habitants. «En Mauricie, la population a augmenté entre 2011 et 2017, mais quand on regarde la croissance, elle est plus modeste que dans l’ensemble du Québec. On parle d’un taux d’accroissement annuel moyen de 2,3 pour 1000 versus 7,9 pour 1000 au Québec entre 2011 et 2017. La croissance a ralenti par rapport à la période précédente, soit 2006-2011, mais c’est quand même quelque chose qu’on observe dans la plupart des régions. Ce n’est pas unique à la Mauricie, cette tendance d’avoir un rythme moins rapide, mais néanmoins, c’est un rythme qui demeure plus élevé qu’entre 2001 et 2006», explique Mme Charbonneau.

Le Centre-du-Québec est aussi une région en croissance, mais avec un rythme plus élevé que celui de la Mauricie avec un taux d’accroissement annuel moyen de 6,5 pour 1000 entre 2011 et 2017. Elle sort aussi gagnante de ses échanges migratoires avec les autres régions du Québec, note l’Institut de statistique avec un solde positif de 1247 personnes en 2016-2017. «C’est une autre région qui a le meilleur bilan migratoire depuis que les données sont compilées. Les deux régions ont vraiment eu en 2016-2017 un meilleur bilan que par les années passées. (...) Dans les deux cas, à la fin des années 90 et au début des années 2000, on était dans une autre situation. En Mauricie, c’était déficitaire, et dans le Centre-du-Québec, c’était soit des pertes ou des soldes nuls», note Mme Charbonneau.

Contrairement à la Mauricie, selon des données provisoires, l’accroissement naturel au Centre-du-Québec est positif avec 2373 naissances pour 2095 décès en 2017. «C’est même une des régions qui a la fécondité la plus élevée au Québec soit 1,75 enfant par femme», précise la démographe.

Malgré tout, sa population est un peu plus âgée que celle de l’ensemble du Québec. Si les estimations finales de 2017 le confirment, elle fait maintenant partie du club des régions dont le nombre de résidents de 65 ans est plus élevé que celui des moins de 20 ans, les pourcentages actuels sont respectivement de 21,2 % et 20,8 %.

Pour ce qui est de l’ensemble du Québec, la population a augmenté de plus de 1 % l’an dernier. Selon l’Institut de la statistique du Québec, une hausse de 85 700 personnes a été enregistrée pour atteindre 8 341 500 personnes au 1er janvier 2018. Les données portant sur les six premiers mois de l’année 2018 indiquent quant à elles que la population du Québec était de 8,4 millions de personnes. Cependant, le poids démographique du Québec dans le Canada a légèrement diminué pour représenter 22,6 %. L’espérance de vie en 2017 est estimée à 80,6 ans chez les hommes et à 84,5 ans chez les femmes. Ce sont des niveaux semblables à ceux enregistrés en 2016. Un solde migratoire international de 43 500 personnes a été enregistré au Québec en 2017. Il est le résultat de la différence entre les 52 400 immigrants nouvellement admis et environ 8900 émigrants qui ont quitté le pays.

Avec La Presse canadienne