Une douzaine de cols bleus du lieu d'enfouissement technique de Saint-Étienne-des-Grès ont manifesté, vendredi, devant l'édifice administratif de la Régie de gestion des matières résiduelles de la Mauricie.

Régie des matières résiduelles: les négociations font du surplace

La douzaine de cols bleus du lieu d'enfouissement technique de Saint-Étienne-des-Grès ont manifesté, vendredi, devant l'édifice administratif de la Régie de gestion des matières résiduelles de la Mauricie dans le cadre d'une journée de grève qui va se terminer samedi matin à 6 h.
Selon le président du Syndicat régional des employés municipaux de la Mauricie CSN, Mario Mongrain, il n'y a pas d'avancement dans les négociations depuis l'automne dernier alors que les syndiqués dénonçaient déjà le piétinement des rapports avec la Régie et la perte de huit postes. «La seule chose qu'on a eue de plus qu'avant, ce sont des dépôts d'offres globales», dit-il, en indiquant qu'il n'y a pas de place à la négociation.
Le président de la Régie, René Goyette, a refusé à nouveau de commenter la situation, vendredi.
Le piquet de grève à Saint-Étienne-des-Grès a perturbé la collecte des ordures dans certains secteurs de la région.
La Ville de Shawinigan a notamment émis un communiqué, vendredi, pour informer les commerçants du centre-ville du secteur Grand-Mère et une partie des résidents qu'une collecte spéciale sera tenue lundi puisque celle qui était prévue vendredi n'a pas été effectuée normalement. C'est que les camions qui arrivaient au LET de Saint-Étienne-des-Grès avec leur chargement, vendredi, étaient interpellés un à un par les grévistes. «Ils pouvaient passer s'ils voulaient, mais certains ont choisi de ne pas passer afin de nous encourager», affirme Mario Mongrain.
La Ville de Shawinigan a l'intention de s'enquérir, tant auprès de l'entrepreneur que de la Régie, de ce qui s'est passé sur le piquet de grève, indique le porte-parole, François St-Onge.
À Trois-Rivières, il semble que les ordures aient été ramassées dans tous les secteurs où une collecte était prévue, vendredi, indique la porte-parole de la Ville, Chantal Carignan. Certains camionneurs ont pu faire peser leur camion et vider leur contenu. Toutefois, il semble qu'un contracteur qui n'a pu ou n'a pas voulu franchir le piquet de grève ait finalement garé ses quatre camions pleins dans sa cour, précise Mme Carignan.
Mario Mongrain explique que depuis les Fêtes, «la plupart des journées de négo ont été annulées. Ils n'ont jamais de temps pour voir leur conseil d'administration parce qu'ils n'ont pas de mandat. Du respect, on n'en sent plus du tout», dit-il, en signalant qu'une personne rattachée au service des ressources humaines leur a ri au nez en entrant au travail, vendredi matin, avec d'autres cadres. «Cette personne-là, si on l'enlevait du dossier, je pense qu'il y aurait possibilité que les négociations reprennent», estime le président.
L'automne dernier, les syndiqués comptaient sur la venue d'un nouveau président, René Goyette, pour voir du changement dans les négociations. Selon Paul Lavergne, président du Conseil central du Coeur-du-Québec de la CSN, «la direction générale n'est pas là, elle ne donne pas de mandat, n'a pas de vision», dit-il.
Les négociations entre la Régie et ses employés durent depuis deux ans, la convention des cols bleus étant échue depuis mai 2012. «On a eu à peu près 30 rencontres de négo du côté normatif», précise M. Mongrain. «Du côté monétaire, on a eu deux dépôts d'offres globales sans aucune discussion avec l'employeur. Il n'est pas ouvert à discuter du monétaire.» Bref, dit-il, «ça n'avance pas».
Le syndicat veut rapatrier certains postes qui sont donnés en sous-traitance, un autre point sur lequel l'employeur n'a, dit M. Mongrain, aucune ouverture.
Le syndicat constate aussi que l'employeur veut lui retirer certains acquis, notamment une semaine d'assurance collective payée par l'employeur et des congés. «Ils ont une dette de plusieurs millions de dollars et je ne sais pas s'ils ont l'impression qu'ils vont récupérer ces millions-là en coupant à gauche et à droite dans le peu de conditions de travail qu'il y a, mais c'est ridicule», estime Paul Lavergne.
Ce dernier invite les Villes et les MRC desservies par la Régie à «appeler la direction, l'interpeller et lui demander ce qui se passe et où est-ce qu'on s'en va», propose-t-il. «Nous, nous avons l'impression de s'en aller dans le mur et même s'ils coupaient tous les gars, ils ne sauveraient pas des millions $», fait-il valoir.
Selon le syndicat, les gens qui négocient au nom de la Régie n'ont pas de mandat. Lorsqu'il y a dépôt des offres et que le syndicat souhaite négocier sur un point, il faut chaque fois retourner auprès du conseil d'administration pour présenter les contre-offres, ce qui génère une grande lourdeur dans les négociations.