Les nouveaux autobus hybrides sont arrivés à Shawinigan, mais la crise du coronavirus fausse les statistiques de fréquentation du transport en commun.
Les nouveaux autobus hybrides sont arrivés à Shawinigan, mais la crise du coronavirus fausse les statistiques de fréquentation du transport en commun.

Régie de transport en commun de Shawinigan : le renouveau tourne au vinaigre

Guy Veillette
Guy Veillette
Le Nouvelliste
Shawinigan — Ce devait être l’année du nouveau départ, avec un nouveau transporteur, de nouveaux autobus hybrides, de nouveaux horaires, de nouveaux parcours. Mais au rythme actuel, 2020 tournera plutôt au vinaigre pour la Régie de transport en commun de Shawinigan.

Après un début d’année prometteur, mars a complètement brisé l’élan. De 22 633 passages en 2019, le nombre a fondu à 14 006 cette année, une dégringolade de 38 %. Il s’agit, de loin, du pire mois de mars depuis la fusion municipale.

Avril ne fournira sans doute pas matière à consolation. En date du 15, seulement 2925 passages avaient été recensés pour le transport régulier à la RTCS, malgré la gratuité décrétée pour le mois. Pour les 30 jours d’avril l’an dernier, on en comptait 23 049...

«Nous avons, en moyenne, entre 200 et 250 personnes par jour», précise Jean-Yves Tremblay, président de la Régie de transport en commun de Shawinigan. «Ce n’est pas une grosse affaire...»

Dommage, car en janvier et février, la RTCS avait surpassé ses passages de 2019 de près de 6 % pour le transport régulier.

La même tendance était observée en transport adapté. L’augmentation de près de 15 % en janvier et février 2020 par rapport à la même période l’an dernier a été complètement effacée par un brutal recul de 61 % en mars.

L’accès-bus? Même histoire. Une croissance très intéressante du nombre de transports par rapport à l’an dernier après deux mois, à 32 %, suivi d’une baisse de 23 % en mars.

Au conseil municipal de Shawinigan, les doléances au sujet du transport en commun se sont intensifiées depuis deux ans et la RTCS avait encerclé l’année 2020 pour présenter ses nouveautés.

Le travail se poursuit, bien qu’avec un maximum de 17 passagers en même temps dans les circonstances actuelles, l’échantillon demeure peu représentatif.

«Nous travaillons toujours sur les nouveaux horaires et les nouveaux parcours», commente le président de la RTCS. «Nous n’avons encore rien de confirmé. On analyse le temps de déplacement avec les nouveaux autobus. On vise à ce que les nouveaux circuits arrivent en même temps que les horaires du cégep, en août.»

M. Tremblay reconnaît que la RTCS a évalué la possibilité de cesser complètement le transport régulier pendant la période de pause économique.

«Nous l’avons regardé, mais nous avons pensé aux personnes âgées, aux nouveaux arrivants qui habitent au centre-ville... Que pourraient-ils faire? Ça n’aurait pas de sens. C’est un service à la communauté, il faut faire notre part.»

En décembre, la Ville de Shawinigan avait voté le versement de 1,51 million $ comme quote-part à la RTCS, un bond de 24 % en un an. Dans le contexte actuel, M. Tremblay convient qu’un montant supplémentaire pourrait être réclamé, à la Ville ou au gouvernement du Québec.

«Pour cette année, c’est sûr», prévoit-il. «Tout est arrêté! L’argent perdu pour le mois ne reviendra pas. Les autobus coûtent meilleur marché, mais ils font quand même leurs parcours.»

Plus difficile

L’année 2019 a freiné une croissance de fréquentation qui s’était manifestée depuis deux ans dans le transport régulier à Shawinigan. Le nombre de passages a chuté de 2,6 %, reculant de 259 290 en 2018 à 252 578 l’an dernier. Des reculs aux premier et au troisième trimestres ont particulièrement noirci ce bilan annuel.

«Il faut prendre en considération que nous fonctionnions avec de vieux autobus, avec du retard et des bris», rappelle M. Tremblay. «Avec les nouveaux, c’est bon, compte tenu du nombre de personnes avec qui on peut les partager! Présentement, on s’en sert surtout pour ceux qui travaillent. Étant donné qu’il n’y a plus d’école, ça fait beaucoup moins de transports.»

Le conseiller du district des Hêtres fait remarquer que dans une perspective historique un peu plus large, l’année 2019 se situe environ dans la moyenne.

«Depuis 2014, ça se maintient», observe-t-il. En fait, la moyenne des six dernières années s’établit à 256 509 passages pour le transport régulier.

Le transport adapté a également connu une légère baisse en 2019, passant tout juste sous les 30 000 passagers. La RTCS en avait recensé un peu plus de 31 000 en 2018.

En ce qui concerne l’Accès-bus toutefois, le nombre de transports a bondi de 8,6 % en 2019, passant de 11 073 à 12 026.

Dur printemps pour le transport régulier

Mois        2020      2019       Écart

  • Janvier    20 615    19 330     + 6,6 %
  • Février     21 250    20 209    + 5,2 %
  • Mars        14 006    22 633    - 38,1 %