Le président du Cirque du Soleil, Daniel Lamarre, était de passage à l’Amphithéâtre Cogeco le temps d’une conférence.

Regard sur le parcours du patron du Cirque

TROIS-RIVIÈRES — Tandis que la Ville de Trois-Rivières devra bientôt trancher dans le dossier de l’occupation du nouveau Colisée, le patron du Cirque du Soleil, Daniel Lamarre, de passage à Trois-Rivières vendredi soir, le temps d’une conférence à l’Amphithéâtre Cogeco, s’est gardé d’aborder le dossier de front. Il continue néanmoins d’afficher haut et fort son attachement aux Patriotes de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR).

D’entrée de jeu, alors que l’animatrice Catherine Gaudreault et le commentateur Dany Dubé l’accueillaient sur scène, le natif de Grand-Mère y est allé d’une profession de foi à l’endroit de l’équipe de hockey de l’UQTR. Référant au succès du Cirque à Trois-Rivières, M. Lamarre a prédit un pareil avenir aux Patriotes: «on va faire la même chose l’année prochaine», assure-t-il.

Outre ce clin d’œil, l’homme d’affaires se sera tenu loin du débat politique qui anime le conseil municipal depuis quelques mois. La soirée, sous le thème Grandir sans se dénaturer, fut plutôt l’occasion d’un regard sur le cheminement de celui qui aura fondé le cabinet de relations publiques National et dirigé le réseau TVA, avant d’atterrir au Cirque du Soleil.

Daniel Lamarre qualifie sans détour les grandes décisions de sa carrière d’irrationnelles et d’instinctives. En se joignant à TVA, relate-t-il, il tournait le dos à une situation plus confortable et plus lucrative. Le passage au Cirque du Soleil en fut également un fait d’audace et d’inconnu. Le défi y était d’autant plus grand, qu’il lui aura fallu sortir de l’ombre de celui qui l’avait recruté, en l’occurrence Guy Laliberté. «Une première année difficile», se remémore-t-il.

C’est Laliberté qui aura aidé sa recrue à trouver sa place, après une année à parcourir le monde et faire la tournée des projets du Cirque. Laliberté avait pris l’habitude de se désister à la dernière minute, quand venait le temps de sceller une entente, afin de laisser la place à son protégé. «Tu vois, tu n’as pas besoin de moi», lançait-il à Lamarre, tandis que celui-ci revenait avec en poche un marché conclu.

Spectacle Love

Appelé à commenter le spectacle qui aura été le plus significatif pour lui depuis son arrivée au Cirque, M. Lamarre évoque sans hésiter l’opus Love, conçue autour de l’œuvre des Beatles. Il se souvient du moment de la conclusion des contrats avec humour. La seule signature des documents aura pris une heure et demie, tellement les ententes avec les quatre artistes ou leur représentant étaient complexes et volumineuses, relate-t-il.

Or, c’est le tour de force d’avoir convaincu le célèbre quatuor britannique de faire confiance au metteur en scène québécois Dominic Champagne, alors un inconnu sur la scène internationale, dont il retire le plus de fierté.

Le public se sera par ailleurs délecté des nombreuses anecdotes que le conférencier du soir avait à livrer. On apprend entre autres qu’une hiérarchie interne caractérise les relations entre les Fab Four. Dans l’ordre d’importance, le spectacle devait d’abord honorer la contribution de Lennon, suivi de McCartney, de Harrison et de Ringo Starr.

La gestion de l’arrimage entre le monde du Cirque et l’univers musical du célèbre groupe de Liverpool ne fut pas de tout repos non plus. C’est l’embauche éventuelle de George Martin, ancien producteur des Beatles, pour prendre en charge l’aspect musical du spectacle qui aura finalement permis au projet de trouver son équilibre et de connaître le succès que l’on sait.

L’épisode Patrick Roy

On l’oublie parfois, ou on l’ignore peut-être, mais c’est Daniel Lamarre, alors à la barre de National, qui a géré la crise entourant le divorce de Patrick Roy et du Canadien de Montréal. Un épisode dont l’ancien conseiller en communication ne peut toujours pas révéler tous les détails.

On apprendra toutefois que l’épisode aurait pu se dénouer d’une autre façon si les egos respectifs n’avaient pas pris autant de place. Le Mauricien d’origine a profité de l’occasion pour souligner à quel point, dans chaque crise, le point de bascule se situe souvent au moment où il faut admettre que l’on n’a pas toujours raison. Or, s’il faut faire preuve d’humilité, le touche-à-tout indique également qu’en gestion de crise, «il ne peut y avoir qu’un seul boss».

Le spectre du coronavirus

L’actualité s’est aussi taillé une place dans la conférence, tandis que Daniel Lamarre confie que la crise actuelle du coronavirus le préoccupe beaucoup. «Si je peux trouver la personne qui va trouver le vaccin, je pense que je vais le subventionner personnellement», déclare-t-il, mi-figue mi-raisin.

Il faut savoir que la situation a un impact important sur les activités du Cirque. Un spectacle est suspendu en Chine, jusqu’à nouvel ordre. Une autre tournée y est annulée. Un spectacle prévu à Milan dans deux mois vient aussi d’être rayé du carnet de commandes.

D’autres conférences à venir

La conférence de vendredi était la première d’une programmation plus large, intitulée les Grandes conférences du 106,9. L’événement aura permis d’amasser 10 725 $ pour soutenir l’équipe des Patriotes de l’UQTR.