Les conseillers municipaux Claude Ferron et Mariannick Mercure constatent que l’actuel scénario réaliste de réfection de cette piscine pourrait frôler les 16 M$.

Réflexion demandée sur la réfection de la piscine de l'Expo

TROIS-RIVIÈRES — Alors que la Ville de Trois-Rivières s’apprête à se lancer dans la rénovation de la piscine du parc de l’Exposition, certaines voix s’élèvent pour réclamer une consultation publique sur le projet. C’est le cas des conseillers municipaux Claude Ferron et Mariannick Mercure, qui constatent que l’actuel scénario réaliste de réfection de cette piscine pourrait frôler les 16 M$, un montant qui pourrait plutôt être envisagé pour la construction, par exemple, d’un complexe aquatique qui répondrait mieux aux besoins de la population.

«On ne dit pas qu’il ne faut pas faire la réfection. Ce qu’on dit, c’est de réfléchir maintenant à l’impact que ça va avoir sur le budget, mais également de penser aux autres scénarios possibles, penser en dehors de la boîte», lance d’emblée Claude Ferron.

Pour le moment, les scénarios envisagés comprendraient uniquement les différentes possibilités de rénovation de la piscine de l’Exposition, constate Claude Ferron. Or, de telles rénovations ne seraient admissibles à aucune subvention, laissant la charge complète aux contribuables trifluviens. Une construction neuve, d’un autre côté, permettrait d’aller chercher des subventions gouvernementales, laissant place au développement d’autres idées pour répondre aux besoins des Trifluviens en ce qui concerne l’offre de loisirs aquatiques.

Mariannick Mercure cite en exemple le cas du complexe aquatique de Saint-Hyacinthe, développé au coût de 18 M$ mais subventionné à plus de 65 % par les différents paliers de gouvernement. Un complexe ouvert à l’année qui offre différents services, dont une piscine semi-olympique, un bassin récréatif, des glissades d’eau, des jeux d’eau et des bains à remous.

Les deux conseillers municipaux s’inquiètent en outre de voir l’impact d’une telle rénovation s’inscrire sur le Plan triennal d’immobilisations, qui se situe annuellement entre 50 M$ et 55 M$ d’investissements. Y faire entrer un projet de 16 M$ voudrait automatiquement dire que d’autres projets pourraient en souffrir, constate Claude Ferron.

«C’est le temps, là, de se donner la chance de faire une grande réflexion. On comprend que la piscine fait partie du patrimoine, ça doit aussi faire partie de la réflexion», croit M. Ferron.

«On a énormément de citoyens qui ont signé une pétition pour réclamer la construction d’une piscine, et ce débat-là a également réveillé divers besoins quant aux loisirs aquatiques sur le territoire. En faisant la réfection de la piscine de l’Expo, on ne règle pas, d’entrée de jeu, la question du manque de corridors de nage. En faire une consultation publique permettrait de regarder tous les scénarios», ajoute Mariannick Mercure.

Prématuré

Pour le maire Jean Lamarche, ce questionnement soulevé par les conseillers lors de la séance de travail qui précédait la séance publique du conseil municipal de Trois-Rivières, mardi soir, était un peu prématuré.

D’ailleurs, le scénario faisant état d’un investissement nécessaire de 16 M$ n’est qu’un scénario parmi plusieurs, mais étant visiblement le plus élevé. «On a eu d’autres scénarios à 12 M$, d’autres à 8 M$. Tout va dépendre de ce qu’on décide de faire avec ces rénovations», constate Jean Lamarche.

Ces différents scénarios doivent d’ailleurs être présentés à la Commission de la culture, des loisirs et de la vie communautaire en novembre, au même moment où cette commission sera aussi saisie d’une évaluation de l’état de vétusté des différentes piscines municipales du territoire et des interventions nécessaires à court et long terme.

M. Lamarche a semblé surpris que le sujet soit amené sur le tapis, mardi soir, lui qui estime qu’il importe d’abord d’attendre la présentation des différents scénarios de même que d’attendre les recommandations faites par la commission au conseil municipal avant de prendre quelque décision que ce soit.