Le maire de Shawinigan, Michel Angers.

Redevances d'Hydro-Québec: Angers moins en appétit

Même s'il appuie le raisonnement de ses collègues de La Tuque sur la pertinence de réclamer des redevances d'Hydro-Québec pour l'exploitation des barrages sur le territoire mauricien, le maire de Shawinigan ne s'attend pas à déployer beaucoup d'énergie pour reprendre ce combat en 2017.
«Ce serait peut-être une nouvelle bataille qu'on pourrait mener, mais j'en mène déjà plusieurs en même temps», laisse tomber Michel Angers. «Je suis toujours prêt à regarder, mais ça a toujours été une fin de non-recevoir assez claire et précise d'Hydro-Québec. Au moment où on se parle, je ne suis pas là. J'ai d'autres chats à fouetter. Est-ce que j'ai le goût de reprendre le bâton du pèlerin? J'en suis moins sûr.»
Dans la foulée des compressions gouvernementales qui compliquent l'exercice budgétaire des municipalités, le conseiller latuquois Claude Gagnon a déterré ce dossier au cours des derniers jours. Comme d'habitude, la société d'État n'a pas démontré beaucoup d'ouverture dans ses commentaires.
Les coups durs subis par les municipalités au fil des années servent souvent de prétexte à raviver cette demande, à Shawinigan plus qu'ailleurs. Après l'annonce de la fermeture de la papeterie Belgo en 2007, des dizaines d'acteurs économiques et politiques régionaux s'étaient rassemblés à l'hôtel de ville pour réclamer, entre autres, des redevances. Le gouvernement libéral avait dit non et tout le monde était rentré dans ses terres.
Plus récemment, en 2014, un Michel Angers sonné par la décision de Produits forestiers Résolu de cesser l'exploitation de la papeterie Laurentide reprenait la même argumentation. Dans une lettre ouverte publiée dans nos pages, il rappelait qu'à Shawinigan seulement, les centrales d'Hydro-Québec produisaient près de 700 mégawatts, générant des revenus d'environ 50 millions de dollars à chaque année.
«Alors, s'il est juste et équitable de verser des redevances aux villes minières pour leurs richesses naturelles, il doit être équitable de verser à Shawinigan des redevances pour la richesse naturelle que constitue la puissance hydraulique de ses chutes», faisait-il remarquer. Une fois de plus, ce cri du coeur a été classé dans la filière 13.
Invité à dire si les démarches de la Ville de La Tuque ne pourraient pas servir de déclencheur à une mobilisation régionale pour l'obtention de redevances, Michel Angers fait la moue. 
Il reconnaît que les relations se sont améliorées avec Hydro-Québec au cours des derniers mois, mais visiblement, pas suffisamment pour lui laisser croire qu'une ouverture semble possible sur cet enjeu. Bref, la société d'État est plus polie, mais le fond du message demeure le même.
«J'ai déjà fait des démarches», explique M. Angers. «Nous aurions souhaité être capables de bénéficier d'une partie de ces quelque 55 millions $. J'avais même fait une proposition en disant qu'on ne voulait pas toucher au passé, mais dans les éventuelles augmentations de tarifs, serait-il possible qu'on ait une partie des futurs gains supplémentaires pour compenser les municipalités qui ont des barrages, comme c'est le cas pour les éoliennes ou pour les mini-centrales? Nous avions eu une fin de non-recevoir.»
Le maire de Shawinigan se console à l'idée que l'amélioration du canal de communication avec Hydro-Québec a permis au milieu régional d'avancer dans le dossier de la navigabilité sur la rivière Saint-Maurice.
«Nous avons aussi un projet pilote d'éclairage intelligent, financé en partie par Hydro-Québec», ajoute M. Angers. «Ils investissent dans toutes sortes d'organisations. C'est loin d'être des redevances et s'il y avait une démarche des villes du Québec qui voudraient en avoir, je serais là parce que je considère sincèrement que le fait d'aménager des barrages sur la rivière Saint-Maurice a un impact économique pour nous. Si j'avais nos chutes à l'année, on pourrait faire tout un écosystème touristique autour de ça.»
«La démarche est intéressante et je ne suis pas contre», ajoute-t-il. «Mais je ne sens pas plus d'ouverture. Hydro-Québec va tenter d'avoir une meilleure communication avec les municipalités qui ont des barrages, mais sans nécessairement nous donner des redevances.»