Du fond vers l’avant: Marc H. Plante, député de Maskinongé, Yvon Picotte, président de RM, Dany Michaud, président de RECYC-Québec et René Goyette, président de la RGMRM.

Récupération Mauricie: une modernisation de 3,2 M $

Saint-Étienne-des-Grès — Récupération Mauricie a inauguré, vendredi, les travaux de modernisation de son usine de tri des matières recyclables de Saint-Étienne-des-Grès. À peine mises en marche, les nouvelles technologies ont déjà un effet marqué sur la qualité des matières qui sont triées sur place.

On se rappellera que la Chine a annoncé, il y a quelques jours, qu’elle fermait ses portes aux importations de certains types de matières récupérées en provenance de l’étranger, dont les papiers mixtes, parce que la qualité des matières qui lui arrivent n’est pas bonne. Cette nouvelle a fait frémir Récupération Mauricie puisque des 40 000 tonnes de matières traitées à Saint-Étienne, 20 000 tonnes sont du papier.

Il appert que les nouvelles technologies de triage aménagées par l’entreprise Machinex de Plessisville dans l’usine de RM portent déjà fruit. Le président de Récupération Mauricie, Yvon Picotte, s’est en effet fait rassurant en conférence de presse, vendredi. «Il y a une heureuse nouvelle», dit-il. «La semaine dernière, on a commencé à produire et une personne (un courtier) est venue cette semaine pour voir notre produit. Elle était venue il y a un mois et demi, deux mois, avant qu’on fasse ces aménagements-là. Elle nous avait alors dit que notre papier n’était pas d’assez bonne qualité pour la Chine. Elle est revenue voir notre produit (après l’installation des nouvelles technologies) et déjà, elle nous a placé une commande», se réjouit-il.

La transformation du Centre de tri représente un investissement global de 3,2 millions $ et RECYC-Québec a injecté 480 000 $ dans le projet.

Dany Michaud, président de RECYC-Québec, indique que malgré le recul du marché chinois, il y a des centres de tri qui s’en sortent très bien. «Des investissements ont été faits et la qualité qui sort de là est acceptable de leur côté et du côté local également», dit-il.

Des rencontres entre partenaires ont eu lieu afin d’échanger ensemble sur les meilleures pratiques «pour ne pas qu’on revive ça», dit-il en parlant du blocus de la Chine. «On est en train de faire du rattrapage. C’est une leçon à retenir», estime-t-il.

«En améliorant la qualité, on va sur les meilleurs marchés», fait valoir Yvon Picotte «et c’est encore plus lucratif pour nous», souligne-t-il.

Le président de RM rappelle qu’au-delà de toutes ces améliorations technologiques, il y a les personnes handicapées qui représentent le coeur de la main-d’oeuvre au centre de tri.

M. Picotte a d’ailleurs tenu à souligner que l’important apport technologique dans l’usine n’élimine d’ailleurs pas d’emplois, mais au contraire, il en créera plus d’une demi-douzaine.

Carl Paré, directeur de l’ingénierie chez Machinex et directeur du projet réalisé à Saint-Étienne-des-Grès, parle d’ailleurs d’une transformation des tâches pour certains employés. «Avant, on parlait de trieurs. Aujourd’hui, on parle plutôt d’inspecteurs», explique-t-il. «Donc, on a un contrôle de qualité qui se fait après les machines optiques», explique-t-il. Ceci permet d’améliorer les conditions de travail, dit-il «et d’avoir une meilleure finalité du produit».

Parmi les travaux, on a changé le séparateur à carton afin de traiter un plus grand volume et obtenir un produit trié de meilleure qualité. Un séparateur balistique, le plus gros au monde parmi les clients de Machinex, a été installé pour séparer mécaniquement, par un mouvement elliptique, la fibre des contenants en matière plastique. «Les contenants plus lourds vont débouler vers le bas et la fibre (les papiers) va monter. Il y a des trous dans les lattes et les particules plus fines vont tomber», explique Karine Moreau, responsable du marketing chez Machinex.

Le directeur du Groupe RCM, Daniel Cassivi, indique que Récupération Mauricie est le dernier centre de tri à profiter du programme de soutient de RECYC-Québec pour sa modernisation, ce qui lui permet de rattraper, en fait, les autres centres de tri du Québec qui se sont modernisés. «Il faut maintenant développer des marchés locaux», dit-il, donc des entreprises québécoises qui pourraient transformer ici les matières récupérées et triées au Québec. «C’est ça le défi», résume-t-il.

La conférence de presse a été l’occasion pour Récupération Mauricie de saluer René Goyette, le président de la Régie de gestion des matières résiduelles de la Mauricie qui est copropriétaire presque à parts égales du centre de tri. M. Goyette en était à sa dernière fonction officielle, puisqu’il prend sa retraite.

Il a souligné que les investissements chez RM «permettront de trier plus de tonnage et de répondre aux normes du ministère de l’Environnement.» La Régie pourra ainsi inciter les ICI (industries, commerces et institutions) à participer d’avantage au recyclage.

Rappelons que Machinex, qui a réalisé les travaux, est une entreprise québécoise établie dans l’industrie du recyclage depuis le début des années 1980.