Christian Blanchette, doyen à l’Université de Montréal.
Christian Blanchette, doyen à l’Université de Montréal.

Rectorat de l'UQTR: un seul candidat sur les rangs pour l'instant

Brigitte Trahan
Brigitte Trahan
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES — L’Université du Québec se prépare à accueillir un nouveau recteur d’ici la fin de l’année 2020 et pour l’instant, une seule personne serait sur les rangs pour remplacer Daniel McMahon. Cette personne, c’est Christian Blanchette qui est présentement doyen de la faculté de l’éducation permanente de l’Université de Montréal depuis avril 2011. 

M. Blanchette a eu l’occasion de tenir une rencontre, jeudi matin, afin de se présenter à la communauté universitaire et de partager les motivations qui le poussent à relever ce défi.

D’entrée de jeu, le candidat s’est présenté comme un spécialiste de l’intégration des technologies de l’apprentissage.

«Ma première passion, c’est l’environnement. J’ai une formation en physique de l’atmosphère, spécialisation en modélisation des changements dans la couche d’ozone», dit-il, une discipline qui l’a amené à devenir chercheur à Environnement Canada à Toronto.

L’utilisation d’Internet en enseignement est devenue sa deuxième passion, en 1993, alors qu’il travaillait à l’Université York où il a créé un incubateur de recherche.

Ce dernier a été professeur à la faculté d’éducation de l’Université d’Ottawa et doyen associé, Interdisciplinarité et Affaires internationales, à la faculté des études supérieures et postdoctorales du même établissement.

Le candidat au rectorat de l’UQTR a également exercé les fonctions de directeur fondateur du Service d’appui à l’enseignement et à l’apprentissage, de professeur en technologies de l’apprentissage et de directeur de l’Institut pour l’avancement de la pédagogie en enseignement supérieur.

Membre du Conseil supérieur de l’éducation du Québec et président de la Commission de l’éducation des adultes et de la formation continue au CSE, il a également été élu président de la Canadian Association for University Continuing Education.

Christian Blanchette a fait connaître son intérêt pour le rectorat au conseil d’administration de l’UQTR le 1er juin dernier.

À la suite de sa présentation à la communauté universitaire trifluvienne, jeudi matin, le candidat a reçu de nombreuses questions, notamment de la part de représentants syndicaux, de professeurs, de représentants de l’Association générale des étudiants, de la Fondation de l’UQTR et du Bureau des relations internationales.

On l’a questionné sur ce qu’il entend faire au sujet des congés de maladie de longue durée qui sont à la hausse à l’UQTR, des nombreuses plaintes pour harcèlement et du stress qui serait devenu une normalité à l’Université dans tous les corps professionnels.

Les intervenants voulaient aussi savoir s’il ferait de l’UQTR une université virtuelle, surtout considérant son intérêt pour Internet. On lui a demandé ce qu’il pensait du télétravail. Un professeur s’est aussi inquiété du fait que, malgré des parcours académique et professionnel tout à fait admirables, le candidat au rectorat de l’UQTR n’avait pas une feuille de route très étoffée en matière de recherche. Il se demandait donc comment M. Blanchette envisageait son leadership à ce sujet et quelle était sa vision du développement et de la structure de la recherche pour l’UQTR.

Rappelons que les professeurs ont souvent reproché au recteur McMahon, tout au long se son mandat et particulièrement durant les négociations de leur convention collective, de ne pas comprendre la recherche universitaire.

La communauté universitaire voulait savoir si le candidat Blanchette allait suivre le plan stratégique élaboré sous le recteur Daniel McMahon et qui devrait être approuvé par le conseil d’administration sous peu et quelle place les étudiants pourraient occuper au sein des instances.

Il a également été questionné sur la place qu’il accorde à la philanthropie dans le développement de l’Université de même que sur sa position au sujet de l’internationalisation de l’UQTR.

«L’Université a une histoire vivante. La recherche d’un recteur alors qu’un plan stratégique est en développement peut être étrange», concède-t-il. «J’ai eu la chance de voir des ébauches» il y a quelques semaines, dit-il.

M. Blanchette indique que les éléments de vision qu’il a mis sur la table «s’accommodent très bien de certains éléments du plan stratégique. Si votre vision d’un plan stratégique est celle d’une série de rails de chemins de fer qui vont dans différentes directions et qui ne peuvent pas bouger, ce n’est pas ma vision d’un plan stratégique», dit-il. «Globalement, j’arriverais à l’Université du Québec à Trois-Rivières en examinant ce que sont les outils qui ont été mis en place, en examinant le désir collectif», dit-il. Sa vision, dit-il, «peut très bien trouver certains projets au sein du plan stratégique, certains axes du plan stratégique, comme étant des éléments clés de la vision. De ce que j’ai vu dans les ébauches, je pense que je serais très à l’aise de travailler avec ce plan stratégique là», dit-il.

Selon Christian Blanchette, «une université à l’image de l’UQTR a beaucoup plus d’impact sur la société québécoise, sur la société qui l’entoure, que beaucoup d’autres universités. C’est quelque chose qui, moi, m’attire énormément», confie-t-il.

Le candidat a fait parvenir à la communauté universitaire les documents qu’il avait également remis au comité de sélection, notamment son curriculum vitae et un énoncé de vision du rôle qu’il aurait en tant que recteur. M. Blanchette veut en effet que les gens de l’UQTR sachent «qui je suis et quelles sont mes valeurs et la manière dont j’envisage le rôle», a-t-il expliqué.

«Le rôle d’un recteur pour moi c’est avant tout un facilitateur de dialogue. C’est une personne qui doit synthétiser une vision collective et l’exprimer d’une manière simple pour qu’elle soit rassembleuse», a-t-il expliqué. Le recteur doit être un «organisateur, un mobilisateur, un stratège, un défenseur de l’université».

«Pour moi, l’UQTR c’est le secret le mieux gardé du monde universitaire québécois. Le niveau et la qualité de la recherche qui s’y fait sont méconnus», dit-il. Une action incontournable du futur recteur sera donc de mieux faire connaître cette recherche, estime-t-il.

Christian Blanchette veut faire passer l’expérience étudiante à l’UQTR «d’excellente à exceptionnelle», ce qu’on n’arrive pas à faire dans les grandes villes, mais qu’il est possible de réaliser dans les universités de plus petite taille, dit-il.

Christian Blanchette a beaucoup insisté sur l’importance que revêtent pour lui le dialogue et la collégialité.

«Le lien de confiance entre l’administration et les professeurs est le plus grand levier de son développement», insiste le candidat.

Même s’il n’y a pas fait allusion, on se rappellera que ce lien entre les professeurs et la direction a été fortement ébranlé à la suite du lock-out des professeurs du 1er mai 2018.

Christian Blanchette estime également qu’il faut «élargir les efforts de rayonnement de l’UQTR, au Québec, au Canada et à l’international. C’est par là qu’on arrivera à la défendre et à trouver les moyens nécessaires à ses ambitions».

Rappelons que plusieurs étapes doivent encore être franchies avant que le gouvernement du Québec nomme le remplaçant de Daniel McMahon.

Une période de consultation de la communauté universitaire s’est amorcée jeudi jusqu’au 30 septembre. Par la suite, le comité de sélection composé de la présidente de l’UQ et de quatre personnes, deux nommées par le conseil d’administration et deux autres nommées par le Conseil des gouverneurs, se prononcera.

Le comité de sélection déposera son rapport le 14 octobre et fera alors une recommandation au gouvernement.