Reconstruction sur fond d'inquiétude

Bécancour — Pour les sinistrés des inondations de Bécancour, l’heure est à la reconstruction. Lundi soir, une trentaine d’entre eux se sont présentés à l’hôtel de ville afin de rencontrer la sécurité civile et connaître les indemnités auxquelles ils auront droit. Un programme d’aide qui s’amorce alors que la rivière menace toujours.

En effet, les sinistrés ne sont pas forcément sortis d’affaire puisque l’embâcle situé sur la rivière Bécancour n’a pas encore cédé, les glaces étant prises à la hauteur du secteur de la Petite Floride. C’est pourquoi certaines personnes ont demandé à la représentante de la sécurité civile ce qui allait se passer si jamais l’eau venait envahir leur résidence à nouveau ce printemps.

«Le problème, c’est qu’on se demande si on doit faire les travaux tout suite. Il pourrait y avoir une autre inondation. On est en réflexion présentement et on va se laisser deux à trois semaines. Présentement, beaucoup de mes voisins y pensent», a expliqué un résident du secteur Belle-Vallée, Claude Martin.

«On a fait des travaux de démolition et j’ai tout enlevé, le tapis, le gyproc et l’isolation. J’ai été inondé au rez-de-chaussée. On ne peut pas rester là parce qu’on est en janvier», ajoute celui qui n’a toujours pas été en mesure de retrouver son domicile, comme deux autres de ses concitoyens qui sont toujours pris sous l’aile de la Croix-Rouge.

Le directeur du service d’incendie de Bécancour, Luc Desmarais, estime que la neige et le verglas attendus sur la région de lundi soir jusqu’à jeudi ne devraient pas causer de problème pour la rivière Bécancour.

La bonne nouvelle, c’est que même s’ils ont reconstruit, les résidents déjà touchés seraient couverts en cas de nouveau sinistre. C’est ce qu’a confirmé la sécurité civile lundi en expliquant le plan d’aide financière du gouvernement. Le programme remboursera une majorité des biens perdus dans l’inondation, ainsi que la reconstruction de la majorité des pièces, le tout à la hauteur de 90 % à 100 %, ou encore moyennant un déductible selon la réclamation. Les citoyens réunis semblaient satisfaits.

Plusieurs sinistrés des inondations de Bécancour ont participé à la séance d’information de la sécurité civile lundi soir à l’hôtel de ville.

«Ça me rassure. C’est la première fois que ça m’arrive et que je prenais des informations sur le sujet. Peu importe le montant qu’on va avoir, ça va aider. Je savais que mes assurances n’allaient pas couvrir. En venant ici, je pensais que nous allions avoir 500 $. Je pense qu’on va avoir beaucoup plus, donc je suis soulagé», a indiqué Alexandra Tremblay, elle aussi victime des inondations dans le secteur Belle-Vallée.

Dès mardi, la sécurité civile sera installée à l’hôtel de ville de Bécancour afin de rencontrer les sinistrés et ouvrir un premier dossier. Une avance de fonds pourrait se faire dans les jours suivants, d’ici à ce qu’un expert de la sécurité civile puisse analyser les dossiers en profondeurs. Les demandeurs ont jusqu’à trois mois pour ouvrir leur dossier afin de profiter du programme, mais bénéficieront d’un délai supplémentaire afin d’effectuer la réparation, particulièrement si le bris se situe sous les glaces qui ont envahi le terrain de plusieurs résidents.

Pas assez d’eau pour la Garde côtière
L’embâcle situé à la Petite Floride continue d’être une menace pour les citoyens de Bécancour. Le Service d’incendie de la municipalité a d’ailleurs fait appel à la Garde côtière et son aéroglisseur afin de venir briser la masse de glace. Malheureusement, le débit de l’eau dans la rivière Bécancour est trop faible pour permettre une telle manœuvre, si bien que seul le temps, et quelques prières, pourront éviter un printemps désastreux.

Le directeur du Service d’incendie, Luc Desmarais, espère que la rivière ne se déversera pas dans le lac Saint-Paul, puis dans la rivière Godefroy, dans les prochains mois. D’ailleurs, le boulevard du Danube nord, aussi appelé le petit chenal, a dû être interdit de nouveau à la circulation après avoir été ouvert vendredi dernier. Seule une météo plus chaude permettra de le rouvrir pour de bon.

Fort heureusement, selon M. Desmarais, la neige et le verglas attendus sur la région de lundi soir jusqu’à jeudi ne devraient pas causer de problème pour la rivière Bécancour. Il explique toutefois qu’un phénomène des plus bizarres s’est passé dans les dernières heures. Le couvert de glace sur le fleuve Saint-Laurent entre la halte routière du secteur Sainte-Angèle-de-Laval et Bécancour a été emporté par le courant.

Les résidents du secteur Belle-Vallée craignent qu’il y ait une autre inondation avant la fin de l’hiver.

«On ne sait pas où cette glace est partie! Je ne sais vraiment plus quoi penser», a-t-il conclu.