Gaétan Montplaisir, directeur communication et marketing aux Résidences du Manoir.
Gaétan Montplaisir, directeur communication et marketing aux Résidences du Manoir.

Reconfiner les aînés? «On ne veut pas aller là!»

Paule Vermot-Desroches
Paule Vermot-Desroches
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES — S’il y a bien une chose qu’aucune résidence pour personnes aînées ne souhaite revivre cet automne, c’est le confinement général de tous les résidents dans leur logement. Et même si on s’engage à respecter à la lettre les directives de la Santé publique, les gestionnaires de résidences conviennent que cette option est loin d’être souhaitable.

«On ne veut pas aller là, ce n’est pas du tout dans nos plans», tranche dès le départ Mylène Dupéré, vice-présidente aux affaires publiques et communications corporatives chez Groupe Sélection, qui possède notamment la résidence Le Coin Saint-Paul à Trois-Rivières. Un avis partagé par Gaétan Montplaisir, directeur marketing et communications pour Les Résidences du Manoir.

«On ne veut tellement pas que ça reprenne. On met tout en place pour protéger notre monde», indique-t-il, énumérant une série de mesures de protection et de désinfection. Déjà, aux Résidences du Manoir, on a demandé aux proches des résidents qui habiteraient dans les régions plus touchées par la hausse des cas d’éviter le plus possible les visites aux résidents.

Mylène Dupéré le reconnaît: le premier niveau de quarantaine du printemps, celui où tous les résidents étaient confinés à leur appartement, a été le plus difficile à vivre. Lorsque les résidents ont eu la possibilité de pouvoir circuler dans les aires communes des résidences, sans pour autant pouvoir sortir, déjà la situation s’est améliorée, sans pour autant être idéale pour eux.

Déjà, sans pandémie, un contrôle serré des problèmes de dépression et de santé mentale était réalisé, mais a été resserré durant le confinement, confirme-t-elle. C’était aussi en pouvant compter sur des initiatives des résidents, dont «l’escouade réconfort» qui allait cogner de porte en porte afin de s’assurer que tout le monde allait bien. Une initiative qui a finalement été institutionnalisée et qui est maintenant prise en charge par le personnel des résidences.

Depuis cette semaine, le port du masque lors de tous les déplacements en dehors des appartements est devenu obligatoire par décret ministériel, de même que la tenue d’un registre de tous les résidents, employés et visiteurs. Autant le Coin Saint-Paul que les Résidences du Manoir s’y conforment sans problème.

Si le personnel des Résidences du Manoir et les partenaires ont multiplié les initiatives pour divertir les personnes âgées ce printemps, notamment avec la tenue d’un bingo via l’intercom des résidences ou encore du divertissement musical à l’extérieur pour les faire danser sur les balcons, l’automne demandera aussi beaucoup de créativité.

«En ce moment, ce n’est pas mal car les résidents sortent, vont prendre des marches. Mais dans quelques semaines, ce sera plus froid, il fera noir de bonne heure, la déprime saisonnière peut s’installer. Il va falloir se réinventer au niveau de l’animation, ce sera notre défi des prochains mois», croit Gaétan Montplaisir.

Aux Résidences du Manoir, les trois grands bâtiments du boulevard Rigaud, de la Côte Richelieu et de la rue des Ormeaux n’ont pas été touchés par la COVID au printemps grâce aux mesures mises en place. Quelques cas ont été enregistrés au pavillon Rigaud, ressource pour personnes en perte d’autonomie, mais la très grande majorité des plus de 800 résidents ont échappé au virus.

Chez Groupe Sélection, la totalité des résidences pour personnes âgées au Québec regroupe près de 15 000 résidents. De ce nombre, moins de 1% ont contracté la COVID durant la première vague. «Nous sommes quand même fiers de ça. Nous n’avions pas l’expertise, mais nous sommes allés consulter des experts pour mettre en place des mesures appropriées. Pour la seconde vague, ce qui est rassurant est de savoir qu’on possède déjà cette expertise, qu’on sait à quoi s’attendre et que nos plans sont déjà mis en place», conclut-elle.