Les conducteurs de véhicules électriques n’ont plus que trois bornes disponibles pour faire leur recharge sur le campus.
Les conducteurs de véhicules électriques n’ont plus que trois bornes disponibles pour faire leur recharge sur le campus.

Recharge des véhicules électriques: l’UQTR prévoit installer plus de bornes

Brigitte Trahan
Brigitte Trahan
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES — Trois des six bornes électriques qui se trouvent sur le campus de l’UQTR sont arrivées en fin de vie alors qu’elles ont été installées en 2014. Les propriétaires de voitures électriques doivent donc se livrer à une course contre la montre, chaque matin, pour essayer de s’approprier l’une des très rares bornes qui fonctionnent encore. Cette situation survient alors que les véhicules électriques sont de plus en plus nombreux sur nos routes.

En 2019, les véhicules électriques représentaient à peine 3 % des ventes d’automobiles au Québec, mais d’ici 5 ans, ils représenteront 20 % des ventes, indique le président de l’Association des véhicules électriques du Québec, Simon-Pierre Rioux.

Ce dernier n’est pas surpris du peu de longévité dont ont fait preuve les bornes américaines fabriquées par ChargePoint (vendues par Leviton sous la marque Evr-Green) qui ont été installées en 2014 à l’UQTR, car selon lui, ces dernières n’ont pas été conçues, au départ, pour le rude climat du Québec.

M. Rioux rappelle que les bornes de recharge sont des équipements électroniques qui, pour survivre ici, doivent être pensés en fonction de nos hivers et de nos écarts de températures comme le sont, illustre-t-il, les bornes de la compagnie AddÉnergie produites à Shawinigan.

Le président de l’AVÉQ indique qu’il se peut que certaines bornes installées à l’UQTR n’aient pas fait long feu aussi parce que certains usagers ne font parfois pas très attention aux équipements. Soit ils laissent le pistolet par terre quand ce ne sont pas les opérations de déneigement qui viennent les abîmer. Selon M. Rioux, les bornes commerciales fabriquées en Chine ont une vie utile encore moins longue que celles qui sont issues de la Californie, soit deux ou trois ans tout au plus.


« «Nous travaillons sur un projet qui nous permettrait non seulement de les remplacer, mais aussi d’augmenter considérablement le nombre de bornes sur le campus.» »
Jean-François Hinse, agent aux communications de l'UQTR

En comparaison, dit-il, une borne québécoise peut survivre à quelque 10 000 branchements et débranchements, soit environ 10 ans de vie utile parce qu’elles sont faites pour résister à la corrosion et à la condensation qui nuisent aux circuits électriques. En termes de prix, elles en coûtent environ 20 % de plus.

En 2014, l’UQTR avait mis gratuitement quatre bornes à l’usage des conducteurs de véhicules électriques ou véhicules électriques hybrides rechargeables. Ces dernières sont situées tout près du pavillon de l’Hydrogène.

Elles fonctionnent avec des cartes de recharge et sont accessibles aux conducteurs qui possèdent un permis de stationnement valide pour le campus.

L’UQTR possède aussi deux autres bornes, fonctionnelles celles-là, au stationnement P2 et au pavillon Michel-Sarrazin.

Selon le président de l’AVÉQ, l’UQTR fera bien de se mettre rapidement au diapason des besoins grandissants en matière de bornes électriques et c’est d’ailleurs l’intention de l’institution de le faire. «Nous travaillons sur un projet qui nous permettrait non seulement de les remplacer, mais aussi d’augmenter considérablement le nombre de bornes sur le campus, indique Jean-François Hinse du service des communications de l’établissement. «Une annonce pourrait se faire au cours des prochains mois», indique-t-il.

Combien de bornes le campus de l’UQTR devrait-il donc offrir? Simon-Pierre Rioux répond à cela qu’il n’y a pas de norme, pour l’instant. Toutefois, dit-il, les usagers des espaces de stationnement sur le campus sont en majorité des étudiants qui, à ce titre, sont surtout des locataires et n’ont donc pas encore de maison où ils bénéficieraient d’une borne à volonté. Ils compteront donc sur les zones de recharge offertes par l’UQTR, analyse-t-il. «Il faudrait un nombre important de bornes», prévoit M. Rioux.

Selon le président de l’AVÉQ, l’UQTR n’a pas à se soucier du fardeau que pourrait représenter un tel investissement puisque des incitatifs gouvernementaux offrent jusqu’à 5000 $ pour l’achat et l’installation de chaque borne de recharge pour les véhicules électriques, lesquelles coûtent entre 3000 $ et 5000 $ l’unité.

De côté de l’Association générale des étudiants de l’UQTR, dont le président siège au comité de stationnement, on nous indique qu’effectivement, la diminution du nombre de bornes n’est pas une situation idéale, «car il y a de plus en plus de véhicules électriques et il faut répondre à la demande», indique le conseiller à l’exécutif, Frédérik Farid Borel. Pour l’instant, l’AGEUQTR n’a toutefois pas reçu de plaintes formelles de la part des usagers au sujet des bornes hors service.