Benoit Ferland, président de l’Association des pompiers et des pompières de Shawinigan.

Réaction du maire Angers face à la décision arbitrale en faveur des pompiers: le syndicat se montre stupéfait

SHAWINIGAN — Le torchon brûle toujours entre la Ville de Shawinigan et le syndicat des pompiers. Dernières sources d’une longue liste de différends, les déclarations du maire, Michel Angers, à la suite d’une décision arbitrale défavorable rendue la semaine dernière, qui accorde une hausse de salaire de 2 % rétroactive à 2015 à la quarantaine de membres de l’Association des pompiers et pompières de Shawinigan.

Dans notre édition du 2 novembre, le maire déplorait que le syndicat ait renié un engagement pris par l’accréditation précédente, celle du Syndicat des pompiers et pompières du Québec (FTQ), qui avait accepté un gel de salaire en 2015 en raison du contexte financier difficile dans lequel la Ville se retrouvait.

Au début de l’année, l’APPS déposait toutefois un grief pour faire respecter une clause inscrite noir sur blanc dans la dernière convention collective, selon laquelle les pompiers pouvaient bénéficier de la parité si un autre groupe réussissait à obtenir une augmentation en 2015. Les cols bleus et les cols blancs avaient finalement arraché 2 % en retour de certains aménagements à leur contrat de travail. L’arbitre a donc donné raison à l’APPS.

Samedi, non seulement M. Angers dénonçait que les pompiers aient renié leur engagement d’accepter un gel de salaire en 2015, mais il ajoutait que la Ville se reprendrait dans le cadre des négociations en cours. Les membres de l’APPS demeurent sans contrat de travail depuis le 1er janvier 2017.

Dans un communiqué publié lundi après-midi, l’organisation syndicale se dit «stupéfaite» à la suite de ces déclarations. Depuis plus de deux ans, elle réclame l’application de la clause de parité, sans succès. La décision arbitrale est venue la conforter dans ses prétentions.

Pire, contrairement à ce qu’affirmait M. Angers, cette clause de parité n’était pas simplement réintroduite d’une convention collective à l’autre, mais il s’agissait bien d’une nouveauté suggérée par la partie patronale lors de la signature du plus récent contrat de travail en 2016, selon Benoit Ferland, président de l’APPS.

«La Ville avait ajouté cette clause à la fin de la négociation, en mentionnant que nous avions été de bonne foi», précise-t-il. «Le maire semblait dire que c’était une vieille clause syndicale, mais ce n’était pas dans la convention d’avant. Nous étions le premier groupe d’employés à signer à ce moment et l’avocate avait mentionné que ça avait été une bonne négociation. La Ville a ajouté cette clause.»

Devant l’évidence, l’APPS comprend mal pourquoi l’administration municipale s’est entêtée à défendre son interprétation. «Ce débat, qui aurait très bien pu être évité, a donné lieu à une audition devant le tribunal administratif du travail en janvier 2019 et à l’audition d’un grief devant le tribunal d’arbitrage le 25 octobre dernier», rappelle-t-elle. «L’APPS déplore que la Ville de Shawinigan persiste à dépenser des deniers publics pour lutter contre une clause de convention claire et limpide à laquelle elle a elle-même consentie en juin 2016.»

«L’APPS rappelle que les montants auxquels ont droit ses membres devront être majorés avec intérêt légal et indemnité additionnelle, ce qui fait encore grimper la facture des contribuables. L’APPS et ses membres revendiquent depuis juillet 2017 ce qui leur est dû. L’obstination de la Ville de Shawinigan coûte cher à tout le monde.»

L’APPS soutient également que les commentaires du maire trahissent un engagement pris entre les parties «en négociant sur la place publique». Rappelons que samedi, M. Angers avait mentionné que la hausse de salaire de 2 % obtenue par les pompiers en 2015 serait «récupérée» dans le prochain contrat de travail.