Une centaine de fonctionnaires ont manifesté à Shawinigan devant le bureau du député François-Philippe Champagne.

Ratés du système de paye Phénix: des manifestations à travers le Québec

Des manifestations ont été organisées samedi dans neuf villes à travers le Québec pour dénoncer les ratés du système de paye des fonctionnaires fédéraux.
François-Philippe Champagne est allé à la rencontre des fonctionnaires qui dénonçaient le système Phénix.
Exaspérés par les erreurs du système Phénix, les membres de l'Alliance de la Fonction publique du Canada, région du Québec (AFPC-Québec) ont tenu des rassemblements devant les bureaux de certains députés et ministres, dont le premier ministre Justin Trudeau.
Une centaine de manifestants étaient à Shawinigan devant le bureau du député de Saint-Maurice et ministre du Commerce international, François-Philippe Champagne.
Ce dernier est allé à la rencontre des manifestants. Il distribuait des cartes professionnelles aux fonctionnaires touchés par les problèmes de Phénix en leur offrant son aide. 
«La situation est inacceptable, on est tous d'accord avec ça», a avoué François-Philippe Champagne. «C'est pourquoi notre gouvernement prend des mesures exceptionnelles pour corriger la situation.»
François-Philippe Champagne, dont certains de ses employés sont touchés par les problèmes de Phénix, affirme que le gouvernement a mis en place un comité ministériel pour régler ce problème «une fois pour toutes». 
«Nous avons aussi rouvert le centre de paye de Shawinigan, car nous avons besoin d'effectifs. Nous avons aussi embauché près de 200 personnes spécialisées, mis un service de paye d'urgence pour les fonctionnaires qui en ont besoin, nous avons mis un programme en place qui donne une somme de 200 $ pour consulter un comptable pour les impôts et la mesure la plus importante, c'est que nous remettons dans le système les 70 millions $ que les conservateurs avaient enlevés», a énuméré le député de Saint-Maurice. «Les conservateurs nous ont légué tout un problème.»
André Bélanger, le président de la section locale 10 005 des employés de l'impôt du Centre fiscal de Shawinigan qui regroupe près de 1000 membres, estime que les problèmes du système Phénix sont loin d'être réglé. Il croit que les fonctionnaires devront composer avec des erreurs de paye encore plusieurs mois. Les problèmes vécus par les travailleurs sont nombreux. Certains n'ont pas de paye depuis des mois, d'autres sont régulièrement confrontés à des payes erronées. Cela entraîne plusieurs problèmes, notamment au niveau de l'impôt ou des demandes de prestation de l'assurance-emploi. 
«Cette manifestation n'est qu'un début. Les gens sont impatients. Ça fait un an qu'on nous promet de régler les problèmes. Mais ils n'ont pas diminué. S'il y a de quoi, ils ont augmenté», dénonce M. Bélanger. 
Le député du Nouveau Parti démocratique (NPD) de Trois-Rivières, Robert Aubin, était de la manifestation de samedi. Il avoue que le problème a été causé par les conservateurs, mais qu'il a aussi été amplifié par les libéraux. «Au lieu de faire fonctionner les deux systèmes de paye en parallèle jusqu'à ce que le nouveau marche bien, ils ont continué à creuser le trou, malgré les avertissements qu'ils avaient reçus», estime le député de Trois-Rivières. 
Robert Aubin salue toutefois les efforts du gouvernement afin de régler la situation. 
«Il faut quand même se demander si Phénix est le bon système», ajoute-t-il. 
Les deux députés rencontrés soutiennent qu'ils reçoivent chaque semaine des demandes d'aide de fonctionnaires confrontés avec des problèmes de payes. Ils arrivent à les aider à corriger la situation, mais l'ampleur du problème est très importante.
Un problème généralisé
Des manifestations étaient également prévues devant les bureaux de circonscription des ministres Marie-Claude Bibeau et Jean-Yves Duclos.
La vice-présidente exécutive de l'AFPC-Québec, Magalie Picard, a expliqué que l'intention était d'envoyer «un message sans équivoque au gouvernement qu'il est drôlement temps de régler les problèmes de paye et les problèmes du système Phénix».
«On ne voit pas la lumière au bout du tunnel. On est extrêmement tannés. Imaginez-vous aller travailler et ne pas avoir de chèque de paye toutes les deux semaines, c'est inacceptable et même invraisemblable en 2017» a-t-elle renchéri.
Mme Picard dénonce des actions «très timides» de la part du gouvernement et se demande d'ailleurs pourquoi il y a un «entêtement» à continuer d'utiliser ce système, «comme si Phénix était le seul système de paye qui existait au sein de l'État actuellement».
«Les membres de la GRC et les députés ont un autre système de paye qui va très bien», a-t-elle précisé.
Jeudi, rappelons que le cabinet du premier ministre a annoncé la création d'un Groupe de travail des ministres pour régler les ratés du système électronique de paie des fonctionnaires fédéraux, à quelques jours de la date butoir pour produire les déclarations de revenus.
Justin Trudeau a indiqué que le comité ministériel spécial, présidé par le ministre de la Sécurité publique, le vétéran Ralph Goodale, est chargé «d'atteindre la stabilité du système de paye» Phénix. Le cabinet du premier ministre ne précise toutefois pas d'échéancier pour régler une fois pour toutes les problèmes.
Visiblement sceptique, Mme Picard a affirmé que «quelqu'un ne prend pas de décision et, là, on nous parle de créer un comité».
«Ça fait plus qu'une année que les problèmes sont connus. J'ai vraiment hâte de savoir qui est imputable», a-t-elle indiqué.
Avec La Presse Canadienne