Une cinquantaine de personnes se sont rassemblées samedi en soutien avec Raif Badawi.

Rassemblement pour soutenir Raif Badawi

Voilà maintenant cinq ans que le blogueur saoudien Raif Badawi est emprisonné pour apostasie et insulte à l'islam. Samedi, une cinquantaine de personnes se sont rassemblées au parc Champlain de Trois-Rivières en soutien à ce jeune homme de 33 ans emprisonné pour avoir critiqué le régime de l'Arabie Saoudite.
L'épouse de Raif Badawi, Ensaf Haider, et leurs trois enfants ont pris part à ce rassemblement organisé par l'auteure Djemila Benhabib.
À la suite de l'emprisonnement de son conjoint, Ensaf Haider a dû fuir son pays d'origine pour sa sécurité et celle de ses enfants. Ils sont depuis réfugiés politiques et habitent au Québec, dans la région de Sherbrooke. «Voir toutes ces personnes présentes, ça donne espoir», confie Mme Haider.
Cet espoir, Raif Badawi en a grandement besoin, ajoute son épouse. «C'est difficile pour lui tous les jours. Il est là depuis cinq ans. Ce n'est pas un criminel et il est emprisonné au milieu de criminels. Lorsqu'il me téléphone, c'est dans un téléphone public. Il est dans la même salle avec 600 personnes. C'est difficile. Son moral ne va pas bien, ce qui veut dire aussi que sa santé ne va pas bien.»
Pour l'organisatrice du rassemblement, Raif Badawi représente la liberté d'expression. «Vu le propos absolument extraordinaire qu'il porte, nous sommes là pour l'aider en qualité d'amplificateur. Il prône un message très important. Il prône la liberté d'expression, la justice et les droits des femmes. Ça me paraît absolument essentiel dans un pays comme l'Arabie Saoudite qui manque cruellement d'ouverture et de respect des droits humains», estime Djemila Benhabib.
«Raif Badawi est une de ces personnes qui se battent dans le monde musulman pour ouvrir grandes les portes et les fenêtres.»
Djemila Benhabib estime par ailleurs que le Canada n'en fait pas suffisamment pour favoriser la libération de Raif Badawi.
«Le Canada se cache derrière son petit doigt pour fuir ses responsabilités face à cette question de la libération de Raif Badawi. Si M. Trudeau avait vraiment voulu s'engager, il aurait pris son téléphone et appelé ses homologues saoudiens. Il les connaît, puisqu'il leur vend des bebelles [armement], il peut bien leur parler des choses essentielles comme les droits de la personne. Mais il a choisi de faire passer l'économie avant les droits humains», dénonce l'auteure et ancienne candidate péquiste dans la circonscription de Trois-Rivières.