Le maire de Shawinigan, Michel Angers, a annoncé un surplus de 1,1 million de dollars pour 2018 à la séance publique de mardi soir.

Rapport financier 2018 de Shawinigan: la vente d’un terrain fait toute la différence

SHAWINIGAN — Des budgets pulvérisés pour l’enlèvement de la neige et la voirie municipale auraient pu constituer les faits saillants de l’année financière 2018 à Shawinigan, mais l’administration municipale a été sauvée par la vente d’un terrain à la chaîne québécoise Canac pour contrebalancer les effets négatifs de ces dépassements. Au bout du compte, la Ville a conclu son dernier exercice avec un surplus de 1 097 586 $.

Le rapport financier et celui du vérificateur externe ont été adoptés en séance publique, mardi soir. Pour une deuxième année consécutive, la Ville de Shawinigan déclare un surplus dépassant le million de dollars, après avoir été quatre années consécutives sous cette barre. Au 31 décembre 2018, le solde de l’excédent non affecté s’établissait à un peu plus de sept millions de dollars.

Comme à chaque année, la Ville a perçu plus de revenus de taxes que prévu et plus de droits de mutation également. La différence vraiment significative en 2018 vient de la vente d’une partie de l’ancienne propriété de Rio Tinto Alcan pour la somme de 2,4 millions $ au Groupe Canac. La Ville de Shawinigan a bien dû investir 1,1 million $ pour l’aménagement de l’avenue de l’Aluminium, mais le produit net de cette transaction explique principalement le surplus de la dernière année.

«Nous avons vendu un terrain à très, très bon prix», convient le maire, Michel Angers. La Ville avait acquis cette propriété pour une somme nominale de Rio Tinto Alcan, en guise de legs à la communauté. «Je pense sincèrement qu’on mène une bonne vie!»

La vigueur de la construction domiciliaire aide également la Ville à remonter la pente, après avoir perdu des sources de revenus très importantes à la suite des fermetures des dernières grandes usines. Le développement du projet Le Récif et évidemment, l’arrivée du Château Bellevue apporteront beaucoup d’eau au moulin au cours des prochaines années.

Du côté des dépenses, le dernier hiver a démarré sur les chapeaux de roues et le budget a évidemment encaissé le coup. En 2018, le conseil municipal avait prévu 7 millions $ pour le déneigement. Il a fallu ajouter 1,755 million $ pour abattre le travail, notamment en raison du début hâtif de la saison froide en novembre. Rappelons qu’en 2019, le conseil municipal a décidé de bonifier ce budget à 7,8 millions $.

La Ville a également dépassé son budget de voirie de 525 000 $ en 2018. Cette année, le conseil municipal a décidé de s’imposer un plan d’investissement de deux millions de dollars pendant dix ans pour améliorer les surfaces de roulement des routes les plus endommagées.

Parmi les autres dépenses plus élevées que prévu, notons les «créances douteuses» qui ont dépassé les prévisions de 282 000 $ et les subventions aux organismes, qui les ont surpassées de 180 000 $.

Dette

L’endettement total net à long terme a considérablement augmenté en 2018 et l’explication ne surprendra personne. Les projets d’approvisionnement en eau potable pour l’ensemble de la ville et d’assainissement des eaux usées dans le secteur Lac-à-la-Tortue l’ont fait bondir de 155,1 millions $ en 2017 à tout près de 179 millions $ l’an dernier. Pour le moment, les deux mégaprojets d’infrastructures accaparent 21 millions $ sur ce montant.

M. Angers mentionne que la Ville prend les dispositions pour ne pas surcharger les générations futures.

«Je dirais que 98 % de la dette est constituée de travaux d’égouts, d’aqueduc, d’équipements et de rénovations de bâtiment», rappelle-t-il. «Nous ne prenons pas d’argent sur la carte de crédit pour nos opérations. On l’utilise pour des réparations. Si on mettait à niveau l’ensemble de nos infrastructures, nous en aurions pour 630 millions $. Nous agissons quand nous avons des subventions provinciales et fédérales, qui nous permettent de diminuer l’impact de notre endettement.»

«Nous ne laisserons pas aux générations futures une ville en mauvais état. Nos enfants et nos petits-enfants méritent, eux aussi, de profiter d’une ville en santé.»

Sans tenir compte des deux gros investissements, les projets financés par règlements d’emprunt ont été limités à 13,1 millions $ en 2018, respectant ainsi le budget de 16 millions $ établi par le conseil municipal pour le contrôle de la dette.

En ajoutant les organismes sur lesquels la Ville exerce un contrôle financier ou administratif, l’endettement total net à long terme s’établit à 223,8 millions $. Il s’agit de la Régie municipale de transport en commun, de la Régie de gestion des matières résiduelles de la Mauricie, de l’Office de tourisme, foires et congrès de Shawinigan, de la Société de développement de Shawinigan, de la Corporation culturelle de Shawinigan et du Parc de l’île-Melville.

Précisons également que la Ville estime la valeur nette de ses immobilisations à 480,7 millions $, une hausse de 77,6 millions $ par rapport à 2017.