Malgré l'apparente popularité de la bière, le vin demeure l'alcool le plus consommé en Mauricie, tout comme c'est le cas ailleurs au Québec.

Rapport d'Éduc'alcool: moins d'excès, plus de contrôles

Poursuivant sa mission d'informer les Québécois en matière de consommation d'alcool, Éduc'alcool a rendu public mercredi un rapport réalisé par la firme CROP. Ce rapport se veut une mise à jour des données recueillies en 2015 sur les habitudes de consommation d'alcool dans les différentes régions de la province. On y apprend que la Mauricie se distinguerait du reste du Québec par un taux moins élevé de consommateurs excessifs d'alcool. Les forces policières de la région exerceraient également une plus grande surveillance en matière de facultés affaiblies, puisqu'il y aurait davantage de barrages routiers en Mauricie qu'ailleurs dans la province.
Hubert Sacy, directeur général d'Éduc'alcool, constate que les Mauriciens peuvent célébrer dans la modération... le fait que leur taux de consommation excessive d'alcool est relativement bas comparativement à l'ensemble des Québécois.
Dans son rapport intitulé Les régions du Québec et l'alcool, Éduc'alcool décrit les habitudes de consommation d'alcool dans les différentes régions du Québec. Le bilan de la Mauricie est similaire en de nombreux points à celui du reste du Québec; toutefois, certaines particularités retiennent l'attention.  
Le premier fait saillant à propos de la région concerne la consommation excessive d'alcool, qui correspond ici à cinq verres ou plus par occasion de boire. En effet, seulement 39 % des Mauriciens ont consommé de l'alcool de façon excessive au moins une fois au cours de la dernière année, comparé 44 % pour l'ensemble du Québec. «Cela représente une bonne nouvelle, et les Mauriciens ont de quoi célébrer à cet égard... dans la modération, évidemment!», lance Hubert Sacy, directeur général d'Éduc'alcool. La fréquence moyenne de consommation d'alcool en Mauricie chute ainsi de 1,5 fois par semaine à 1,3 fois. Notons qu'à l'inverse, les régions les plus portées à l'excès d'alcool sont la Côte-Nord, le Centre-du-Québec et le Saguenay-Lac-Saint-Jean.
Si le taux de consommation excessive d'alcool est relativement bas, le nombre de consommateurs d'alcool a augmenté en Mauricie, passant de 74 % de la population en 2015 à 82 % en 2017. La moyenne québécoise se situe quant à elle à 83 %. Notons que les régions de Montréal (79 %) et de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine (74 %) enregistrent le taux de buveurs le plus faible. En outre, 44 % des Québécois consomment de l'alcool une fois ou plus par semaine. En Mauricie, 50 % de la population respecte la limite conseillée par Éduc'alcool (trois verres par jour pour les femmes, quatre pour les hommes), soit légèrement mieux que l'ensemble de la province (48 %).
Les Mauriciens se distinguent également par leurs préférences. En effet, 29 % d'entre eux consomment de la bière au moins une fois par semaine, comparé à une moyenne québécoise de 23 %. Selon M. Sacy, ce goût marqué pour la bière peut s'expliquer en bonne partie par la présence de nombreuses microbrasseries sur le territoire de la Mauricie. Notons cependant que les champions de la consommation de bière habitent la Côte-Nord et le Saguenay-Lac-Saint-Jean, dont 33 % de la population consomme de la bière sur une base hebdomadaire.
Malgré l'apparente popularité de la bière, le vin demeure l'alcool le plus consommé en Mauricie, tout comme c'est le cas ailleurs au Québec. Trente-et-un pour cent de la population en consomme au moins une fois par semaine.
«Oui, la bière arrive en seconde place, mais l'écart est beaucoup moins marqué en Mauricie qu'ailleurs au Québec», explique M. Sacy. Le directeur général d'Éduc'alcool note également une augmentation de la consommation de spiritueux, qui est passée de 3 % à 8 % en Mauricie depuis 2015. M. Sacy relie cette augmentation à la prolifération des boissons alcoolisées sucrées destinées aux jeunes.
Enfin, il semble que les habitants de la Mauricie privilégient le confort de leur foyer pour prendre un verre. «Les Mauriciens sont un peu plus casaniers. Ils sont moins portés à sortir chez des amis ou dans les bars que le reste des Québécois», remarque M. Sacy. Quatre-vingt-deux pour cent des Mauriciens consomment en effet leur alcool à la maison, comparé à 79 % pour l'ensemble de la province.
Sur la route
Dans son rapport, Éduc'alcool a également analysé les attitudes et les comportements des Mauriciens à propos de l'alcool lorsqu'il est question de conduite automobile. Le fait saillant qui ressort de cette partie du rapport est la proportion élevée de barrages routiers mis en place sur les routes de la région.
Trente-six pour cent des Mauriciens interrogés ont en effet affirmé avoir vu un barrage routier au cours de la dernière année. Si cela constitue une baisse par rapport à 2015 (46 %), ce chiffre demeure nettement plus élevé que la moyenne québécoise (29 %). À ce chapitre, les régions où on a aperçu le plus de barrages routiers sont l'Abitibi-Témiscamingue (46 %), les Laurentides (39 %) et Lanaudière (38 %), alors que celles où on en a aperçu le moins sont Montréal (21 %) et l'Estrie (21 %).
Aussi, 34 % des Mauriciens ont déclaré avoir été contrôlé par un barrage routier, comparé à 24 % pour la province. Notons que les régions où les contrôles sont les plus nombreux sont l'Abitibi-Témiscamingue (46 %), le Saguenay-Lac-Saint-Jean (40 %), les Laurentides (39 %) et Lanaudière (35 %), alors que celles où il y en a le moins sont Montréal (18 %) et Laval (17 %). Un portrait semble donc se dessiner, comme quoi les policiers seraient plus actifs en ce qui concerne la conduite avec les facultés affaiblies en région que dans les zones métropolitaines.
Conformément à la moyenne québécoise, 7 % des répondants mauriciens ont admis avoir conduit un véhicule en dépassant la limite permise d'alcool dans le sang. Ce chiffre s'élevait par ailleurs à 9 % il y a deux ans.
Enfin, de façon similaire à la moyenne de la province, 4 % des Mauriciens trouvent que la limite permise d'alcool dans le sang est trop sévère, 62 % d'entre eux trouvent cette limite juste assez sévère, et 31 % d'entre eux ne la trouvent pas assez sévère.