Philippe Dallaire

Rapatriement des Canadiens de la Chine: un Trifluvien passe son tour

TROIS-RIVIÈRES — Dans la foulée de l’épidémie de coronavirus, le gouvernement canadien rapatriera de Chine quelque 300 personnes, mercredi soir, mais Philippe Dallaire ne fera pas partie du voyage.

L’homme d’affaires trifluvien, à la tête de l’entreprise Ibboo avec son frère Simon, est en Chine pour développer des marchés et pour être avec sa conjointe chinoise à Shenzhen. Cette ville est située à plus de 1000 km de l’épicentre du virus observé à Wuhan et à une vingtaine de kilomètres de Hong Kong. Selon lui, il n’est pas nécessaire de rentrer d’urgence au Canada malgré l’épidémie qui a fait au moins 425 morts jusqu’à maintenant et qui paralyse plusieurs activités dans différentes zones de la Chine.

«Je n’ai pas l’intention de prendre cet avion. Je ne laisserai pas ma copine seule à vivre ça. On ne sent pas de risque par rapport à ce qui se passe. Je n’ai pas d’inquiétude pour ma santé. Je prends les précautions nécessaires avec le port du masque et le lavage des mains. Pour tout ce qui se passe sur les réseaux sociaux, ici, ce n’est pas pareil», raconte M. Dallaire lors d’une entrevue accordée mardi matin.

L’épidémie de coronavirus est prise au sérieux par les autorités chinoises, soutient Philippe Dallaire. Les gens sont invités à demeurer à leur domicile, sauf pour faire des courses, ce qui fait qu’une ville de 13 millions d’habitants comme Shenzhen est au ralenti.

Sur cette photo prise lundi, on aperçoit un médecin regarder une imagerie pulmonaire durant sa ronde effectuée dans une zone mise en quarantaine dans la ville de Wuhan, l’épicentre de l’épidémie de coronavirus.

____________________________

À LIRE AUSSI:

Coronavirus: Yvon Bourassa lance un appel à tous

____________________________

«C’est plus tranquille qu’à Trois-Rivières!, lance M. Dallaire. Quand je suis parti pour le Cambodge, le 22 janvier, le virus n’était pas aussi important. Je suis revenu le 31 janvier. Dans l’avion, il y avait des rangées vides. Arrivé à Shenzhen, j’ai vu que c’était une autre game. Il fallait remplir une formule avant d’arriver en Chine pour dire si on était allé à Wuhan dans les 14 derniers jours. Cent pour cent des gens à l’aéroport ont des masques, les voyageurs, les douaniers. J’ai pris un taxi pour rentrer chez moi. Dans ma communauté, il y a une vingtaine d’édifices de 10 ou 15 étages ceinturés par une clôture et gardés par des policiers. Mais maintenant, les policiers prennent la température de tout le monde avant de pouvoir rentrer.»

La consigne de demeurer chez soi a aussi un impact sur la livraison de certains produits. Le prix du bœuf a doublé en peu de temps, car les marchés publics encore ouverts ont un accès limité à cette viande. Il y a aussi les masques qui sont de plus en plus difficiles à trouver. «Il y a une rupture de stock en Chine. Quand j’étais au Cambodge, j’ai acheté 200 masques. Ça a été un coup de chance», reconnaît M. Dallaire.

Pour le reste, les gens s’arrangent.

«Les gens sont relaxes. Ils n’ont pas nécessairement peur d’attraper le virus, car ils restent à l’intérieur. Des gens vont chanter de leur fenêtre! Personne ne veut sortir pour rien.»

Selon M. Dallaire, certaines provinces demandent à leurs citoyens de ne pas retourner travailler jusqu’au 9 février. C’est le cas entre autres du Guangdong, la province du sud-est de la Chine habitée par plus de 100 millions de personnes qui regroupe la ville de Shenzhen.

«J’ai hâte de voir ça quand les bureaux et les commerces vont rouvrir.»