Plus d'une vingtaine de véhicules ont pris part au ralentissement routier.

Ralentissement sur la route 155: «On est très touchés»

Il y a deux mois jour pour jour, Daniel Deschamps et Claudette Royer ont perdu leur fille et leur petite-fille dans un tragique accident sur la route 155. Ils leur ont rendu hommage symboliquement, samedi, avec une envolée de ballons dans la courbe du kilomètre 107. Le tout s'est déroulé pendant le ralentissement routier organisé par la famille Deschamps pour sensibiliser la population à la sécurité routière.
«On voulait leur faire un petit honneur. C'était un grand moment d'émotions. [...] On voulait aussi dire que les travaux sur la route allaient se faire», a souligné Claudette Royer.
«On est très touchés par la réponse des gens», a ajouté son conjoint Daniel Deschamps.
Stéphanie Thibeault, la seule survivante de l'accident, était également du convoi. Elle voulait être solidaire à la famille Deschamps. L'émotion était d'ailleurs encore vive, très vive. 
«Je n'avais pas eu le temps de leur dire au revoir à Lexann et Stéphanie ( les deux victimes de l'accident). C'est comme si en leur disant au revoir, je disais au revoir à une partie de moi. Cette journée-là je me suis perdue. À partir d'aujourd'hui je souhaite que tout aille mieux», a-t-elle confié la gorge nouée par l'émotion et avec des sanglots dans la voix.
«En deux mois, tout s'est bousculé dans nos vies. Aujourd'hui, de voir tout ce monde, c'est un beau soutien. Ça fait chaud au coeur», a-t-elle ajouté.
Même si ce n'était pas la première fois qu'elle retournait sur les lieux de l'accident Karine Deschamps, la soeur d'une des victimes, a trouvé le moment particulièrement émouvant.
«Le fait de passer aussi lentement, le fait de lancer des ballons, c'était très émotif. Je suis vraiment reconnaissante à ceux qui se sont déplacés. C'est un honneur. Ils avaient tout intérêt à venir, mais ce n'était pas une obligation. On apprécie», a-t-elle lancé.
Ce ralentissement survient après que le ministère eut annoncé que la courbe du kilomètre 107 ferait l'objet de modification en 2018, ou 2019. La vitesse est également de 70 km/h dans ce secteur depuis jeudi.
«Il faut des gens qui se battent comme mon père pour faire avancer les choses. Moi je ne l'aurais pas fait, je vis ça autrement, mais je suis très contente que des gens l'aient entendu», a lancé Karine Deschamps.
Daniel Deschamps était très satisfait de la réponse de la population. Plus d'une vingtaine de véhicules l'ont accompagné sur la route 155.
Dany Morin, l'instigateur du mouvement «Le cellulaire partout pour tous», Pierre-David Tremblay, maire de La Bostonnais, et des membres de la famille des deux victimes Daniel Deschamps, Claudette Royer et Karine Deschamps se sont rassemblés avant le départ.
Plusieurs élus de la région ont d'ailleurs répondu à son appel à commencer par le maire de La Bostonnais, Pierre-David Tremblay, qui était accompagné de plusieurs membres de son conseil municipal également.
«M. Deschamps a fait beaucoup de revendications au niveau de la sécurité routière, la vitesse entre autres. On est ici pour l'appuyer. [...] En améliorant un point de la sécurité routière, vous venez d'améliorer en réalité toute la sécurité des usagers de la route 155», a-t-il affirmé.
Le maire de La Tuque a aussi roulé au ralenti avec le convoi sur une dizaine de kilomètres. 
«C'est important d'être ici. On déplore le kilomètre 107 depuis trois ou quatre ans. On a fait des résolutions, il y a eu un accident... C'est important que le maire soit là pour supporter les familles et montrer au ministère qu'on va suivre le dossier de très près», a commenté Normand Beaudoin.
Cellulaire sur la route 155
Daniel Deschamps a décidé de s'impliquer pour une autre cause également, celle de la téléphonie cellulaire sur la route 155. 
«Je revendique le droit d'avoir du réseau sur cette route-là pour la sécurité, en cas d'accident surtout», a-t-il lancé.
Dany Morin, l'instigateur du mouvement «Le cellulaire partout pour tous» était également sur place.
«La cause de M. Deschamps m'était très sympathique. [...] On veut aussi continuer de faire du bruit et montrer que ce n'est pas parce qu'on est des régions éloignées qu'on doit être oubliés», a-t-il commenté.