La Dre Marie-Hélène Girouard sera radiée à compter du 23 mars pour une période de quatre mois.

Radiation de quatre mois pour la Dre Marie-Hélène Girouard

Trois-Rivières — Une radiation de quatre mois vient d’être prononcée par le Collège des médecins contre la vice-doyenne associée au Campus de l’Université de Montréal en Mauricie, Dre Marie-Hélène Girouard.

Cette chirurgienne du CIUSSS a en effet manqué à diverses obligations déontologiques dans la prise en charge, le suivi et les soins dispensés à l’un de ses patients en procédant notamment à une excision et réexcision d’une lésion cutanée de façon contraire aux données de la science médicale.  

Les faits qui lui sont reprochés remontent à 2010 mais ce n’est qu’en 2014 que les avocats des membres de la famille ont porté plainte au syndic du Collège des médecins. Celle-ci a donné lieu à une plainte disciplinaire comprenant sept chefs d’infraction en octobre 2016. On lui reproche notamment d’avoir omis d’inscrire au dossier de son patient toutes les informations pertinentes liées à ses interventions entre février et décembre 2010. Elle a aussi négligé de prioriser une requête opératoire datée du 5 février 2010 après que sa consultation eut révélé la présence de lésions cutanées suspectes sur le cuir chevelu. La prise en charge s’est faite cinq mois plus tard. 

Puis, à trois reprises entre juin et octobre 2010, elle a effectué des interventions chirurgicales sur les lésions cutanées de façon contraire aux données de la science médicale. Dans le dernier cas, on parle même d’acharnement médical. 

On l’accuse aussi d’avoir fait défaut de diriger son patient vers un médecin ayant l’expertise appropriée pour ce type de lésions et d’avoir retardé la prise en charge de son client en n’assurant pas le suivi d’une demande d’analyse histopathologique. 

Lors de l’audition de cette affaire, la Dre Girouard a plaidé coupable à tous les chefs d’infraction. Dans l’exercice de la détermination de la sanction, le conseil de discipline a tenu compte de plusieurs facteurs. Dans le cas présent, les actes dérogatoires se situent au cœur même de l’exercice de la profession et sont objectivement graves, d’autant plus que la Dre Girouard est une chirurgienne expérimentée. 

Qui plus est, le conseil note que les gestes sont encore plus graves puisqu’ils se sont répétés de façon successive sur une courte période de temps. «Il est question ici de gestes intempestifs clairement en marge des règles de l’art à l’égard d’un patient qui présente une situation clinique exceptionnelle et documentée en ce qu’il était un greffé cardiaque depuis plusieurs années et en conséquence immunosupprimé», écrit le conseil dans la décision. 

En plus, la chirurgienne a omis à cinq reprises de recueillir et de noter au dossier médical des informations pertinentes. 

«Il s’agit encore une fois d’omissions à répétition qui, de l’avis du Conseil, sont préoccupantes si on tient compte du fait que l’intimée est une chirurgienne d’expérience et qu’elle a aussi plaidé coupable à certaines infractions
qui mettent en relief un manque de suivi et de priorisation», ajoute le conseil. 

Comme facteurs atténuants, on a tenu compte de sa collaboration à l’enquête, de son plaidoyer de culpabilité et de son absence d’antécédents disciplinaires. La chirurgienne a aussi posé un certain nombre de gestes visant à améliorer les délais des rapports pathologiques et à revoir les procédures de priorisation des demandes de consultation et de chirurgies mineures dans son milieu de travail. 

Le Conseil a donc obtempéré à la suggestion commune de sanction en lui imposant une radiation de quatre mois. Celle-ci sera effective à compter du 23 mars.

Notons que la majeure partie de sa pratique est orientée vers le traitement des patients atteints de cancer, notamment celui de la peau.